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Des économistes demandent la réévaluation du projet de pipeline Trans Mountain

L'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan.

Après une période ralentie par les conditions printanières, les travaux ont repris sur plusieurs sections du tracé.

Photo : Reuters

Dans une lettre envoyée au premier ministre Justin Trudeau et à certains de ses ministres, des économistes et des experts en politique des ressources naturelles estiment qu’une réévaluation de la rentabilité du projet d’agrandissement du pipeline Trans Mountain doit être faite à la lumière de la baisse de la demande de pétrole dans le monde.

Les coûts de construction estimés du projet d’expansion de l’oléoduc, racheté par le gouvernement fédéral en mai 2018, sont passés de 7,4 milliards à 12,6 milliards de dollars au cours de la dernière année.

Investir 12,6 milliards de dollars des contribuables dans un projet à haut risque, alors que le secteur privé réduit ses investissements dans les projets pétroliers, n’a pas beaucoup de sens, affirme le directeur du programme en planification de l’environnement à l’Université Simon Fraser, Thomas Gunton, dans un communiqué.

Les signataires de la lettre exhortent le gouvernement fédéral à repousser les travaux d’expansion le temps de terminer une nouvelle évaluation des coûts et des retombées économiques afin de déterminer si le projet est toujours viable et dans l’intérêt public.

Le projet d’expansion en est toujours à ses débuts et il n’est pas trop tard pour réexaminer avec prudence l’idée de dépenser encore plus d’argent des contribuables, ajoute l’ancien directeur général de BC Hydro Marc Eliesen.

Selon ces spécialistes, la faible demande mondiale, la chute du prix du pétrole, le besoin de respecter l’Accord de Paris ainsi que les investissements nécessaires pour faire face à la pandémie sont autant de raisons de réévaluer le projet de pipeline.

Dans ces temps sans précédent, il est plus important que jamais de s’assurer que les deniers publics sont dépensés judicieusement, peut-on lire dans la lettre également envoyée au ministre des Finances, au ministre de l’Environnement et au ministre des Ressources naturelles.

Les auteurs de la lettre reconnaissent toutefois l’impact qu’une telle décision pourrait avoir sur l’Alberta et les provinces dépendantes des énergies fossiles, mais suggèrent un réinvestissement vers des énergies renouvelables.

L’argent serait mieux utilisé dans une relance post-pandémie plus écologique, notamment dans un soutien afin de diversifier l’économie de l’Alberta, dit le directeur de l’organisation Sustainable Transition (Transition durable), David Wheeler.

L’expansion de l’oléoduc permettrait de tripler la quantité de pétrole transporté sur plus de 1000 kilomètres entre Edmonton et Burnaby, pour atteindre 900 000 barils par jour. La mise en service est prévue pour décembre 2022.

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