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La police de Toronto veut avoir plus d'équipes mobiles de santé mentale

Plan resserré sur deux uniformes de membres d'une équipe mobile d'intervention en cas de crise de la police de Toronto.

D'ici la fin du mois de mars, la police de Toronto espère développer ses équipes mobiles d'intervention en cas de crise afin qu'elles travaillent plus d'heures et leur offrir une formation plus spécialisée.

Photo : CBC / Martin Trainor

Radio-Canada

La commission des services de police de Toronto doit débattre jeudi d'un plan visant à accroître le nombre d'équipes d’intervention en cas de crise psychologique, composées d’un policier et d’une infirmière spécialisée en santé mentale.

La question a fait les manchettes au cours des dernières années, alors que nombre d'interventions policières auprès de personnes en détresse psychologique se sont soldées par un décès, notamment le cas de Regis Korchinski-Paquet en mai dernier.

Le chef adjoint de la police de Toronto, Peter Yuen, souhaite que la commission des services de police donne son aval à une augmentation du nombre d'équipes spécialisées en santé mentale, qui passeraient de 10 à au moins 16 - ce qui permettrait d’en équiper chacune de ses divisions.

Par ailleurs, les heures d’activité de ces équipes doubleraient (de 10 h à 20 h par jour) et leurs membres bénéficieraient d'une formation plus spécialisée.

Son projet porte également sur l'intégration d’agents de crise en santé mentale au sein des équipes de communication 911 pour aider à mettre les personnes dans le besoin en contact avec les services de santé mentale, plutôt que de faire directement appel à la police ou aux premiers intervenants.

Les équipes spécialisées sont appelées en second lieu

Depuis leur création en 2000, les équipes mobiles de santé mentale sont une réponse secondaire - ce qui signifie qu'elles ne sont pas appelées directement. Les équipes sont envoyées après une demande d'un agent intervenant.

Sur les quelque 30 000 appels de crise estimés l’an dernier, ces escouades ont été sollicitées à 6406 reprises.

M. Yuen ajoute que le Service de police de Toronto travaille également à changer les uniformes des membres des équipes mobiles spécialisées.

Peter Yuen

Peter Yuen (archive)

Photo : Radio-Canada

Nous avons entendu de la part des agences, de nos hôpitaux et, plus important encore, de nos clients, que s'ils souffrent d'une crise, se présenter en uniforme de police, cela va dégénérer, dit-il. Nous concevons donc un uniforme beaucoup plus accessible et plus doux.

Le chef adjoint affirme également avoir entendu le public dire que la police doit faire mieux lorsqu'il s'agit de travailler avec les communautés racialisées en situation de crise.

Des interventions policières mortelles

Les morts d’Ejaz Choudry, et de D'Andre Campbell - tous deux abattus par la police dans la région du Grand Toronto - et de Regis Korchinski-Paquet, qui a succombé à une chute depuis un balcon lors d’une intervention des forces de l’ordre, ont soulevé de nombreuses questions sur les méthodes de la police.

Nous devons améliorer notre formation… en nous attaquant en particulier au racisme contre les Noirs et les communautés autochtones et racialisées.

Peter Yuen, chef adjoint de la police de Toronto

S'ils sont approuvés, tous ces changements seront mis en place d’ici mars 2021.

Par ailleurs, la police de Toronto est toujours en pourparlers avec d'autres paliers de gouvernement sur un autre modèle d'intervention en cas de crise.

Parallèlement à l'expansion [des équipes mobiles], nous examinons différents modèles où les policiers n'ont pas besoin de se rendre à ces appels, a déclaré Yuen.

Mais selon lui, il y aura encore des cas où la police devra intervenir, notamment lorsque le suspect est armé.

Des critiques contre le plan

Cet aspect ne convient pas aux critiques qui font pression pour des réformes plus importantes au sein des forces de police locales, plaidant notamment en faveur d'une réduction du budget de la police.

La communauté a été parfaitement claire : la police ne nous rend pas plus sûrs ou plus sécurisés dans les moments de crise, déclare Syrus Marcus Ware, un membre directeur de Black Lives Matter Toronto.

Syrus Marcus Ware à un rassemblement.

Syrus Marcus Ware est un activiste et l'un des leaders du mouvement Black Lives Matter Toronto.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

M. Ware affirme craindre que l'expansion du service d'équipes mobiles n'entraîne une participation accrue de la police dans la santé mentale et dans les appels en cas de crise.

Je pense que si nous voulions simplement diriger cet argent directement dans la communauté pour créer des soutiens communautaires pour les personnes en détresse émotionnelle, dit-il, cela répondrait plus directement à ce que la communauté demande.

L’ancien maire de Toronto et actuel coordonnateur de la Toronto Police Accountability Coalition (Coalition torontoise pour l'imputabilité policière, traduction libre), John Sewell, pense que c'est une bonne idée d'augmenter les heures d'activité des équipes d'intervention. Il souligne toutefois que celles-ci continueront à être déployées en second lieu.

Un homme avec des lunettes.

John Sewell a été maire de Toronto de 1978 à 1980.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

Il rappelle que c'est dans cette période entre l'appel et l'arrivée de l'équipe que quelqu'un peut être blessé par balle.

La commission des services de police de Toronto a toujours refusé de laisser [ces équipes] être les premiers intervenants, dit-il. Nous demandons cela depuis pratiquement 10 ans.

Avec les informations de CBC News

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