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Une psychologue radiée pour avoir eu des rapports sexuels avec sa cliente

Une femme discute avec une psychologue dans le cadre d'une séance de psychothérapie.

Une femme discute avec une psychologue dans le cadre d'une séance de psychothérapie.

Photo : getty images/istockphoto / lorenzoantonucci

Le conseil de discipline de l'Ordre des psychologues vient de sévir contre une thérapeute qui s'est amourachée de sa cliente.

La psychologue Gabrielle Caron, qui pratique à Québec, est radiée pour une période de cinq ans, en plus de devoir payer un total de 5000 $ d'amendes.

La professionnelle, qui pratique depuis 2003, a reconnu avoir dérogé à son code de déontologie en établissant une relation amoureuse avec une cliente.

Cette dernière a commencé à la consulter en octobre 2013 pour traiter une dépression majeure, avec des idées suicidaires.

Hospitalisée en psychiatrie

La patiente âgée d'une vingtaine d'années venait d'être hospitalisée en psychiatrie à la suite du décès de son père.

Pour obtenir son congé de l'hôpital, elle devait se soumettre à un suivi psychologique.

La mère de la jeune femme a alors pris contact avec la psychologue Gabrielle Caron. En raison de l'état de santé de sa fille, c'est la mère qui la conduisait à tous ses rendez-vous et qui payait les honoraires.

Lors de ces rencontres, la psychologue en viendra à appliquer une approche corporelle qu'elle n'utilise pas souvent.

Selon cette technique, la cliente s’agenouille devant l’intimée et pose sa tête sur un coussin placé sur les genoux de cette dernière, ce qui lui permet de la flatter dans le haut du dos. Cela lui fait un grand bien, peut-on lire dans la décision du Conseil de discipline.

Drôle de coïncidence

Lors d'une de ces séances, la cliente s'aperçoit que sa psychologue pleure alors qu'elle lui confie la manière dont elle voudrait mettre fin à ses jours.

La jeune femme apprendra plus tard que la mère de sa psychologue s'est elle-même enlevé la vie de cette façon, et que sa thérapeute y voit là une drôle de coïncidence.

À partir de ce moment, le rapport entre les deux femmes va changer. Elles se parlent souvent au téléphone et échangent de nombreux textos ou courriel où il est question de tout, sauf de psychologie.

Cette nouvelle relation culmine par une invitation de la psychologue à souper à sa résidence, où la cliente rencontre le conjoint de sa thérapeute.

La cliente comprend alors qu’il s’agit, selon les croyances de l’intimée, d’un signe qu’elle est possiblement une réincarnation de sa mère.

extrait de la décision du Conseil de discipline de l'Ordre des psychologues du Québec

Spiritisme

Gabrielle Caron reprend alors contact avec une psychologue qui s'adonne au spiritisme, qu'elle avait elle-même déjà consultée dans le passé.

Cette psychologue, qui vit maintenant en Europe, indique à Mme Caron que la jeune femme qu'elle traite est la réincarnation de sa mère décédée.

Le soir du souper chez la famille de sa psychologue, la cliente est invitée à rester pour la nuit et Gabrielle Caron ira la rejoindre pour se coucher à ses côtés, la serrant très fort, parfois en pleurant.

Dans les jours qui suivront, les deux femmes vont commencer à avoir des rapports sexuels, parfois au cabinet lors de consultations, ou à leur résidence respective.

À la fin de 2014, la psychologue va remettre cette relation en question, sous les pressions de son conjoint.

Fin de la relation

Les deux femmes vont continuer à se voir en cachette jusqu’à l’été 2015, moment où la relation prend fin abruptement, la psychologue ignorant les nombreux appels de la jeune femme.

Elles se croiseront par hasard deux ans plus tard, dans un centre commercial. La psychologue tente alors de se dissimuler le visage.

Après quelques années, la jeune cliente a décidé de porter plainte pour ne veut plus avoir à se sentir comme étant la seule responsable de la fin de cette relation et être seule à en vivre les conséquences, a-t-elle expliqué au comité de discipline.

La patiente a encore besoin de consultations psychologiques, à raison de deux fois par semaine.

Elle vit toujours des conséquences sur son côté identitaire ainsi que sur les plans sexuel et relationnel.

Conseil de discipline de l'Ordre des psychologues

D'autres infractions

En plus des rapports intimes, la psychologue Caron a reconnu sa culpabilité à d'autres infractions.

Par exemple, elle a continué de recevoir ses honoraires pour des rencontres à son bureau où il n'y avait que des relations sexuelles entre les deux femmes.

La psychologue voulait ainsi éviter que la mère de sa cliente découvre leur liaison.

Le Conseil de discipline a accepté la radiation de 5 ans proposée par le syndic de l'Ordre des psychologues et l'avocat de Gabrielle Caron.

Le Conseil rappelle que les gestes de la psychologue ont eu des conséquences sérieuses pour la cliente.

D’une position au départ de fragilité extrême, elle est aujourd’hui toujours sous les soins d’un psychologue.

Conseil de discipline de l'Ordre des psychologues

Le Conseil impose aussi une amende de 2500 $ à la psychologue, qui seront remis à la victime pour payer ses soins thérapeutiques.

Gabrielle Caron devra payer une amende supplémentaire de 2500 $ pour avoir détruit le dossier de sa cliente, qu'elle devait pourtant conserver jusqu'à 5 ans après la dernière consultation.

La professionnelle a également commis une autre infraction déontologique en remettant à la victime ses propres antidépresseurs.

Reprise de la pratique

Au terme de sa radiation de cinq ans, Gabrielle Caron devra se soumettre à des séances de supervision si elle souhaite reprendre sa pratique.

Le Conseil lui impose de travailler notamment sur la reconnaissance des facteurs qui mènent aux sorties du cadre thérapeutique.

Ces séances devront aussi permettre à la psychologue d'identifier rapidement les situations à risque et de reconnaître ses propres limites.

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