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Des leçons à tirer des élections au Nouveau-Brunswick durant la COVID-19

Kim Poffenroth.

La directrice générale des élections au Nouveau-Brunswick juge que 28 jours ne suffisent pas pour bien organiser des élections imprévues, particulièrement dans le contexte de la pandémie, et qu’elle compte recommander des changements législatifs.

Photo : CBC/Graham Thompson

Radio-Canada

La directrice générale des élections du Nouveau-Brunswick, Kim Poffenroth, n’a pas eu beaucoup de temps pour réfléchir aux leçons à tirer des élections générales de lundi, les premières élections provinciales au Canada tenues durant la pandémie, mais une première conclusion lui apparaît évidente.

Bannière permettant de se rendre sur le site Élections Nouveau Brunswick 2020

Selon elle, 28 jours ne suffisent pas pour organiser des élections, même dans de meilleures circonstances. Mme Poffenroth dit s’attendre à une recommandation pour que l’Assemblée législative envisage d’allonger la durée minimale des élections imprévues.

À l’heure actuelle, la loi stipule que les campagnes électorales ont une durée minimale de 28 jours et une durée maximale de 38 jours.

Le personnel de tous les bureaux de scrutin qu’elle a visités durant les élections, sans exception, lui a dit que 28 jours ne suffisent pas pour organiser des élections imprévues, explique-t-elle.

Un malentendu à Sackville

Natalie Comfort, 20 ans, avait tout ce qu’il lui fallait pour exercer son droit de vote. Elle avait son permis de conduire comme pièce d’identité et deux documents prouvant qu’elle louait un logement dans la circonscription de Memramcook-Tantramar. La jeune femme avait même apporté son propre couvre-visage et accepté de se désinfecter les mains en arrivant au bureau de scrutin de Sackville.

Mais, dit-elle, lorsqu’on lui a posé des questions sur sa résidence ordinaire, on lui a dit qu’elle ne pourrait pas voter.

Natalie Comfort.

Natalie Comfort a dû insister et défendre sa cause pour pouvoir voter à Sackville. Un malentendu a empêché les étudiants de voter pendant quelques heures.

Photo : Gracieuseté/Natalie Comfort

Elle n’était pas la seule dans cette situation.

Plus d’une centaine d’étudiants de l’Université Mount Allison ont aussi entendu le personnel du bureau du scrutin leur dire qu’ils ne pouvaient pas voter, selon le président de leur association, Jonathan Ferguson. Il affirme que des étudiants ont même essayé plusieurs fois et qu’on leur a fait faire demi-tour chaque fois. Certains, dit-il, ont renoncé à voter, par frustration.

Le malentendu au bureau de scrutin a duré quelques heures et il a été résolu vers 17 h 30, après plusieurs appels téléphoniques, explique Kim Poffenroth. Elle ne sait pas combien d’étudiants n’ont pu voter en fin de compte.

Selon la loi, les étudiants provenant de l’extérieur de Nouveau-Brunswick peuvent voter lors d’une élection s’ils y sont de retour pour leurs études. Si ce sont de nouveaux étudiants qui arrivent dans la province pour la première fois, ils peuvent voter s’ils résident dans la circonscription depuis au moins 40 jours.

Jonathan Ferguson.

Des dizaines d'étudiants n'ont pu exercer leur droit de vote à Sackville, déplore le président de l'association des étudiants de l’Université Mount Allison, Jonathan Ferguson.

Photo : Gracieuseté/Jonathan Ferguson

Le fait de retourner à la maison pendant l’été ne rend pas inadmissibles les étudiants qui reviennent dans la province après leurs vacances, souligne Mme Poffenroth. Ils n’ont qu’à prouver que leur résidence ordinaire se trouve dans la circonscription.

Le malentendu au bureau de scrutin lundi, précise-t-elle, était le suivant : le personnel appliquait par erreur la règle des 40 jours aux étudiants qui étaient de retour dans la circonscription.

Natalie Comfort a défendu sa cause et elle a pu voter en fin de compte, mais Jonathan Ferguson estime que le malentendu risque d’entraîner des conséquences à long terme. Il dit que le taux de participation des jeunes aux élections est déjà faible et que ceux qui n’ont pu voter cette fois-ci seront peut-être hésitants à l’avenir.

Les électeurs ont profité des solutions de rechange

Durant la campagne, le bureau de la directrice générale des élections proposait aux électeurs de voter par la poste, par anticipation ou au bureau de leur directeur de scrutin, le tout afin d’éviter une congestion dans les bureaux de vote le jour des élections.

Le message a été bien reçu, selon Mme Poffenroth. Plus de la moitié des électeurs qui ont voté ne l’ont pas fait à un bureau de vote lundi. Les électeurs aux bureaux de vote n’ont pas eu à attendre longuement en faisant la queue pour voter. Elle qualifie cela de victoire pour Élections NB.

Les gens font la queue en restant à deux mètres les uns des autres.

Une trentaine de personnes attendaient l’ouverture de ce bureau de vote à Dieppe lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Mais dans le cas des personnes qui voulaient voter par la poste, il fallait s’y prendre tôt pour que leur bulletin de vote arrive à destination à temps. Ces électeurs devaient donc décider pour qui voter en pleine campagne avant même de pouvoir entendre les débats des chefs. Et selon les sondages, des électeurs changeaient encore d’avis en fin de campagne.

Kim Poffenroth croit que les conseils de voter tôt et en sécurité n'ont pas nui au processus démocratique. Elle rappelle que les électeurs indécis pouvaient toujours attendre le jour des élections pour voter.

Augmentation « exponentielle » du vote par la poste

Élections NB a reçu 376 882 bulletins de vote. Environ 63 000 d'entre eux avaient été expédiés par la poste ou provenaient des bureaux des directeurs du scrutin ou d’établissements de soins de longue durée. De plus, environ 133 000 électeurs ont voté par anticipation.

Des changements ont été effectués cette fois-ci pour faciliter le vote par la poste, explique Mme Poffenroth. Cette méthode est habituellement utilisée par les citoyens qui se trouvent à l’extérieur de la province le jour des élections à cause de leur emploi ou de leurs études. Le nombre exact d’électeurs qui ont employé cette méthode cette fois-ci n’est pas encore déterminé, mais Mme Poffenroth fait état d'une augmentation exponentielle.

Les isoloirs à l'intérieur d'un bureau de scrutin.

Environ 133 000 électeurs ont voté par anticipation cette fois-ci au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Habituellement, souligne-t-elle, seuls quelques électeurs votent au bureau de leur directeur du scrutin, mais cette fois-ci ces bureaux dans chaque circonscription ont accueilli des centaines d’électeurs.

Les dispositions de la loi en ce qui concerne le vote par la poste sont prévues pour le faible recours traditionnel à cette méthode, ajoute la directrice générale des élections. Elle estime qu’il faudrait aussi réviser cela en vue des prochaines élections, mais elle reconnaît qu’on ne sait pas si les électeurs vont continuer de voter en grand nombre par la poste lorsque la pandémie de la COVID-19 sera terminée.

Il y aura probablement plusieurs autres leçons à tirer de ces premières élections qui se sont déroulées dans le contexte de la pandémie et qu’il en sera question lorsque Mme Poffenroth rencontrera, prochainement, des intervenants des 49 circonscriptions pour faire le bilan.

Avec les renseignements de Mia Urquhart, de CBC

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