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Les hardes de caribous de Jasper pourraient disparaître

Un caribou forestier.

Si rien n'est fait, les caribous des bois pourraient disparaître du parc national Jasper, en Alberta.

Photo : Gilles Morin

Radio-Canada

Dans le parc national Jasper, la population de caribous est à son niveau le plus bas, ce qui laisse craindre sa disparition locale en l’absence d’intervention humaine.

Sur les quatre hardes de caribous des bois dans le parc national, la harde de Maligne a totalement disparu, celle d'À la Pêche vit en partie à la limite nord du parc, et les deux autres sont en mauvaise posture, selon le site de Parcs Canada. La harde de Tonquin compte environ 45 individus, et celle de Brazeau, moins de 15.

Ces chiffres inquiètent Carolyn Campbell, spécialiste de la conservation des espèces à l’association Alberta Wilderness (AWA). L’une des choses importantes pour les caribous, c’est le nombre de femelles capables de procréer, explique-t-elle, en précisant qu'il y en a moins de 10 dans chacune des deux hardes.

Cela signifie que la harde ne peut pas se rétablir d’elle-même et qu’elle est très vulnérable aux catastrophes et aux revers soudains.

Selon Mme Campbell, ce phénomène s’explique de plusieurs façons. La première concerne la population wapitis et de loups, qui avaient artificiellement augmentées dans les aires de répartition du caribou à la fin du siècle dernier.

À la population de prédateurs s’ajoute la présence des pistes de ski de fond et de raquettes, ainsi que des routes déneigées, qui ont été des chemins de choix pour que le prédateur chasse les cervidés. La destruction de l’habitat a également contribué à la situation.

Si les loups sont aujourd’hui moins nombreux et ne représentent plus une menace pour la population de caribous restante, les troupeaux sont toutefois devenus trop petits pour se rétablir, note Carolyn Campbell.

Une version précédente de ce texte laissait entendre que la population de loups était toujours trop élevée et représentait une menace pour les caribous. Après l’entrevue accordée à l’émission Radio Active, Mme Campbell a toutefois précisé que la situation a changé depuis le début des années 2000 et que c’est aujourd’hui le petit nombre qui nuit au rétablissement des troupeaux, NDLR.

Carolyn Campbell estime aussi que les décisions du parc sur l’utilisation de l’espace n’ont pas toujours été en faveur de l’animal, notamment au 20e siècle, lorsque les autorités ignoraient que les caribous des bois devaient migrer à l’hiver, dans les contreforts.

Ces espaces en dehors de nos parcs nationaux ont été fragmentés par les routes, les barrages, les mines et d’autres industries, avance-t-elle. Pour ces raisons, les caribous ont donc perdu leur habileté à migrer de façon sécuritaire et ont dû rester dans les parcs nationaux toute l'année.

Un espoir subsiste

Pour autant, il y a espoir selon Carolyn Campbell. Chaque mois, et probablement chaque semaine, a de l’importance pour ces populations, dit-elle.

Parcs Canada évalue présentement la possibilité d'établir un programme d’élevage de caribous pour faire grossir les hardes du parc, selon son site Internet. Par le passé, l’agence fédérale avait déjà pris la décision de réduire l’accès aux pistes de ski et d’abaisser les limitations de vitesse pour aider les populations de caribous.

Carolyn Campbell, de son côté, exhorte le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, à faire sa part.

Il est urgent d’agir pour rétablir ces populations afin que les générations futures sachent qu'il y aura des caribous à Jasper pour les émerveiller et les inspirer, dit-elle, ajoutant qu'elle espère qu’avec un programme de protection la population de caribous n’aura plus rien de préoccupant d’ici 10 à 20 ans.

Avec les informations de l'émission Radio Active, de CBC

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