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Après la surprise, la mobilisation des membres pour sauver MEC

Le siège social de Mountain Equipment Co-op.

L’Association des coopératives de la province demande à la C.-B. et à Ottawa de s’assurer du respect de la Loi sur les coopératives avant d'accepter la transaction.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Sarah Xenos

Au lendemain de l’annonce de la vente de la compagnie vancouvéroise Mountain Equipment Co-op, des membres se mobilisent dans l’espoir de sauver la coopérative canadienne de vente d'articles de plein air alors que d’autres dénoncent une mauvaise gestion qui remonterait à plusieurs années.

La nouvelle est arrivée comme un choc pour le membre de longue date et candidat aux dernières élections du conseil d’administration, Steven Jones. Comme beaucoup, il déplore ne pas avoir été consulté a priori.

Ultimement, nous possédons cette organisation, c’est à tous les membres, alors l’idée que l’entreprise puisse être vendue sans nous consulter est vraiment étrange.

Steven Jones, membre, MEC

Toutefois, puisque la coopérative a dû se placer à l’abri de ses créanciers, la procédure ne requiert pas nécessairement l’accord des membres, nuance un avocat en droit commercial pour la firme Murphy & Cie, Max Wolinsky.

Cela n’a pas empêché Paul Finch de lancer une pétition exigeant la démission du conseil d’administration et l’annulation complète de la transaction. Jusqu’à présent, plus de 8500 personnes y ont ajouté leur signature.

Nous avons beaucoup d’appui pour élire un nouveau conseil, dit-il, ajoutant ne fermer la porte à aucune option, y compris une action en justice.

Un groupe Facebook a également été créé afin de discuter de l’avenir de la coopérative et des choix qui s’offrent aux membres pour sauver l’entreprise.

Ces démarches semblent toutefois vaines aux yeux de l’avocat Max Wolinski qui ne voit pas comment cette pétition pourra avoir un impact sur le processus de transition.

Pour autant que je sache, il n’y a pas de véritables force ou influence derrière cette pétition des membres, souligne-t-il.

Un problème qui n'est pas nouveau

Colin (nom d'emprunt) a longtemps travaillé pour MEC. L’homme, qui souhaite garder l'anonymat par crainte de représailles de son employeur actuel, explique que la coopérative a longtemps été un chef de file dans le domaine de la vente au détail d'articles de plein air.

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent sa précarité financière, dont un problème du système d’exploitation numérique qui perdure depuis une refonte qui devait améliorer son fonctionnement et de mauvaises décisions de gestion.

Pour moi, le MEC que j’ai connu et que j’ai joint il y a 25 ans est parti depuis longtemps, soutient-il.

Avec les difficultés financières sont également venues au fil des ans plusieurs restructurations accompagnées de vagues de mises à pied. Ils ont mis à pied beaucoup de cerveaux de MEC, déplore Colin en soulignant que ces gens auraient pu aider à sauver l’entreprise.

J’ai vécu les belles années, j’ai appris des meilleurs, malheureusement, j’ai aussi vécu son déclin.

Colin
 L'intérieur d'un magasin MEC.

La force de la coopérative était son modèle qui différait des autres entreprises, explique Colin.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Le professeur de finances à l’Université d’Ottawa, Samir Saadi, croit que la vente de la coopérative s’explique notamment par une trop grande compétition de la part des géants comme Amazon et par une mauvaise stratégie de vente.

Cette compagnie a pris beaucoup de temps pour s’adapter à la concurrence et pour innover, estime le professeur.

Il ne faut pas s’alarmer lorsqu’une compagnie américaine achète une compagnie canadienne, assure-t-il, en soulignant que l’inverse est également commun.

Un coup pour les coopératives

La directrice générale de l’Association des coopératives de la Colombie-Britannique, Andrea Harris, s’inquiète de l’impact que pourrait avoir la vente de MEC sur la perception que les gens ont du modèle coopératif.

Nous ne voulons pas que ça vienne ternir la réputation des coopératives. C’est un modèle qui fonctionne et une coopérative en difficulté ne veut pas dire qu’elles le sont toutes, affirme-t-elle.

Avec des informations de Susana DaSilva et Zahra Premji

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