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Les pays riches ont réservé la moitié des futures doses de vaccins

Les États-Unis, qui comptent 330 millions d'habitants, ont réservé 800 millions de doses.

Une main tient une petite bouteille sur laquelle on peut lire : COVID-19 vaccin.

Des laboratoires dans le monde testent une douzaine de vaccins potentiels sur des milliers de personnes.

Photo : afp via getty images / MLADEN ANTONOV

Agence France-Presse

Un groupe de pays riches représentant 13 % de la population mondiale a acheté la moitié des futures doses de vaccins contre la COVID-19, selon un rapport publié mercredi par l'ONG Oxfam.

La logique de ces pays est de s'approvisionner par précaution auprès de multiples fabricants concurrents, dans l'espoir qu'au moins l'un de leurs vaccins se révèle efficace, mais le rapport souligne avec urgence la difficulté qu'aura une partie de la population mondiale à trouver des vaccins dans la période initiale.

De plus, un dispositif de mutualisation internationale appelé Covax, soutenu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est boycotté par Washington et manque de financements.

Les États-Unis dès le mois de mai, puis le Royaume-Uni, l'Union européenne, le Japon et d'autres pays ont signé de multiples contrats garantissant en avance la production et la livraison de doses si les essais cliniques en cours étaient concluants.

Les Américains se feront même livrer des doses dès octobre, afin d'être prêts à les distribuer dans les 24 heures suivant une éventuelle autorisation sanitaire.

Un scientifique travaillant dans un laboratoire.

Tous les pays du monde auront-ils un accès égal au vaccin contre la COVID-19?

Photo : Reuters / Anton Vaganov

Des centaines de millions de doses vendues

Le groupe AstraZeneca, partenaire de l'Université d'Oxford, a signé le plus de ces contrats de façon publique, mais Sanofi, Pfizer, Johnson & Johnson, la compagnie américaine de biotechnologie Moderna, le laboratoire chinois Sinovac et l'institut russe Gamaleïa ont aussi vendu des centaines de millions de doses dans le monde, parfois sous la forme de partenariats avec des fabricants locaux.

Selon Oxfam, des contrats ont déjà été signés auprès de cinq de ces fabricants en phase 3 d'essais cliniques pour 5,3 milliards de doses, dont 51 % pour des pays développés (États-Unis, Royaume-Uni, Union européenne, le Japon) ainsi que l'Australie, Hong Kong, la Suisse et Israël (les chiffres n'incluent pas les contrats pour les vaccins n'étant pas encore en phase 3).

Le reste a été promis à des pays en développement, dont l'Inde, où se trouve le fabricant géant Serum Institute of India, le Bangladesh, la Chine, le Brésil, l'Indonésie et le Mexique, selon Oxfam.

Les États-Unis de Donald Trump (330 millions d'habitants) ont réservé un total de 800 millions de doses auprès de six fabricants, et l'Union européenne (450 millions d'habitants) a au moins acheté 1,5 milliard de doses, selon un décompte de l'AFP.

L'accès vital aux vaccins ne doit pas dépendre d'où on habite ni de l'argent qu'on a, a dit Robert Silverman, d'Oxfam.

Nationalisme vaccinal

Des experts en santé publique ont proposé plusieurs modes de répartition mondiale : l'OMS voudrait donner à chaque pays de quoi vacciner 20 % de sa population; un groupe d'éthiciens a suggéré de donner la priorité aux pays où le virus tue le plus.

Les États-Unis ont annoncé qu'ils entendaient offrir d'abord le vaccin à tous leurs habitants, et pas seulement aux personnes vulnérables et âgées.

Ce type de nationalisme vaccinal a été dénoncé par de multiples responsables de santé publique, et par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un discours mercredi matin devant le Parlement européen.

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