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Un député vert lance un message d’unité aux communautés linguistiques

Une image d'un homme avec des lunette, avec une toile d'ocean derrière lui et un tableau de la déportation des acadiens.

En 2019, le député de Kent-Nord Kevin Arseneau avait proposé la création d’un comité sur les langues officielles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La question linguistique est en train de devenir incendiaire au Nouveau-Brunswick depuis l’élection d'un gouvernement progressiste-conservateur majoritaire le 14 septembre. Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord, lance mercredi un message d’unité aux communautés.

Ce dernier croit que le discours du « melting pot », qu’il qualifie comme la base du problème, existe depuis trop longtemps sur la scène politique néo-brunswickoise.

On est très différents, puis c’est très bien, affirme le député vert, en évoquant les différentes communautés culturelles et linguistiques de la province. L’unité se fait dans la diversité.

Kevin Arseneau estime qu’il est primordial que les Premières Nations, les francophones, les anglophones et les nouveaux arrivants se sentent écoutés, compris, et qu’ils se sentent bien aussi.

Je crois que c’est très important pour la classe politique d’avoir ce discours rassembleur et d’arrêter de jeter de l’huile sur le feu, conclut le député de Kent-Nord.

L'huile sur le feu

C’est que déjà lundi soir, un grand nombre de francophones de la province avait la mèche courte en constatant qu’un seul francophone de la province faisait partie du nouveau gouvernement en place pour les quatre prochaines années, mené par un unilingue anglophone.

Le chef du Parti progressiste-conservateur Blaine Higgs face aux caméras.

Le chef du Parti progressiste-conservateur Blaine Higgs, le 14 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Blaine Higgs semble toutefois l’avoir enflammé mardi, lorsqu’il a affirmé que les libéraux pourraient faire élire des abat-jours dans le Nord.

Le premier ministre a aussi évoqué que ce n’est pas lui qui a un problème avec le Nord, c’est le Nord qui a un problème avec lui.

Depuis, les médias sociaux grondent dans la province du côté des locuteurs francophones et plusieurs experts ont dit que la province n’a jamais été aussi divisée.

Il faut qu’il commence à écouter la population, dit Kevin Arseneau. On a un rôle et une responsabilité en temps que politiciens, en faisant partie de la classe politique, d’être rassembleurs, d’être à l’écoute des différentes communautés.

Je ne crois pas que le premier ministre a nécessairement une aversion envers le Nord ou envers la communauté acadienne, mais il y a définitivement une incompréhension.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord

Il comprend très mal les réalités du nord de la province, et je pense qu’il comprend aussi très mal la réalité de la communauté francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick, estime Kevin Arseneau. Je pense qu’il y a quand même une ouverture, mais c’est nécessaire de l’éduquer encore à ce sujet-là.

Pour Kevin Arseneau, cette éducation est un travail collectif. La société civile a un rôle à jouer, mais aussi la classe politique [...], mais surtout, c’est un effort de la part de M. Higgs et de son gouvernement d’être à l’écoute de la population.

Ce dernier indique que cela fait partie du rôle du politicien d’arriver à réconcilier les différents groupes, les différentes demandes et les différentes revendications.

L’Ultimatum de la SANB

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a lancé un ultimatum au gouvernement Higgs de se pencher sur certains enjeux de la province.

La SANB a une mission de revendications des droits des Acadiens et des Acadiennes, affirme Kevin Arseneau. Je comprends l’escalade des moyens de pression, mais deux jours après l’élection, je ne crois pas qu’on en est rendus là.

Selon l’homme politique, la SANB doit jouer son rôle de chien de garde tout en s’assurant d’entretenir de bonnes relations avec le gouvernement pour pouvoir faire du lobbying auprès de la communauté acadienne.

De l’autre côté, il ne faut pas non plus se laisser marcher sur les pieds, ajoute-t-il.

Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB en entrevue par vidéoconférence.

Le président de la SANB n'exclut pas d'avoir recours à la désobéissance civile si son ultimatum n'est pas entendu par les progressistes-conservateurs. Il ne précise toutefois pas quel genre d'actions pourraient être entreprises.

Photo : Radio-Canada

Kevin Arseneau a été président de la SANB d’octobre 2016 à septembre 2017. En tant qu’ancien président, il dit pouvoir comprendre l’impatience de certains groupes qui se disent ne pas être écoutés.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a décidé de changer de carrière.

Lorsque j’étais président de la SANB, c’est exactement pour cette raison-là que j’ai décidé de faire le saut en politique, parce que je trouvais qu’il y avait très peu d’écoute à Fredericton.

Une invitation pour le premier ministre

Le député de Kent-Nord a lancé une invitation à Blaine Higgs mercredi matin pour un voyage éducationnel pour essayer de faire comprendre au premier ministre les différentes réalités.

Blaine Higgs n’a pas répondu à son invitation. Je souhaite sincèrement qu’il réponde à mon appel, moi je le ferai de tout cœur et de toute sincérité, dit Kevin Arseneau.

Kevin Arseneau, député vert à la législature du Nouveau-Brunswick posant devant son tracteur. Il a fondé une coopérative agricole.

La circonscription de Kevin Arseneau se situe dans une région rurale de la province du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Thierry Laflamme

Je représente une communauté rurale où les quatre communautés travaillent bien ensemble, explique Kevin Arseneau, qui fait allusion aux Acadiens, aux Autochtones, aux anglophones et aux nouveaux-arrivants de la province.

Le député vert souhaite ardemment faire le pont entre le gouvernement en place et les communautés rurales du Nord francophone. Je suis bien placé pour faire ce pont-là, dit Kevin Arseneau, qui estime avoir des relations positives au sein du gouvernement et de l’opposition.

On n’est pas tous pareil et c’est correct, c’est ce qui fait notre force [...] C’est la richesse du Nouveau-Brunswick, il faut faire tomber les solitudes.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord

Les prochaines semaines permettront de voir quelles places aura au sein du parti la question linguistique.

Avec les informations de Karine Godin

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