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Une Edmontonienne porte plainte pour congédiement abusif en raison de sa tenue

Une photo de Caitlin Bernier qui tient un chien.

Caitlin Bernier conteste son renvoi.

Photo : Facebook / Caitlin Bernier

Radio-Canada

Une femme d’Edmonton a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne pour discrimination vestimentaire après avoir été congédiée à cause d’une tenue par son ancien employeur.

Caitlin Bernier dit avoir perdu son emploi dans un concessionnaire Honda d’Edmonton à cause d’un chandail blanc à manches longues à col ras du cou et un pantalon habillé.

Caitlin Bernier porte un chandail blanc et un pantalon noir.

Caitlin Bernier dit avoir perdu son emploi en raison de sa tenue vestimentaire.

Photo : Facebook / Caitlin Bernier

Selon son employeur, sa tenue enfreignait le code vestimentaire de l'entreprise et mettait ses collègues masculins mal à l'aise.

Caitlin Bernier a déposé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne.

J'ai été congédiée pour avoir porté une "tenue inappropriée" au travail, a écrit Caitlin Bernier dans sa plainte.

Je me sens très discriminée à cause de tout cela, affirme la femme de 20 ans, qui venait tout juste d’être engagée.

Je me sens vraiment mal traitée. Je ne mérite pas de perdre mon travail à cause d'un chandail, ajoute-t-elle.

Une image du dos de Caitlin Bernier. Elle porte un chandail blanc et un pantalon noir.

Caitlin Bernier a déposé une plainte pour discrimination.

Photo : Facebook / Caitlin Bernier

La direction du concessionnaire Alberta Honda rejette les allégations de discrimination de Caitlin Bernier.

Dans une déclaration envoyée par courriel à CBC, la direction dit que le code vestimentaire est appliqué de la même manière pour tous et qu'aucun employé ne serait congédié pour une seule infraction.

Les faits

Caitlin Bernier dit qu’elle a été congédiée par le concessionnaire le 11 septembre.

Une collègue lui a dit que son chandail était transparent, enfreignait le code vestimentaire de l'entreprise, et mettait certains collègues masculins mal à l'aise.

Caitlin Bernier assure qu’elle a pourtant porté le même chandail lors de son entretien d’embauche et qu'on lui avait dit que ses vêtements correspondaient aux attentes du concessionnaire.

La collègue lui aurait demandé de se couvrir ou de rentrer chez elle. La jeune femme est plutôt immédiatement allée rencontrer une représentante interne des ressources humaines.

La première chose que la dame des ressources humaines a dite a été : "Son chandail est convenable, il n'est pas du tout transparent.", affirme Caitlin Bernier.

Caitlin Bernier dit que la personne des ressources humaines l’a autorisée à rentrer chez elle jusqu'à ce que son patron revienne au bureau.

Environ une heure plus tard, elle a reçu un appel du directeur général lui apprenant qu’elle avait été congédiée en raison d'une violation du code vestimentaire, affirme Caitlin Bernier.

Il n'a jamais vu ma tenue, dit-elle. Je n'ai jamais eu la chance de m’expliquer.

Quand je lui ai dit : "Je vais venir vous rencontrer", il m’a répondu : "Cette discussion est terminée" et m'a raccroché au nez, dit-elle.

Caitlin Bernier explique qu’elle venait d’être engagée et qu'elle était la seule femme sur une douzaine d'employés du département des ventes.

J'aimais vraiment les gens avec qui je travaillais. Ils étaient géniaux, je ne sais pas ce qui s'est passé, dit-elle.

Je pense simplement qu'il y a un peu plus d'inégalités en milieu de travail que les gens ne le pensent.

Réponse de l’entreprise

Par écrit, Honda Alberta dit qu’aucun employé ne serait congédié sans plusieurs avertissements répétés et qu’une décision ne serait jamais fondée sur le sexe .

Ce n'est que si un employé refuse de se conformer au code vestimentaire lorsqu'on lui en donne l'occasion et qu’il continue de violer le code vestimentaire à plusieurs reprises ou s'il y a d'autres problèmes entourant sa performance que nous envisageons de prendre des mesures, précise l’entreprise par courriel.

Nous avons révisé la situation en question et sommes convaincus que nos gestionnaires l'ont traitée de manière appropriée compte tenu de toutes les circonstances.

Caitlin Bernier fait valoir qu'elle n'a jamais reçu d'avertissements antérieurs de la direction.

Personne n'a évalué ma performance. Bien sûr qu'on peut licencier quelqu'un qui est en probation, mais il doit quand même y avoir une raison valable, dit-elle.

Un cas très solide

L'avocate du travail Sarah Coderre, de chez Taylor Janis LLP, à Calgary, qui a représenté des personnes dans des plaintes de harcèlement sexuel et de congédiement injustifié, dit que les codes vestimentaires des entreprises doivent être clairs et systématiquement appliqués et que les violations doivent être sanctionnées de manière proportionnelle.

D'après le récit de Caitlin Bernier, aucun de ces critères ne semble avoir été respecté, estime Sarah Coderre.

Je pense qu'elle aurait un dossier très solide pour congédiement abusif, dit-elle.

Eric Adams, avocat constitutionnel et vice-doyen de la faculté de droit de l'Université de l'Alberta, dit qu’un employeur n'a aucune obligation de fournir un avis de congédiement aux travailleurs qui sont à l’embauche d’une entreprise depuis moins de 90 jours. Par contre, la loi protège tous les employés contre des congédiements abusifs.

Il juge toutefois peu probable que la jeune femme obtienne un règlement important devant un tribunal civil parce que les employés en probation ont très peu de droits en dommages et intérêts.

Il note par contre que Caitlin Bernier a plus de chances si elle dépose une plainte à la Commission des droits de la personne.

Selon lui, le nombre de plaintes basées sur la discrimination vestimentaire augmente.

Il y a de plus en plus de cas qui commencent à reconnaître que, oui, ce type de traitement est en fait une forme de discrimination sexuelle, dit-il.

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