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Une première école au Québec suspend les cours en personne en raison de la COVID-19

L'école privée Herzliah High School donnera en ligne son enseignement pendant les deux semaines à venir.

Panneau à l'entrée de l'école Herzliah.

Une quinzaine de cas de COVID-19 ont été détectés à l'école privée Herzliah High School.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Montréal demeure en « pré-alerte » soit « dans le jaune », a déclaré Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique, jeudi, alors qu'une première école du Québec, Herzliah High School, dans l'ouest de l'île de Montréal, a dû suspendre tous les cours en personne en raison d'une éclosion de cas de COVID-19.

Il s'agit d'un établissement privé situé dans le quartier Snowdon de l'arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

La Dre Mylène Drouin a affirmé qu'à part l'école Herzliah, aucune autre école n'a dû interrompre entièrement l'enseignement en classe au Québec, à ce jour.

En date du 15 septembre, un total de 237 écoles à travers le Québec avaient signalé un cas de COVID-19, avec pour conséquence que des élèves et des enseignants de 141 classes ont été temporairement envoyés à la maison.

Au total, la province compte environ 2685 écoles privées et publiques de niveaux maternelle, primaire et secondaire, accueillant au total plus d’un million d’élèves.

Il faut comprendre que les éclosions qu'on a actuellement dans les milieux scolaires sont des petites éclosions, à l'exception de cette école-là, qui a eu une plus grosse éclosion.

Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

Les écoles de Montréal demeurent sécuritaires pour les élèves, a assuré la Dre Drouin en substance. La majorité des infections qui sont enregistrées se sont produites dans la communauté, et non dans les salles de classe, a-t-elle précisé.

Une éclosion « contrôlée »

L'école Herzliah a décidé de prodiguer l'enseignement à la maison à ses 470 élèves après qu'une quinzaine de cas eurent été détectés dans cet établissement de niveau secondaire.

L’éclosion est contrôlée dans l’école, sauf qu’on a de plus en plus des cas sporadiques [...], a expliqué Mylène Drouin, qui précise que l'acquisition du virus s'était faite dans la communauté.

Nous avons appuyé le souhait de l’école de passer en mode virtuel, a dit la Dre Drouin, qui ajoute que cette éclosion s’est produite dans le contexte des fêtes juives qui commencent.

Elle a de plus indiqué une hausse d’incidence dans [...] Côte-St-Luc.

L'enquête épidémiologique est en cours. Une bar mitzvah – fête juive pour jeunes adolescents – pourrait avoir contribué à cette éclosion.

En quarantaine depuis le 8 septembre

Un homme de dos se dirige vers l'entrée de l'école.

L'école privée Herzliah High School donnera en ligne son enseignement dans les deux semaines à venir.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans une lettre aux parents datée du 15 septembre, dont Radio-Canada a obtenu copie, la directrice générale des écoles Azrieli Talmud Torah | Herzliah dit qu'un groupe d'élèves en particulier comptait neuf cas. Ce groupe est en quarantaine depuis le 8 septembre, écrit Michelle Toledano.

La direction tente de déterminer s'il existe des points communs entre les cas.

Dans ses recommandations, la directrice demande aux parents d'aider l'école à contrôler la propagation du virus à l'école et en dehors de l'école.

Veuillez vous abstenir d'assister à des activités sociales de quelque nature que ce soit, y compris les célébrations des fêtes à venir, et veillez à ce que vos enfants portent un masque à tout moment et pratiquent la distanciation physique.

Extrait d'une lettre envoyée aux parents de l'école Herzliah et signée par la directrice, Michelle Toledano

La porte-parole des écoles Azrieli Talmud Torah | Herzliah, Brigitte Fortin, a déclaré à CBC que ces établissements collaboraient étroitement avec la Direction de la santé publique du Québec et suivaient ses directives.

On ne peut pas extrapoler

Jeudi, alors qu'il faisait le point sur la propagation du coronavirus au Québec, le directeur national de santé publique Horacio Arruda a dit qu'il y avait eu beaucoup d'exposition et de contacts relativement à l'éclosion touchant l'école Herzliah.

Une vaste opération de dépistage y a été menée, a-t-il ajouté, et la situation est en voie d'être contrôlée.

La situation de cette école spécifique ne va pas nécessairement se répéter ailleurs dans la province, ni même dans la région de Montréal, a poursuivi M. Arruda. On ne peut pas extrapoler, a-t-il ajouté.

Durant ce même point de presse, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, s'est vu demander ce qu'il recommandait à la population à l'approche du Nouvel An juif, ce week-end, ou encore de l'Action de grâces à la mi-octobre.

On peut voir les gens que nous aimons, mais en petit nombre, a-t-il répondu. Que vous voyiez les gens pour des événements religieux ou par pure amitié, respectez les règles et maintenez une distanciation.

Prier à l'extérieur

Le maire de la Ville de Côte-Saint-Luc, Mitchell Brownstein, lance lui aussi un appel à la vigilance. Ce week-end, il mettra des tentes à la disposition des citoyens désireux de souligner le Nouvel An juif.

Selon lui, célébrations et repas en famille doivent se dérouler à l'extérieur, pas dans la maison.

Pour la prière, il faut [la] faire à l'extérieur, pas dans les synagogues, précise-t-il.

Le cadre d'intervention des policiers

Jeudi, le premier ministre du Québec, François Legault, a affirmé que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, continuait les discussions avec les différents corps policiers au Québec pour voir comment on peut être encore plus sévère avec ceux qui ne respectent pas les consignes.

L'éventualité que l'on confère aux policiers le pouvoir d'entrer dans des maisons privées pour faire cesser des comportements risqués est envisagée, a reconnu jeudi Horacio Arruda. Et, selon lui, cela aurait le même effet dissuasif que la présence de policiers sur l'autoroute, qui incite les automobilistes à ralentir.

Cela contribuerait à faire baisser le nombre de cas de contamination à la COVID-19, a avancé le directeur de santé publique.

En entrevue à Midi info, jeudi, une porte-parole de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Audrey Roy-Cloutier, a rappelé qu'actuellement, le principe de base est que les agents de la paix ne peuvent pénétrer dans un endroit qui n’est pas accessible au public.

N’entre pas qui veut sans invitation dans une maison, de résumer la porte-parole du DPCP.

Mais, en vertu du Code de procédures pénales, la police peut le faire si le policier a des motifs raisonnables de croire :

  • qu'une personne est en train de commettre une infraction dans un endroit qui n'est pas accessible au public;
  • que cette infraction met à risque ou en danger la vie, la santé et la sécurité de personnes;
  • que l'arrestation de cette personne est le seul moyen raisonnable, à la disposition du policier, pour mettre un terme à cette infraction.

En vertu de la Loi sur la santé publique, les policiers peuvent actuellement émettre un constat portatif pour les trois infractions suivantes :

  • non-respect des deux mètres de distanciation dans la mesure du possible;
  • non-port du couvre-visage;
  • consommation de boisson sans être assis à une table dans un établissement.

Les amendes associées à ces infractions peuvent atteindre 6000 $.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et Marie-Michelle Lauzon

Avec les informations de CBC

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