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Se perdre pour se retrouver dans le hip-hop de JSC

Une pochette d'album de musique illustrant un homme avec une casquette qui regarde vers le bas.

JSC a planché près de trois ans sur son premier album complet.

Photo : Radio-Canada / Avec la gracieuseté de Jean-Sébastien Campeau

Liberté, persévérance et amour s’entendent sur les pistes du premier album lancé mercredi par le rappeur gatinois JSC. Se perdre pour se retrouver s’adresse à une « génération panda », celle à laquelle Jean-Sébastien Campeau s’identifie et qu'il décrit comme belle et métissée, mais encore coincée entre sens du devoir et désir d’émancipation.

« Le courage je l’ai pris à deux mains, appris à force de juste mettre de l’eau dans mon vin. » Les premiers mots de l’album de l’artiste hip-hop Jean-Sébastien Campeau, alias JSC, parlent de résilience.

Ils font aussi résonner le parcours d’un homme de 29 ans, qui, avant d’oser lancer un premier opus, a entrepris une longue quête identitaire.

Au début de la vingtaine, le Gatinois s’est senti déchiré. Il s’identifie aux nombreux millénariaux, pour qui le voyage est devenu une priorité à l’âge adulte, alors qu’il a lui aussi oscillé entre l’envie de s’investir dans son travail et une routine familiale, et celle de tout larguer pour prendre le premier avion.

Un homme debout dans un studio d'enregistrement de musique.

JSC dans le studio d’enregistrement Vibez à Gatineau.

Photo : Avec la gracieuseté de Jean-Sébastien Campeau

Se perdre pour se retrouver, c’est la nécessité de faire des erreurs pour faire de bons choix par la suite. Ce n’est pas quelque chose que je pouvais faire du jour au lendemain.

JSC, artiste hip-hop

Après ses études en psychoéducation, Jean-Sébastien Campeau a quitté son Outaouais natal en 2016 pour aller relever de nouveaux défis professionnels à Québec. Parallèlement, il a voyagé pour s'imprégner de la culture d’autres pays (Brésil, Costa Rica et Rwanda, notamment), s’exilant pour aller voir ailleurs s’il ne s’y trouvait pas.

Espérant étancher sa soif de dépaysement, il s’est ainsi retrouvé loin des siens… et l’inspiration lui a manqué.

Ça a joué sur ma motivation, alors il y a eu un espèce de breakdown créatif, révèle l’auteur et interprète. C'est une fois de retour à Gatineau, en août 2019, que ce dernier a pris conscience que la proximité de son noyau était impérative à son équilibre. JSC s’est alors mis à prendre la plume quand il vivait une émotion, qu’elle soit belle ou dévastatrice.

Perdre son (re)père

Un homme tenant un enfant sur ses genoux devant un champ.

Jean-Sébastien et son père, Benoit Campeau, en 1994.

Photo : Avec la gracieuseté de Jean-Sébastien Campeau

Il y a 10 ans, Jean-Sébastien Campeau n’aurait jamais cru compter à son actif un mixtape (collectif de 20 chansons mélangées), un mini-album (2017) et les 11 pièces de Se perdre pour se retrouver. À cette époque, le cégépien créait encore des morceaux avec un petit micro dans le sous-sol de son ami, juste pour le plaisir.

Ce dernier avait d'ailleurs envie de se cacher sous le tapis quand son père, Benoit Campeau, montrait fièrement les compositions de son fils à toute la famille. Il était fier de moi, raconte l’artiste avec émotion.

Lorsque son plus grand admirateur est soudainement décédé des suites d’un infarctus en 2013, le jeune homme a eu un déclic.

La journée où [mon père] est décédé, je me suis dit : " Je vais foncer, je vais le faire pour lui. ", se souvient-il.

Le skit

Sur la nouvelle compilation, les pièces Grandir et Lettre à ma famille sont exemptes de musique : une forme d’expression qui, selon JSC, est de plus en plus répandue auprès des artistes hip-hop.

Le '' skit '' est une façon de faire passer un message, mais c’est le contraire d’une chanson. [...] Les gens prennent plus le temps d’écouter les paroles, explique le créateur.

Aujourd’hui, l’artiste et l’éducateur sont indissociables… et veulent inspirer. Si en plus, dans mes messages de positivisme, d’optimisme, de liberté, d’amour, de persévérance, ça peut venir toucher quelqu’un et l’aider, ma job va être faite, conclut-il.

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