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Le procureur général des États-Unis compare le confinement à l'esclavage

William Barr parle en tendant une main devant lui.

Le procureur général des États-Unis, Bill Barr, a qualifié les procureurs de son département de «bureaucratie permanente».

Photo : The Associated Press / Evan Vucci

Le procureur général des États-Unis, William Barr, y est allé d'une série de déclarations controversées, mercredi, critiquant entre autres son propre département, et faisant un lien entre l'esclavage et le confinement instauré dans certains États pour freiner la pandémie.

Prenant la parole au Collège du Michigan, une école liée au mouvement conservateur, William Barr, un fidèle allié du président Trump, a entre autres condamné les décrets des gouverneurs ayant instauré un confinement dans le but de freiner la propagation de la pandémie, y voyant une atteinte grave aux droits civiques.

Instaurer un confinement national, [adopter] des décrets pour rester à la maison, c'est comme une assignation à résidence. C'est – à part l'esclavage, qui était un type de contrainte différent – la plus grande violation des libertés civiques de l'histoire américaine.

William Barr, procureur général des États-Unis

Son commentaire a soulevé l'ire du représentant démocrate de la Caroline du Sud Jim Clyburn, un ancien militant des droits civiques qui est aujourd'hui l'Afro-Américain le plus haut placé au Congrès.

C'est la chose la plus ridicule, la plus insensible et la plus horrible que j'aie jamais entendue, a-t-il déclaré sur les ondes de CNN.

Il est incroyable que le chef des forces de l'ordre dans ce pays assimile l'esclavage à des conseils d'experts ayant pour but de sauver des vies. L'esclavage n'avait pas comme objectif de sauver des vies. Il avait pour but de dévaloriser des vies.

Jim Clyburn, représentant démocrate

Des dizaines d'États ont imposé des confinements de niveaux et de durées variables. Le président Trump, qui a lui-même refusé de mettre en place un confinement national, a exhorté les États à rouvrir leurs économies dès le printemps, faisant fi des recommandations des scientifiques de son gouvernement.

Au printemps, William Barr avait menacé de prendre des mesures judiciaires pour sévir contre les États qui iraient trop loin dans leurs restrictions. Il avait aussi demandé aux procureurs fédéraux d'évaluer si les droits constitutionnels des citoyens étaient brimés.

Au cours de son allocution, William Barr a par ailleurs mis en cause le rôle des scientifiques. La personne en blouse blanche n'est pas un devin qui peut prendre la bonne décision pour la société. Un peuple libre prend ses décisions par l'intermédiaire de son représentant élu, a-t-il soutenu, même si les gouverneurs qu'il critique sont eux aussi élus.

Depuis le début de la pandémie, le président Trump a fréquemment critiqué les scientifiques qui le conseillent, dont, à plusieurs reprises, le Dr Antony Fauci, épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche. Mercredi, il a aussi rappelé à l'ordre le directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) sur la question des masques et des vaccins.

Critique de son propre département de la Justice

William Barr s'en est par ailleurs pris au département qu'il dirige, qualifiant par exemple les procureurs de bureaucratie permanente, et les accusant de trop souvent abuser de leur pouvoir et de parfois devenir des chasseurs de têtes, obsédés par l'idée de capturer leur cible.

L'idée que les procureurs doivent prendre les décisions finales au département de la Justice est complètement folle, a-t-il ajouté, rejetant les accusations d'ingérence dans des dossiers touchant des alliés du président Trump formulées à son endroit par les démocrates, mais aussi par d'anciens employés du département de la Justice, qui ont réclamé sa démission à plus d'une reprise.

En quoi j'interfère exactement?, s'est-t-il défendu. Selon la loi, tout le pouvoir de poursuite est investi dans le procureur général, et ces personnes sont les agents du procureur général. Comme je le dis aux agents du FBI : "De qui pensez-vous être les agents?"

Laisser les membres ayant le moins d'ancienneté fixer l'ordre du jour peut être une bonne philosophie pour une école prématernelle Montessori, mais ce n'est pas une façon de diriger une agence fédérale, a-t-il lancé.

Ses critiques ont entre autres déploré son intervention dans des causes impliquant Roger Stone, un ami et collaborateur de longue date de Donald Trump, et l'ancien conseiller de la Maison-Blanche à la sécurité nationale Michael Flynn. Ils ont aussi condamné sa gestion du rapport Mueller sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016.

William Barr, qui a dit ne pas contester le fait que la vie des Noirs importait, a par ailleurs blâmé le mouvement Black Lives Matter, reprochant à ses militants d'utiliser à des fins politiques le petit nombre de Noirs, habituellement moins d'une douzaine par année, tués par des policiers.

Ils ne sont pas intéressés par la vie des Noirs, a-t-il tranché. Ils s'y intéressent comme accessoires [...] pour réaliser un programme politique beaucoup plus large.

Un recensement effectué par le Washington Post indique que ce sont plutôt 250 Afro-Américains qui ont été tués l'an dernier lors d'interactions avec les forces de l'ordre.

Selon le groupe Mapping Police Violence, qui recense le nombre d'Américains morts lors d'interventions policières, les Noirs courent un risque trois fois plus grand d'être tués par des policiers que les Blancs.

Avec les informations de CBS News, NBC News, Politico, NPR, et Washington Post

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