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Pas de cours d’immersion française en ligne pour plusieurs conseils scolaires

Un adolescent, qui écoute de la musique, fait ses devoirs en ligne.

Certains élèves en immersion française de la province pourraient perdre toute une année d'enseignement.

Photo : iStock

Au moins cinq conseils scolaires ontariens sont dans l’incapacité d’assurer l’apprentissage virtuel en immersion française aux élèves inscrits à ces programmes.

La pénurie d’enseignants qualifiés pour participer au programme d’immersion française est loin d’être nouvelle en Ontario. Mais elle est particulièrement exacerbée depuis la dernière rentrée scolaire, alors que certains conseils scolaires ont échoué à trouver des enseignants spécialisés dédiés à l’apprentissage en ligne.

C’est en tout cas la raison avancée par le Conseil scolaire Trillium Lakelands District qui, malgré l’inscription pour l’apprentissage en ligne de près de 300 élèves en immersion (élémentaire et secondaire confondus), avait anticipé l'éventualité de ne pas pouvoir le leur assurer avant la rentrée scolaire.

Il n'y a pas assez d'élèves qui choisissent l'immersion française pour pouvoir organiser des cours ou suffisamment de personnel pour offrir le programme, déclare dans un courriel à Radio-Canada Sinead Fegan, porte-parole du conseil qui gère 41 écoles dans le Centre de l’Ontario.

Le constat est similaire pour 76 élèves du Conseil scolaire catholique du district de Brant Haldimand Norfolk et pour une partie (non précisée) des 1700 élèves de l’élémentaire inscrits à l’apprentissage à distance du Catholic District School Board of Eastern Ontario.

Le problème n’existe pas dans les écoles secondaires de ce dernier conseil, puisque les élèves y poursuivent un enseignement hybride (en classe et en ligne), ce qui permet aux enseignants d'assurer les deux modes.

Comme nous avons toujours nos cours d'immersion française en personne, nous étions dans une position (comme d'autres districts de la province) où nous devions ouvrir un tout nouvel ensemble de classes d'immersion française virtuelle, explique-t-on du côté de Brant Haldimand Norfolk.

C'est là que notre lutte pour doter des salles de classe virtuelles supplémentaires / nouvelles avec des éducateurs qualifiés du programme d'immersion française est devenue évidente.

Tracey Austin, porte-parole du Conseil scolaire catholique du district de Brant Haldimand Norfolk

Le Conseil scolaire catholique de Toronto (TCDSB) et l'Algonquin and Lakeshore Catholic District School Board ont dû se résoudre à faire le même constat et à suspendre leur programme spécialisé.

Le ministère de l'Éducation botte en touche

Dans un courriel à Radio-Canada, le ministère de l’Éducation se dit conscient que les programmes optionnels pourraient ne pas être offerts à distance ou virtuellement par les conseils scolaires cet automne et renvoie la balle aux organismes gestionnaires des écoles.

En effet, les décisions concernant l’administration de l’apprentissage en immersion française relèvent de la politique des conseils scolaires, souligne la porte-parole du ministère Caitlin Clark.

Celle-ci assure par ailleurs que l’Éducation provinciale surveille de près l'offre et la demande d'enseignants, y compris pour l'enseignement en français, pour s'assurer que tous les élèves peuvent recevoir une éducation de qualité.

Année possiblement perdue, selon Canadian Parents for French

Le constat est amer pour la branche ontarienne de Canadian Parents for French, qui milite en faveur du bilinguisme au pays.

Des enfants jouant dans une cour d'école à Montréal.

Un retour à l'école est envisageable pour certains élèves pour qui l'apprentissage en français à la maison n'est pas possible.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

On veut absolument pas qu’il y ait des enfants qui ne soient pas en immersion si leurs parents ont choisi de les faire rester à la maison, clame Betty Gormley, directrice générale de la section provinciale de l’organisme. Les parents sont très préoccupés. Je pense que beaucoup n’ont appris la décision que la semaine dernière. C’est vraiment difficile pour eux.

Les conseils scolaires concernés proposent des solutions palliatives, que ce soit une ouverture à un retour en classe d’immersion française; la mise à disposition matériel d’apprentissage en langue française indépendamment du suivi des cours en anglais ou encore le suivi des cours de français de base, obligatoire de la 4e à la 8e année.

Le TCDSB, qui est l'un des conseils les plus importants de la province, dit néanmoins travailler à offrir l'immersion française et le français prolongé dans l'école virtuelle avant la fin de l'année scolaire.

Ces pis-aller inquiètent Betty Gormley. Si les élèves n’ont pas pu suivre le programme, il leur faut un certain nombre d’heures où l’instruction doit être en français, affirme-t-elle. Sinon ils perdront leur année. Seront ils capables de rattraper ce programme?

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