•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sur fond de tensions, les Autochtones lancent leur pêche en Nouvelle-Écosse

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Mike Sack est debout sur un casier à homard et il s'adresse à des dizaines de personnes regroupées autour de lui.

Le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, Mike Sack, s'adresse à des membres de la communauté le 17 septembre 2020.

Photo : CBC / Steve Lawrence

Radio-Canada

Sur fond de tensions avec des pêcheurs commerciaux non autochtones, des membres de la Première Nation de Sipekne'katik ont lancé jeudi, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, une saison de pêche au homard dont ils entendent exercer la gestion.

La communauté micmaque confirme son intention de pratiquer la pêche dite de subsistance, un droit que la Cour suprême du Canada avait confirmé dans le jugement Marshall, en 1999.

Des pêcheurs commerciaux non autochtones accusent les Premières Nations de pratiquer une pêche illégale. Ils affirment qu’elle serait parfois utilisée comme excuse pour cacher des captures commerciales effectuées hors des saisons habituelles de pêche.

Des pêcheurs exhortent le ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO) à faire respecter les règles. Ils mentionnent aussi que les saisons de pêche existent pour des raisons de protection de la ressource et pour s'assurer que la pêche au homard soit durable.

Un homme sur le quai exhibe une affiche sur laquelle est écrit « Respectez les règles gouvernementales sur la pêche ».

« Respectez les règles gouvernementales sur la pêche », peut-on lire sur cette affiche aperçue au quai de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 17 septembre 2020.

Photo : CBC / Steve Lawrence

En entrevue à la radio de CBC mercredi matin, le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, Mike Sack, affirmait partager cette préoccupation. Nous prenons très au sérieux la question de la conservation. Nous allons superviser nos gens et observer de très près ce qu'ils sortent de l'eau, affirmait-il.

Pêcheurs autochtones et non autochtones sur le quai

La journée de jeudi a débuté paisiblement sur le quai de Saulnierville. Des membres de la Première Nation de Sipekne'katik ont tenu une cérémonie de bénédiction des bateaux et distribué les permis de pêche aux membres de leur communauté. Environ 200 personnes étaient présentes.

Le premier pêcheur a avoir reçu un permis a été Randy Sack, le fils de Donald Marshall, l'homme, décédé en 2009, qui était au centre de la cause portée en Cour suprême.

Jordan Chase, parmi les premiers pêcheurs à prendre la mer dans la baie Sainte-Marie, tôt jeudi après-midi, affirme avoir croisé plusieurs bateaux de pêcheurs non autochtones. On essayait de se frayer un chemin à travers, essentiellement, a-t-il raconté. Ils essayaient de nous intimider et de nous repousser.

Deux policiers en uniforme au quai de Saulnierville, parmi la foule.

Deux policiers de la GRC au quai de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 17 septembre 2020

Photo : CBC / Steve Lawrence

En après-midi jeudi, une soixantaine de bateaux de pêcheurs non autochtones étaient au large. Les personnes à bord sortaient de l’eau les casiers à homard des pêcheurs autochtones, selon des informations de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM).

On a entendu parler, de source sûre, qu'il y avait des confrontations sur le quai, en personne, a de plus raconté jeudi après-midi Michel Richard, un organisateur syndical à l'UPM.

Pêche de subsistance

La décision Marshall, de la Cour suprême du Canada, en 1999, reconnaissait aux Premières Nations le droit de pêche, de chasse et de cueillette pour s’assurer une subsistance convenable et gagner leur vie modérément grâce à la pêche, et non dans le but d’accumuler de la richesse.

Le flou qui entoure la définition d’une subsistance convenable, jamais précisée par la Cour suprême, est source fréquente de frictions dans les Maritimes depuis une vingtaine d’années.

Les Micmacs ont annoncé leur intention de procéder à la pêche de subsistance. Les Autochtones veulent ainsi déterminer quel effort de pêche est nécessaire pour assurer une subsistance convenable à leur communauté. La Première Nation compte collecter et analyser les données après la saison.

Ces activités s’effectuent hors des saisons de pêche au homard qu’observent les pêcheurs commerciaux.

Bateau de pêche au quai. On voit le drapeau micmac flotter.

Bateau de pêche à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 17 septembre 2020. On voit le drapeau micmac flotter.

Photo : CBC / Steve Lawrence

Manifestation de pêcheurs et réactions politiques

À l’aube mardi dernier, des pêcheurs commerciaux ont manifesté à Saulnierville, à Weymouth et à Meteghan, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

À ce dernier endroit, ils ont déchargé des casiers à homard devant les bureaux de Pêches et Océans Canada pour exprimer leur insatisfaction.

Trois personnes groupées devant une barricade faite de casiers à homard.

Des pêcheurs commerciaux manifestent au quai de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 15 septembre 2020.

Photo : CBC

Mercredi, le député fédéral de Nova-Ouest, Chris d’Entremont, a cosigné avec un collègue conservateur du Nouveau-Brunswick, Richard Bragdon, une lettre adressée à Bernadette Jordan, la ministre fédérale des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne.

Les députés interpellent la ministre Jordan et lui demandent d’intervenir et de désamorcer le conflit qui se dessine.

Ils se disent préoccupés par les tensions actuelles, redoutent qu’elles ne s’enveniment, et craignent pour la sécurité des parties impliquées.

Dans une déclaration écrite jeudi en fin de journée, la ministre Jordan a affirmé être en communication avec les dirigeants des Premières Nations pour trouver une voie de collaboration pour revenir à la table des négociations.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.