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22 septembre 1970 : Hair « laisse entrer le Soleil » à la Comédie-canadienne

Une scène de la comédie musicale Hair présentée au théâtre de la Comédie-canadienne à Montréal. On y voit notamment Sébastien qui joue le rôle de Berger.

À la fin des années 1960, la comédie musicale Hair devient un des symboles de la contre-culture, qui conteste les valeurs traditionnelles de la société américaine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 50 ans, Hair, une comédie musicale qui a fait fureur un peu partout dans le monde, était présentée au théâtre de la Comédie-canadienne à Montréal. Ce spectacle a beaucoup été commenté à l’époque sur les ondes de Radio-Canada.

Sur les planches du théâtre de la Comédie-canadienne…

Depuis avril 1968, à Broadway, où se trouvent la plupart des plus prestigieux théâtres de New York, la comédie musicale Hair est à l'affiche.

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Format 60, 7 août 1970

À Montréal, Hair est traduit en français par Gratien Gélinas et Gil Courtemanche. La comédie musicale est présentée sur la scène de la Comédie-canadienne dès le 22 septembre 1970.

Le journaliste Louis Martin propose un reportage, le 7 août 1970, à l’émission Format 60, sur cette version du spectacle présenté sur la rue Sainte-Catherine.

Louis Martin interroge des candidats, plusieurs très chevelus, qui se présentent aux auditions de sélection des comédiens qui interpréteront Hair à la Comédie-canadienne.

On reconnaît entre autres Luc Plamondon et Jacques Thisdale qui parlent de la façon dont le spectacle devrait être interprété à Montréal.

Louis Martin interviewe aussi dans cet extrait Michel Gélinas qui est un des principaux responsables du recrutement des comédiens.

On constate dans le reportage par ailleurs que ces auditions sont extrêmement courues. Il y avait plusieurs raisons à cela.

… une comédie musicale inspirée par la contre-culture

Hair constitue un énorme succès musical à New York et ailleurs dans le monde.

Sa popularité vient du fait que c’est une véritable bombe lancée par le monde du spectacle à la face de la société américaine.

On y raconte l’histoire de Claude, un jeune fermier de l’Oklahoma, mobilisé pour combattre dans la guerre du Vietnam.

En passant par New York, il fait la connaissance d’un groupe de hippies opposés à cette guerre.

Ils initient Claude aux drogues et à un mode de vie alternatif où l’amour libre et une quête de la spiritualité priment.

Claude finit par rejoindre son bataillon et va faire la guerre en Asie.

Plusieurs des chansons de cette comédie musicale, Aquarius/Let the Sunshine in, par exemple, deviennent des symboles de cette époque.

Celle de la contre-culture adoptée par une jeunesse bigarrée et chevelue qui conteste plusieurs valeurs de la société américaine.

Le pacifisme qui s’oppose à la guerre du Vietnam, la quête d’une spiritualité et d’une sexualité moins rigide et corsetée, avoir sa place au Soleil, sont des thèmes qui traversent toute l’œuvre.

Certains voient même dans Hair la recherche d’une nouvelle religion.

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5 D, 11 octobre 1970

Le journaliste Jean-Rock Roy interroge sur cette question Michel Campbell, professeur de l’histoire des religions à l’Université de Montréal.

L’entrevue est présentée à l’émission 5 D le 11 octobre 1970.

Michel Campbell décèle dans Hair plusieurs dimensions religieuses.

Il y a dans le spectacle une théologie sauvage sous-jacente, dit-il.

Plusieurs personnages estiment insignifiantes les religions officielles.

Ils cherchent à les remplacer par des croyances puisées dans diverses religions pratiquées en Orient.

Mais de là à parler d’une nouvelle religion, il y a une marge. 

Pour Michel Campbell, la nouvelle religion qui semble poindre dans Hair est incomplète et encore incohérente.

Le 22 septembre 1970, Hair est donc présentée au théâtre de la Comédie-canadienne.

Le 29 septembre suivant, l’émission Les 2 D présente un vox pop du journaliste Jacques Fauteux effectué avec des gens qui viennent d’assister au spectacle.

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Plusieurs spectateurs interrogés ont vu le spectacle à quelques reprises, que ce soit à Montréal ou ailleurs. La critique est généralement élogieuse.

Certaines personnes trouvent cependant des aspects de la comédie musicale malsains.

D’autres considèrent comme déconnecté de leur réalité d’adultes le message véhiculé par les acteurs.

On accepte cependant que ce soit là le point de vue d’une partie de la jeunesse qui a le droit de s’exprimer.

Hair est de nouveau représentée au Spectrum de Montréal en novembre 1985.

L'œuvre aura marqué la jeunesse de la fin des années 1960.

Hors de la scène et sur le grand écran, le cinéaste Milos Forman a proposé son interprétation de Hair en 1979.

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