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Des opposants au glyphosate veulent chasser les hélicoptères épandeurs

Un hélicoptère répand un produit sur une forêt.

Des résidents de la région de Brockway disent qu’ils ont essayé de discuter avec les équipes de deux hélicoptères comme celui-ci qui ont épandu de glyphosate sur les terres de la Couronne dans le secteur, mardi.

Photo : CBC/James Steidle

Radio-Canada

Des résidents de la région de Brockway, une petite collectivité dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick, ne veulent plus de l’épandage d’un herbicide à base de glyphosate sur les forêts environnantes.

Peter Ganong, un voisin de l’aérodrome de Brockway, a remarqué lundi soir l’atterrissage de deux hélicoptères. Cet aérodrome n’est utilisé qu’occasionnellement.

M. Ganong a photographié des travailleurs qui préparaient une opération d’épandage de l'herbicide pour le lendemain matin. J’ai sérieusement songé à déménager hors du Nouveau-Brunswick à cause de cela, dit-il.

Peter Ganong interviewé devant un boisé.

Peter Ganong dit qu'il n'est pas un militant, mais que cela pourrait changer puisqu'il constate une dégradation de la forêt dans la région au fil des ans.

Photo : CBC/Shane Fowler

Il a envoyé ses photographies à des amis et à des voisins. Les images se sont retrouvées sur les médias sociaux. Le lendemain matin, plus d’une dizaine de personnes se sont rassemblées à l’aérodrome, mais il n’y pas eu de discussion avec les pilotes et les travailleurs. Les hélicoptères sont partis à l’arrivée des opposants.

Les opposants ont exprimé l’intention de chasser de la région les entreprises qui effectuent l’épandage.

Deux hélicoptères près de deux camions.

Les hélicoptères photographiés lundi soir sur la piste d'atterrissage de Brockway par Peter Ganong.

Photo : Gracieuseté/Peter Ganong

Au fil des ans, il y a de moins en moins de poissons, d’oiseaux et d’insectes comme les abeilles, déplore Peter Ganong. La forêt n’est plus ce qu’elle était. Je la vois disparaître peu à peu. Ça détruit l’écosystème, souligne-t-il.

Peter Ganong habite à Brockway depuis une vingtaine d’années. Il ne se considère pas comme étant un militant, mais il dit que cela pourrait changer après avoir été entouré, mardi matin, d’autres personnes qui partagent son opinion. C’était la première fois qu’il rencontrait la plupart d’entre elles.

Des opposants d’autres collectivités appuient Brockway

Des membres de collectivités voisines s’opposent aussi à l’épandage de l’herbicide dans la région.

C’est injuste. En mettant la politique de côté, en fin de compte, c’est mal, absolument mal, affirme l’opposante Cynthia Howland, membre de la Première Nation de Passamaquoddy.

Cynthia Howland.

Cynthia Howland, de la Première Nation de Passamaquoddy, s'oppose à l'épandage sur les terres de ses ancêtres.

Photo : CBC/Shane Magee

Les larmes lui viennent aux yeux quand elle pense que l’épandage a mis fin à son espoir de faire une première récolte traditionnelle cette année. Je ne ferai pas cela maintenant. Je ne donnerai pas cela à manger à mes petits-enfants, dit-elle.

L’épandage, selon Mme Howland, a lieu sur des terres non cédées par les Autochtones. C’est le territoire sur lequel mes ancêtres ont vécu. Ils reposent dans cette terre, dit-elle.

Deux candidats qui n’ont pas été élus aux élections provinciales de lundi étaient aussi présents avec les opposants.

Nous en avons assez de l’épandage. Alors nous sommes venus ici ce matin non seulement pour appuyer les gens de cette région, mais pour toutes les personnes qui vivent dans la province, affirme John Gardner,ex-candidat libéral dans la circonscription de Sainte-Croix exclu par le parti pour des propos controversés.

Kimberly Reeder interviewée devant un bâtiment de l'aérodrome.

Kimberly Reeder, qui était candidate pour le Parti vert, étaient présente avec les opposants au glyphosate à Brockway.

Photo : CBC/Shane Fowler

Kimberly Reeder, qui était candidate pour le Parti vert, estime qu’il y a de meilleurs moyens qu’un herbicide pour faire de l'éclaircie forestière. L’industrie, dit-elle, peut créer de l’emploi en confiant cette tâche à des travailleurs forestiers.

Plusieurs opposants ont noté que l’épandage a commencé le lendemain des élections générales remportées par les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs. Il s'agit du seul grand parti politique qui n’avait pas promis d’interdire l’épandage de glyphosate.

Les opposants qui se sont rassemblés à l’aérodrome de Brockway craignent que l’épandage se poursuive pendant au moins quatre ans sans que les autorités envisagent de l’interdire.

L’industrie forestière se défend

Certains opposants croient que les élections ont servi de couverture à l’opération d’épandage dans leur voisinage, mais un intervenant de l’industrie assure que ce n’est pas le cas. Il faut des mois pour faire une demande d’épandage sur les terres de la Couronne et obtenir l'autorisation nécessaire.

La piste est déserte.

La piste de l'aérodrome de Brockway.

Photo : CBC/Shane Fowler

Mike Legere, directeur de l’organisme Forêt NB, qui représente certaines entreprises forestières qui font de l'épandage, ne comprend pas la colère subite des opposants alors que, explique-t-il, l’opération d’épandage en question fait l’objet d’annonces publiques depuis des mois et qu’elle satisfait toutes les exigences du processus réglementaire.

Selon lui, il est absolument ridicule de croire que l’épandage est une quelconque conspiration liée à une plateforme électorale.

Qui fait de l’épandage?

Des enseignes dans la région de Brockway indiquent que l’épandage de glyphosate mardi a été effectué par la société Forest Protection pour le compte de l’entreprise A. V. Nackawic.

Forest Protection est une société privée qui appartient à un groupe de partenaires, soit le gouvernement du Nouveau-Brunswick et des entreprises forestières de la province. Les personnalités suivantes figurent parmi ses dirigeants:

  • Mike Holland, ministre des Ressources naturelles;
  • Tom MacFarlane, sous-ministre à l’Environnement;
  • Jason Limongelli, vice-président de l’entreprise J. D Irving;
  • Kevin Topolnski, de l’entreprise Acadian Timber;
  • Kevin Larlee, vice-présidente de l’entreprise A. V. Group;
  • Andy Barrieau, de l’entreprise Fornebu Lumber;
  • Terry Noble, de la papetière Twin Rivers;
  • Mike Legere, de Forêt NB;
  • D’autres fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles.

Mike Legere ajoute que toute personne peut manifester pacifiquement contre l’épandage, mais il exprime des réserves quant à laisser la situation s’envenimer.

Huit personnes devant un bâtiment de l'aérodrome.

Des résidents de Brockway et d’autres collectivités de cette région située au nord de Saint Andrews disent avoir l’intention de perturber les opérations d’épandage à l’avenir.

Photo : CBC/Shane Fowler

Des opposants qui n’ont pu discuter avec les travailleurs mardi, dont Kimberly Reeder, disent qu’ils se préparent pour la prochaine occasion.

Avec les renseignements de Shane Fowler, de CBC

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