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Des champs sur les toits de Paris

La culture sur les toits est en vogue dans la métropole française. La pandémie est l’occasion pour plusieurs de se ressourcer et de reprendre contact avec la nature. Ces toits cultivés de plus en plus nombreux nourrissent familles et commerçants.

Des jardins sur un grand toit, et en arrière-plan de nombreux immeubles.

Une partie de la plus grande ferme urbaine d'Europe, sur les toits du centre de congrès Paris Expo.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

C’est « la plus grande ferme urbaine en Europe », explique notre guide en longeant des plants de tomates cerises bien fournis. La récolte des fraises est terminée, un doux parfum s’échappe des plants de basilic.

Un vaste potager à quelques mètres de l’autoroute qui entoure la capitale française. Dans l’une des métropoles les plus denses du monde, une ferme pareille ne peut exister que sur ses célèbres toits.

Des grappes de tomates.

Culture de tomates cerises en hydroponie : les racines ne plongent pas dans la terre, mais dans un substrat de fibre de coco.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Nous sommes à 15 mètres de hauteur, explique Sophie Hardy. La directrice de Nature Urbaine Paris nous fait faire le tour du propriétaire sur la toiture du centre de congrès Paris Expo.

Des potagers en hauteur, il en existe déjà quelques dizaines à Paris : sur les toits d’écoles, de grands magasins ou d’hôtels. Même l’Opéra de Paris s’y est mis! Des initiatives que la Ville encourage.

Ce qui distingue le vaste jardin que nous visitons, c’est sa taille. À terme, 14 000 mètres carrés seront consacrés à l’agriculture. C’est l’équivalent de deux terrains de soccer.

C’est beaucoup. Et pour que l’entreprise soit rentable, les techniques et les produits cultivés doivent être adaptés à leur environnement en hauteur.

De larges tubes à la verticale, munis d'orifices desquels sortent des plantes.

Culture en aéroponie : les racines sont plongées dans des alvéoles irriguées régulièrement. Cette technique évite d'avoir recours à de la terre et protège les racines de la pollution atmosphérique.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

L’aéroponie est utilisée pour le basilic, par exemple. Les plants poussent à la verticale, nichés dans des colonnes de culture irriguées régulièrement. Ainsi, les racines ne plongent pas dans la terre; elles sont nourries par arrosage.

Cela permet d’économiser 90 % de l’eau comparé à l’agriculture traditionnelle, explique Sophie Hardy. La technique est mieux adaptée à la culture sur les toits, puisqu’elle est beaucoup moins lourde qu’une culture plus classique dans le sol.

Savoureux et local

Ce qui pousse ici n’est pas protégé par des pesticides ni par de puissants engrais chimiques. Les produits sont « bio » sans pouvoir obtenir la certification officielle, parce qu’ils poussent sans terre et dans les airs.

Une fois cueillis, les poivrons, les fraises et la menthe se vendent à des prix qui rappellent ceux des produits bio. Des prix un peu haut de gamme, admet Sophie Hardy, mais vraiment compétitifs.

De beaux plants de tomates sur un toit.

Aucun pesticide ni engrais chimique n'est utilisé dans ces potagers.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Une qualité de produit et des prix qui font dire à la directrice de Nature Urbaine Paris qu’on peut faire pousser de bons légumes absolument partout sur les toits dans les grandes villes.

Partout, à condition d’avoir un toit facilement accessible, assez grand et solide. À Paris, ces potagers s’installent donc mieux sur des toits plats que sur les jolies toitures de zinc...

Cela dit, cette ferme urbaine se veut justement une sorte de vitrine du possible. Une partie des récoltes est vendue à des commerçants du quartier, ce qui en fait un bon exemple d’agriculture de proximité.

Plus de 130 parcelles de terres sont aussi louées à des Parisiens, qui peuvent eux-mêmes faire pousser les tomates qu’ils serviront un soir en apéritif aux amis.

Ces potagers ont connu un grand succès après la COVID, révèle Sophie Hardy. Les gens avaient envie de se ressourcer, de prendre l’air, de se reconnecter avec la nature.

Les week-ends, c’est en famille que l’on vient surveiller ses laitues et ses melons.

Gros plan sur un melon et un poivron vert.

Les Parisiens peuvent louer une parcelle de terre pour cultiver un jardin.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

On n’a pas pour ambition de nourrir une ville comme Paris, admet la directrice en cueillant une petite tomate sur sa vigne. On a envie de montrer que ce modèle est compatible avec la vie des urbains et qu’il est complémentaire de l’agriculture traditionnelle.

À ses yeux, c’est ce que bien des citadins avaient en tête lors du confinement, lorsqu’ils rêvaient du monde de demain, plus résilient, plus responsable, plus authentique.

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