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Un grand arbre cassé en deux.

De forts vents ont eu raison d'un arbre sur la rue Sherbrooke Est, à Montréal, en novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Conrad Fournier

Dans le contexte des changements climatiques, nombre d’entre nous – on m’a d’ailleurs souvent posé la question – sont portés à croire que les vents qui soufflent près du sol ont augmenté et pourraient devenir encore plus forts, un climat extrême pouvant logiquement se traduire par des épisodes de vents plus violents et plus fréquents. Mais qu’en est-il vraiment?

D'entrée de jeu, il faut savoir que le vent est de nature turbulente et par le fait même très irrégulier et « bruyant ». Le vent fluctue sans cesse et cette variable météorologique est plutôt difficile à analyser, c’est pour cette raison qu’il existe peu d’études exhaustives à ce sujet.

Néanmoins, certains groupes de recherche se sont penchés sur la question, notamment le Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques (Ouranos) et l’Université de Princeton aux États-Unis.

Le Consortium Ouranos a concentré une partie de ses recherches sur le Québec, alors que l’Université de Princeton a basé ses travaux sur les latitudes moyennes en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, en analysant les données de près de 1400 stations météorologiques.

Selon le Consortium Ouranos, qui fait aussi référence à d’autres études antérieures, la majorité des stations météorologiques québécoises présentent une faible diminution des vents entre 1953 et 2006. Cependant, quelques régions ne suivent pas cette baisse et montrent plutôt de faibles tendances à l’augmentation de la vitesse du vent, particulièrement dans le nord et l’est du Québec.

Pour ce qui est des recherches de l’Université de Princeton, les résultats montrent en moyenne une faible réduction des vents de la fin des années 1970 jusqu'en 2010 – ce qui est donc en accord avec Ouranos –, suivie d’une augmentation des vents moyens de 2010 à 2017.

De prime abord, on a tenté d'expliquer la diminution des vents par l’urbanisation croissante. La plupart des stations météorologiques étant situées dans des villes, ou du moins tout près, le développement urbain a tendance à freiner le vent par le biais de la friction provoquée par les constructions. Une surface plus irrégulière dissipera plus efficacement l’énergie éolienne affaiblissant ainsi le vent.

Mais alors, comment expliquer la hausse récente observée par la suite?

Ce n’est pas simple de répondre à cette question. Est-ce seulement une tendance à court terme qui pourrait se renverser dans la ou les prochaines décennies, ou une tendance plus lourde qui serait liée aux changements climatiques?

Pour l’instant, compte tenu de la courte durée de cette augmentation observée, il est difficile de tirer des conclusions.

Cependant, selon bon nombre de simulations climatiques pour les prochaines décennies, il est prévu que les vents deviendront probablement plus fluctuants sur une base saisonnière. Les vents auraient ainsi tendance à faiblir en été et, inversement, à augmenter en hiver.

Des vagues de chaleur plus longues, souvent associées à des vents plus calmes, pourraient expliquer cette réduction en été.

À l’opposé, des tempêtes plus fréquentes et plus intenses en hiver provoqueraient un accroissement de la vitesse des vents.

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