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Des barrages pour empêcher la chasse à l’orignal dans la réserve La Vérendrye

Un barrage est établi à l'extérieur avec des pancartes pour empêcher la chasse dans le parc La Vérendrye.

La communauté anichinabée du lac Barrière tente d'empêcher la chasse sportive sur le territoire de la réserve faunique La Vérendrye, et ce, en raison d'une baisse de la population d'orignaux.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La communauté anichinabée du lac Barrière tente d'empêcher la chasse sportive à l'orignal dans la réserve faunique La Vérendrye en raison d'une baisse de la population de cet animal.

La chasse à l'orignal a commencé officiellement lundi dans la réserve, mais des membres de cette communauté autochtone ont installé des barrages pour bloquer l'accès aux chasseurs. La route 117 aux jonctions 13, 20, 28 et 29 est actuellement entravée.

Une banderole affiche un slogan qui prône la tenue d'un moratoire pour préserver la population d'orignaux.

La communauté anichinabée du lac Barrière réclame un moratoire sur la chasse sportive d'orignaux.

Photo : Radio-Canada

Nous sommes très préoccupés par le déclin de la population d’orignaux. Nous avons moins d’orignaux, qui constituent de la nourriture pour la communauté. Nous avons observé des changements radicaux de la faune, du territoire et de nos lacs. Les membres de la communauté anichinabée qui ont occupé le territoire vont continuer de manifester pacifiquement, a indiqué Dylan Whiteduck, le chef de la réserve Kitigan Zibi, qui a rejoint le mouvement.

Plus tôt cette année, le gouvernement québécois a effectué un inventaire aérien de la population d'orignaux qui démontre qu'il y a une certaine baisse, mais qui n'est pas vue comme étant critique par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

Nous avons obtenu cet hiver une densité de 2,1 orignaux par 10 km2, et la densité était autour de 3 en 2008. Ce n’est pas une grosse baisse, mais c’est certain que c’est une baisse, a constaté le biologiste André Dumont, du MFFP.

Mais il faut être prudent quand on interprète ça. Les inventaires sont espacés de 12 ans et la densité d’orignaux sur un territoire peut varier selon d’autres facteurs, dont les hivers rigoureux. Puis dans l’intervalle, entre les deux inventaires, nous avons eu quand même trois gros hivers, ce qui pourrait expliquer en partie [la baisse], précise-t-il.

Moins de permis de chasse

La Société des établissements de plein air du Québec (la Sépaq) a réduit de 30 % le nombre de permis délivrés pour la chasse sportive. Le nombre de permis de chasse pour l'orignal femelle est quant à lui passé de 200 à 100 cette année.

La Sépaq a aussi réservé un territoire de 1200 km2 autour du lac Barrière, où la chasse sportive est interdite.

Les communautés anichinabées jugent pour leur part que ces actions ne sont pas suffisantes et demandent un moratoire sur la chasse sportive à l'orignal.

Les pourvoiries inquiètes

Maintenant, les Anichinabés intensifient leur intervention avec les points de contrôle, ce qui inquiète beaucoup les propriétaires de pourvoiries du secteur, qui ont déjà leur calendrier de réservations rempli pour l'automne.

On parle ici d’un impact de 35 % du chiffre d’affaires. C’est majeur pour toutes les pourvoiries. On vient de passer au travers de la COVID-19, on est en mode survie. Il n’y a aucune pourvoirie qui peut se permettre de perdre la chasse à l’orignal cette année. C’est la pire période et la pire année pour avoir des problèmes comme ça. C’est important que le dossier se règle rapidement, a commenté Serge Danis, président de l'Association des pourvoyeurs de l'Outaouais.

Le ministère a indiqué par écrit qu'il était sensible aux préoccupations des communautés autochtones. Un comité technique a été mis sur pied l'an dernier, en collaboration avec ces dernières, pour trouver des moyens pour réduire l'impact tant de la chasse sportive que la chasse de subsistance sur la population d'orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye.

Pour sa part, la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs demande au gouvernement québécois de démanteler les barricades. Elle estime que les Autochtones devraient négocier ailleurs que sur la route.

Avec les informations de Josée Guérin et Estelle Côté-Sroka

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