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De nouveaux détails émergent au sujet de l'enquête sur la fuite chez Desjardins

Le logo de Desjardins apparaît sur un édifice.

Les documents évoquent notamment une lettre anonyme et des informations transmises par un « conseiller-expert » de Desjardins.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une lettre anonyme, une perquisition nocturne, des informations d'un « conseiller-expert » : des documents obtenus par Radio-Canada et La Presse dévoilent des détails sur l'enquête policière qui se penche sur la fuite de données personnelles des millions de membres du Mouvement Desjardins.

Il s'agit de documents liés à l'obtention de mandats de perquisition, dont de grandes parties ont été caviardées.

On lit, dans un des documents, que la Sûreté du Québec a reçu, au cours de l'année 2019, une lettre anonyme qui semble avoir permis aux enquêteurs de corroborer plusieurs éléments significatifs dans cette affaire. Il est écrit dans un autre document qu'à partir de l'automne 2018, le Mouvement Desjardins a observé des transactions frauduleuses dans plusieurs comptes bancaires.

On voit un extrait des documents liés à l'obtention de mandats de perquisition dans l'enquête policière sur la fuite de données au Mouvement Desjardins.

Un extrait des documents liés à l'obtention de mandats de perquisition dans l'enquête policière sur la fuite de données au Mouvement Desjardins.

Photo : Radio-Canada

En décembre de la même année, l'institution financière porte plainte au Service de police de Laval à propos d'une transaction frauduleuse dans un centre d'encaissement de Laval qui a mené à une enquête policière.

On lit que la police de Laval demande en avril 2019 la permission d'exécuter une perquisition de nuit pour éviter la destruction de preuve et pour des raisons de sécurité (policiers, suspects et citoyens) qui l'autorisera à mettre la main notamment sur des documents bancaires et sur une importante somme d'argent. Mais on ne sait pas qui est visé, puisque l'information est caviardée.

La taupe

Dans un autre document, on lit que la police est avisée le 24 mai 2019 par un conseiller-expert de Desjardins de l'existence d'une multitude de recherches et que ces recherches ont permis de conclure sans aucun doute que Sébastien Boulanger-Dorval est la taupe. On lit qu'il est employé pour les Caisses Desjardins depuis 10 ans et travaille pour le département marketing de l'institution financière.

Le conseiller-expert de Desjardins avise aussi la police que Desjardins désire entreprendre des démarches afin d'aller récupérer l'ordinateur portable de Sébastien Boulanger-Dorval.

Mais le sergent-détective Patrick French, de la police de Laval, qui participe au projet d'enquête baptisée « Glaïve » s'objecte fortement à toute action que Desjardins pourrait entreprendre, et ce, compte tenu de l'enquête policière en cours. Il répète à plusieurs reprises qu'aucune démarche à l'égard de cet employé ne doit être conduite sans l'accord explicite d'un représentant du Service de police de Laval, dans le but de ne pas nuire à l'enquête en cours.

On lit plus loin que la police est avisée quelques jours plus tard des démarches de Desjardins visant Sébastien Boulanger-Dorval. Son bureau aurait été fouillé et une clé USB noire 16 gigs et des documents auraient été saisis. L'analyse de cette clé USB aurait démontré que Sébastien Boulanger-Dorval a extrait des données de Desjardins. Le document montre aussi que le sergent-détective French conclut que Boulanger-Dorval vendait de l'information à une entreprise, mais les détails entourant cette allégation sont caviardés, comme de nombreuses autres informations.

Il est aussi écrit que la police procède à l'arrestation de Sébastien Boulanger-Dorval à Lévis, le 6 juin 2019, pour utilisation non autorisée d'un ordinateur, trafic de renseignements identificateurs, possession de renseignements identificateurs, utilisation non autorisée de données relatives à des cartes de crédit, fraude de plus de 5000 $ et possession d'une arme prohibée.

Sébastien Boulanger-Dorval, qui n'est plus employé chez Desjardins, n'a pas été accusé. D'ailleurs, personne ne fait face à des accusations dans ce dossier jusqu'à maintenant.

À noter que les informations révélées dans ces documents judiciaires n'ont pas été testées devant les tribunaux.

Plainte disciplinaire

Un enquêteur de l'Autorité des marchés financiers témoigne depuis mercredi matin dans un dossier lié au vol de données au Mouvement Desjardins. Son témoignage devant le Tribunal administratif des marchés financiers est lié à une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF) visant un courtier en assurance personne de Québec.

Le courtier François Baillargeon-Bouchard aurait admis à des enquêteurs avoir payé 40 000 $, à partir de 2017, pour acheter des listes d'informations personnelles de membres du Mouvement Desjardins.

Selon l'enquêteur, la liste de 550 pages comporte plusieurs données personnelles, comme des noms et des adresses.

L'AMF demande au tribunal de faire suspendre les certificats d'exercice de François Baillargeon-Bouchard. Le témoignage de l'enquêteur de l'AMF se poursuit. Le tribunal entendra également celui d'un employé de Desjardins.

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