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La crainte de « passer au orange » s'installe au Bas-Saint-Laurent

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La façade du bar La P'tite Grenouille, à Rimouski.

Les bars du Québec auront notamment à réduire leurs heures d'ouverture pour fermer à 1h du matin.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Radio-Canada

Après être passé en zone de préalerte, le Bas-Saint-Laurent pourrait devenir l’une des premières régions au Québec à se trouver en alerte modérée, une perspective qui fait craindre de nouvelles restrictions, notamment pour les tenanciers de bars.

La réalité du Bas-Saint-Laurent, c’est qu’à l’intérieur d’une période de moins d’une semaine, on est passé d’une situation où on avait moins de 80 cas à plus de 200 cas. On est donc la région dans tout le Québec avec le plus haut taux de contamination à la COVID-19 par 100 000 habitants, lance le maire de Rimouski, Marc Parent. Quand le ministre de la Santé [Christian Dubé] parle de certaines régions qui seraient sur le point de passer au orange, c’est clair que le Bas-Saint-Laurent fait partie de ça!

Cette possibilité guide déjà certaines décisions à la Ville de Rimouski où les équipes de travail sont déjà séparées pour assurer que les services municipaux soient fonctionnels advenant l'imposition de mesures plus strictes par Québec.

M. Parent estime que les restaurants et les bars pourraient être fermés et que des interventions chirurgicales pourraient être repoussées si la situation empirait au Bas-Saint-Laurent.

La journée que le Bas-Saint-Laurent va devenir orange, on va tous payer.

Marc Parent, maire de Rimouski

Ces scénarios demeurent hypothétiques, a tenu à rappeler le premier ministre François Legault lors de son point de presse quotidien.

Ce sont des possibilités, mais ça ne veut pas dire que toutes ces mesures-là sont appliquées automatiquement. Ça va dépendre de chaque situation, a-t-il indiqué.

Au-delà des impacts économiques et sanitaires immédiats, Marc Parent craint également une stigmatisation comme à Montréal.

Maintenant, le Bas-Saint-Laurent est identifié comme l’épicentre de la pandémie et ça va avoir des répercussions économiques et touristiques à long terme, croit-il.

Une gestion par « sous-régions »

Par ailleurs, plusieurs personnes se questionnent à savoir si une région en entier ou seules certaines parties d'une région seront visées par des restrictions plus sévères de la part de la santé publique.

Cette dernière position est notamment défendue par Marc Parent qui veut éviter que les bons élèves soient pénalisés. Il prône ainsi une approche plus « chirurgicale ».

Marc Parent lors d'une rencontre du conseil municipal de Rimouski.

Le maire de Rimouski, Marc Parent (archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Du côté de Matane, on comprend mal comment une solution par municipalité régionale de comté (MRC) pourrait être appliquée.

Les gens se déplacent énormément et si chaque MRC a une couleur distincte, comment va-t-on gérer les nombreux citoyens, par exemple, qui se déplacent entre la Matanie et Rimouski chaque jour, illustre le maire de Matane, Jérôme Landry.

Même son de cloche du côté du maire d'Amqui, Pierre D'Amours, qui estime que l'éclosion actuelle est un enjeu bas-laurentien. On doit le gérer collectivement, martèle-t-il.

Tenanciers de bar résignés

Du côté des bars, on n'est pas plus rassurés. Le copropriétaire de La P’tite Grenouille à Rimouski, Steven Guimond Corriveau, anticipe déjà de devoir fermer ses portes si la région passe à la zone orange.

Je n’ai pas vraiment peur... parce que je sais que ça va arriver, laisse-t-il tomber.

La survie de son bar dépendra des conditions qui lui seront imposées par la santé publique, craint M. Guimond Corriveau.

Entre-temps, il assure qu’il se pliera aux directives pour contenir la propagation de la COVID-19 et martèle que l’industrie des bars a toujours été collaborative.

Ça va être important de s’adapter aux nouvelles règles. Comme on le fait depuis le début de la crise, croit-il.

Avec les informations d'Isabelle Damphousse et de Denis Leduc

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