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Les options se précisent pour l'avenir de l'Institut de Memramcook

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L'Institut de Memramcook.

Photo : Radio-Canada / Francois Leblanc

François Le Blanc

Radio-Canada a obtenu confirmation de l'identité de deux des groupes intéressés par l'Institut de Memramcook. 

L'un d'eux est Canadian National Growers (CNG), une entreprise spécialisée dans la pomiculture qui voudrait y installer une école de formation en agriculture. Selon nos informations, le projet serait très avancé même si un autre, mené par le gouvernement fédéral, serait aussi sur les rangs.

L'avenir de l'Institut est en suspens depuis 2014, après la fermeture complète de l'édifice de cinq étages. Le maire de Memramcook, Michel Gaudet, avait évoqué une première fois, au début septembre, des rumeurs sur le possible intérêt de CNG.

CNG est une entreprise établie au Nouveau-Brunswick depuis 2016 et possède des vergers dans le comté de Kent, notamment à Bouctouche.

Une proposition a été faite au gouvernement provincial pour le rachat de l’Institut de Memramcook.

Armejeet Jatana, le président de Canadian National Growers, n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, le plan serait de transformer l'édifice en collège agroalimentaire. Des demandes d'accréditations auraient déjà été formulées.

Au ministère provincial de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, on nous répond qu’une telle demande serait faite en vertu de la Loi sur l'attribution de grades universitaires, qui établit un cadre au Nouveau-Brunswick pour évaluer la qualité des programmes des établissements privés menant à l'obtention d'un diplôme et la capacité de l'établissement à offrir les programmes.

Processus pour la vente

On est loin d'avoir une décision là-dessus, souligne Louis Léger, chef de cabinet du premier ministre du Nouveau-Brunswick. Il demeure prudent dans ses propos, mais confirme l'intérêt de CNG pour l'Institut.

Carole Duguay, la candidate du Parti progressiste-conservateur dans Memramcook-Tantramar, qui n’a pas été élue le 14 septembre, allait cependant plus loin.

Mme Duguay affirmait avoir parlé au premier ministre Blaine Higgs, qui lui aurait répondu qu'une proposition avait été déjà été faite.

Louis Léger en entrevue.

Louis Léger, chef de cabinet de Blaine Higgs, en 2018.

Photo : Radio-Canada

C'est une entité parmi d'autres qui ont signifié leur intérêt pour le site, mentionne M. Léger. Avant qu'une décision ne soit prise, le premier ministre a indiqué très clairement qu'il y aura une consultation avec la communauté, pour s'assurer que, si jamais il y a quelque chose, [que] ça convienne avec la vocation de l'Institut.

M. Léger ajoute que les aspects patrimoniaux et historiques seront reconnus.

En ce moment, aucune loi ne protège ce lieu, malgré son importance historique pour l'Acadie.

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Avenir de l'Institut de Memramcook: le maire Michel Gaudet ne veut pas la disparition de l’ancien collège Saint-Joseph.

Photo : Radio-Canada / Francois Leblanc

Un porte-parole du ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture souligne que même si l’Institut de Memramcook n'est pas un lieu du patrimoine provincial [...] un propriétaire, ou un acheteur potentiel, serait encouragé de planifier et d’entreprendre n’importe quelle rénovation fondée sur les Normes et lignes directrices pour la conservation des lieux patrimoniaux au Canada.

Seule la statue du père Camille Lefebvre, devant l'ancien collège, est protégée et dotée d’un statut patrimonial.

Intérêt du gouvernement fédéral

Selon nos sources, des négociations sont aussi en cours avec le gouvernement fédéral au sujet de l'Institut. Tout s'est arrêté en raison du déclenchement des élections provinciales qui se sont déroulées le 14 septembre au Nouveau-Brunswick.

On ne connaît pas la nature du projet fédéral. Toutefois, des politiciens ont déjà soulevé, dans le passé, la possibilité d'y déménager des bureaux de fonctionnaires.

Le Parti progressiste-conservateur de Blaine Higgs a été reporté au pouvoir, lundi. Il faudra attendre la formation et l'assermentation du nouveau Cabinet ministériel avant une décision.

À la recherche d'une vocation

L'avenir de l'Institut inquiète bien des gens. Lors d'une conférence de presse le 1er septembre dernier, le maire du village de Memramcook tirait la sonnette d'alarme.

On a visité l'Institut avec le ministre des Transports et de l'Insfrastructure, Bill Oliver, le 23 août dernier, raconte Michel Gaudet. Dans aucune conversation que ça n'a été mentionné que c'était à vendre.

Memramcook aimerait utiliser les locaux pour y installer un centre communautaire. Si CNG remporte la mise, le maire Michel Gaudet craint que le nouveau propriétaire n’utilise tout l’édifice et mette fin au rêve d'espaces pour la communauté.

Le Village a soumis son propre projet. Il veut se prévaloir d'un droit de premier refus, si une offre est faite au gouvernement, pour acheter l'Institut et installer son centre communautaire.

Une école privée bilingue, menée par le Dr Aurel Schofield et l'homme d'affaires Bernard Cormier, occuperait des espaces, mais on ne sait pas encore quelle forme prendrait ce partenariat.

Une valeur historique importante pour les Acadiens

L'Institut de Memramcook, c'est d'abord est avant tout Collège Saint-Joseph, fondé en 1864.

Des dizaines de générations d'Acadiens ont reçu leur formation universitaire, l'enseignement supérieur comme on disait à l'époque. D'anciens hommes politiques, des avocats, des hommes d'affaires ont été façonnés à Memramcook.

Après le déménagement complet des cours à l'Université de Moncton, en 1972, on cherche une mission à l'édifice. Nommé Institut de Memramcook, il y a eu un hôtel, une salle de réception, une école de langue, un spa et des bureaux de la régie de santé Vitalité. L'édifice, au centre du village, fait cinq étages sur 165 000 pieds carrés.

En juillet 2013, l'organisme qui gérait l'Institut a déclaré faillite. On annonce un manque à gagner de 4,5 millions de dollars. Le gouvernement progressiste-conservateur de David Alward met alors l'Institut en vente, mais ne reçoit aucune offre. Les biens, meubles, vaisselle, objets historiques, sont vendus à l'encan. Mais, impossible de trouver un nouveau propriétaire.

L'édifice et la statue sont vues au travers d'un grillage.

Des grillages ferment le chemin qui mène à l'Institut.

Photo : Radio-Canada / Francois Leblanc

Après leur retour au pouvoir, les libéraux du Nouveau-Brunswick investissent 25 millions de dollars pour rénover l'édifice, en 2016. Les rénovations sont freinées en décembre 2018 par le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs.

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