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Abandon des tarifs sur l’aluminium : soulagement sur la Côte-Nord

Coulage de lingots d'aluminium à l'Aluminerie Alouette, à Sept-Îles.

Coulage de lingots d'aluminium à l'Aluminerie Alouette, à Sept-Îles (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’abandon des tarifs douaniers sur l’aluminium canadien est accueilli avec soulagement sur la Côte-Nord. Plusieurs élus et des représentants syndicaux ne cachent toutefois pas leur méfiance envers le gouvernement américain.

Mardi, Washington annonçait qu'il renonçait à imposer des tarifs douaniers sur l'aluminium canadien. Moyennant une baisse des exportations d'ici 2021, la Maison-Blanche appliquera de nouveau le principe du libre-échange.

La nouvelle est bien reçue sur la Côte-Nord, notamment par le président du syndicat national des employés de l'aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens.

On est très contents de cette nouvelle. Ce qui nous inquiétait surtout, c'était au niveau des investissements qui pouvaient être faits dans notre usine. Vous savez, en mettant une taxe comme ça sur le métal qu'on envoie aux États-Unis, ça peut empêcher des projets d'investissement, vu le prix qu'ils ont à payer pour envoyer le métal aux États-Unis, affirme-t-il.

Le président du Syndicat des employés de l'aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens

Michel Desbiens est président du syndicat national des employés de l'aluminium de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada

Méfiance envers l’administration Trump

Pour un autre représentant syndical, le directeur québécois de Syndicat des Métallos, Dominic Lemieux, ce revirement de situation est une agréable surprise.

C’était de la pure improvisation de la part du gouvernement américain. C’était une mesure qui était purement électoraliste.

Dominic Lemieux, directeur québécois des Métallos
L'adjoint au directeur québécois des métallos, Dominic Lemieux

Le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Dominic Lemieux (archives)

Photo : Radio-Canada

M. Lemieux invite aussi les gouvernements, tant celui du Québec que celui du Canada, à investir dans le secteur de l’aluminium.

Cette semaine, on était avec le cabinet du ministre [de l'Économie] Fitzgibbon pour essayer de trouver des solutions vers l’avenir. [...] Nos alumineries, dans 10 ans elles vont être où?, se questionne M. Lemieux, qui croit que le secteur doit être soutenu pour demeurer compétitif.

De son côté, le maire de Sept-Îles reçoit cette nouvelle avec plus de méfiance. Bien qu'il salue la décision de Washington, Réjean Porlier craint que la question des tarifs douaniers sur l'aluminium canadien ne soit pas tout à fait réglée. À moins de deux mois des élections américaines, ce dernier suit avec attention la course présidentielle.

Réjean Porlier au micro de Radio-Canada

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

J'ose espérer que c'est la bonne fois, que les mises au point ont toutes été faites et que ce n'est pas juste le temps que M. Trump change d'idée. Je pense que tout le monde est victime de ça un peu partout dans le monde. Le Canada ne fait pas exception. On va tous être très attentifs à l'élection américaine, indique M. Porlier.

Un soutien accru demandé pour les transformateurs

Au Bloc québécois, on se dit soulagé de la nouvelle, mais on demande un soutien accru aux transformateurs d’aluminium québécois.

Dans un communiqué, la députée de Manicouagan, Marilène Gill, indique que malgré la levée des tarifs, le gouvernement doit assurer un soutien financier sérieux à l’industrie de l’aluminium pour la rendre à plus compétitive, non seulement en raison de la concurrence, mais aussi de la crise économique qui sévit.

Marilène Gill, députée fédérale de Manicouagan tout sourire lors des dernières élections, en 2019.

Marilène Gill, députée fédérale de Manicouagan (archives)

Photo : Radio-Canada

C’est la deuxième fois en deux ans que l’administration Trump tente d'imposer des tarifs sur l’aluminium canadien.

La conclusion du nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique avait mis un terme au premier litige amorcé en 2018.

Le litige actuel, déclenché à peine un mois après l'entrée en vigueur de l'entente de libre-échange, le 1er juillet dernier, s'est conclu alors qu'Ottawa s'apprêtait à imposer des tarifs douaniers sur des produits américains.

Avec les informations de Nicolas Lachapelle

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