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La paroisse ne veut plus payer pour l'église Saint-Charles-de-Limoilou

L'église Saint-Charles de Limoilou

L'église Saint-Charles de Limoilou

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

À moins d’un revirement de dernière minute, l’église Saint-Charles-de-Limoilou sera bientôt mise en vente. La Fabrique de la paroisse Saint-François-de-Laval, propriétaire de l’édifice patrimonial, n’arrive plus à assumer sa maintenance.

La situation est critique, soupire l’abbé Julien Guillot, curé de la paroisse.

Depuis la fermeture de l’église au culte en 2012, la Fabrique de la paroisse Saint-François-de-Laval assume seule les coûts d’entretien et de chauffage, évalués à environ 80 000 dollars par année.

Or, la pandémie a plombé les recettes de la collecte pendant les messes hebdomadaires, ce qui impose des choix difficiles.

Deux personnes ont perdu leur emploi chez nous. On doit se restructurer pour assurer la survie de l’organisation.

Julien Guillot, curé de la paroisse Saint-François-de-Laval

Dans ce contexte, impossible de continuer d’entretenir l’église Saint-Charles-de-Limoilou.

Dans 5 ans, je ferme la paroisse si on continue à payer ces montants de notre poche, déplore Julien Guillot.

Une requalification en cours

Depuis 2015, un organisme à but non lucratif, Espaces d’initiatives, travaille à l'élaboration d'un plan de sauvegarde de l’église à long terme.

Les initiateurs du projet souhaitent transformer l’ancien lieu de culte en laboratoire d’innovations sociales afin de soutenir des projets portés par des acteurs locaux.

La Fabrique de la paroisse Saint-François-de-Laval estime avoir fait sa part en assumant les frais d’entretien de l’édifice depuis 8 ans.

Comme Espaces d'initiatives n’est pas en mesure de voler de ses propres ailes, la Fabrique se dit maintenant ouverte à une reprise du site par un promoteur immobilier.

On est ouvert à toute proposition qui va respecter le patrimoine, qui va le garder à Limoilou et le mettre en valeur pour le milieu, précise l’abbé Julien Guillot.

Des citoyens choqués

On est très déçu, laisse tomber le cofondateur et coordonnateur d'Espaces d'initiatives, Édouard-Julien Blanchet.

Une campagne de financement devait être lancée cet automne pour amasser 10 millions de dollars afin de mener à terme les travaux de réfection de l'église.

Or, la pandémie est venue chambouler les plans.

On ne demande pas grand chose à la Fabrique, seulement de chauffer le bâtiment et de l'assurer. Ce n'est pas trop demander, plaide-t-il.

Édouard-Julien Blanchet accuse l’Église catholique de Québec de demeurer les bras croisés dans ce dossier.

Il y a des acteurs, comme le diocèse, qui doivent se demander ce qu’ils veulent pour nos églises, tonne-t-il. Ce sont les gens de Québec qui les ont payés ces églises!

M. Blanchet est catégorique: la réalisation d’un projet immobilier à l’intérieur de l’église Saint-Charles-de-Limoilou n’est pas compatible avec une véritable requalification de l’édifice au profit de la communauté.

Des millions en travaux

L’église Saint-Charles-de-Limoilou figure sur la liste des 8 sites à valeur patrimoniale exceptionnelle que la Ville de Québec souhaite préserver sur son territoire.

L’été dernier, une aide financière de 2,1 millions de dollars a même été approuvée par le conseil municipal afin de restaurer la toiture et la ferblanterie des clochers.

Pandémie ou pas, l'abbé Julien Guillot doute de la viabilité d'une campagne de financement qui permettrait de récolter 10 millions supplémentaires.

Pour lui, l’arrivée de nouveaux investisseurs est la seule solution pour sauver l’église.

Il faut des nouveaux capitaux, des personnes ou des promoteurs, peu importe, croit-il.

Mobilisation citoyenne

La possible mise en vente de l'église pousse des organismes du quartier à créer un comité pour la sauvegarde du bâtiment.

Des représentants du conseil de quartier du Vieux-Limoilou, de la Société historique de Limoilou et d'Espaces d’initiatives vont tenter de trouver des solutions pour assurer la pérennité de la bâtisse. Ils invitent la population à participer à une rencontre citoyenne au début du mois d'octobre.

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