•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Sénat de la Laurentienne appuie le rétablissement des admissions dans 17 programmes

Des étudiants marchent vers l'entrée de l'édifice.

Dans sa réunion de mardi après-midi, le Sénat de l'Université Laurentienne a voté en faveur d'une motion soumise par le syndicat des professeurs réclamant le rétablissement des admissions dans les 17 programmes où elles ont récemment été suspendues.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

À 24 voix contre 17, le Sénat de l’Université Laurentienne a voté mardi après-midi en faveur d’une motion du syndicat des professeurs (APPUL) réclamant le rétablissement des admissions dans les 17 programmes d’études où elles ont été récemment suspendues.

Dans sa motion, l’APPUL – représentée au Sénat par son président, Fabrice Colin – réclamait la reprise des admissions pour des raisons procédurales, notamment parce que l'objet de cette décision du vice-président académique et provost intérimaire n'avait pas été porté devant le Sénat, le COPA ou tout autre comité du Sénat pour discussion et approbation

Or, la Loi sur l’Université Laurentienne de Sudbury accorde au Sénat la responsabilité et le pouvoir exclusifs de diriger la politique éducative de l’Université, y compris [...] l’élaboration de règlements concernant l’admission des étudiants, peut-on lire dans le document. 

L’APPUL a d'ailleurs reçu un avis juridique selon lequel l’administration de l’Université n’a pas l’autorité de suspendre des admissions à des programmes universitaires sans l'approbation du Sénat. 

Dans une déclaration émise mercredi, le président de l'APPUL, Fabrice Colin, indique qu'il est encourageant de voir que le Sénat, qui est composé de membres du corps professoral, de représentants des étudiants et d'administrateurs dirigeants, a réaffirmé les pouvoirs et les obligations que lui confère la Loi de 1960 établissant l'Université Laurentienne.

Nous attendons avec impatience que les étudiants soient admis dans le programme de leur choix.

Fabrice Colin, président de l'Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne

Selon un porte-parole de l'Université Laurentienne, l'établissement prend note de la recommandation du Sénat.

Le Comité de la planification académique (COPA), un sous-comité du Sénat, entreprendra ses travaux et discutera de ces programmes dès vendredi, écrit-il dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Plusieurs inquiétudes chez des professeurs

La motion soumise par l’APPUL a été adoptée au terme d’environ trois heures de discussions vigoureuses entre les membres du Sénat. Ceux-ci ont aussi mis en lumière de multiples inquiétudes chez de nombreux professeurs de l’Université Laurentienne.

La direction de l'institution soutient que les programmes touchés par sa récente mesure enregistraient un nombre d’inscriptions très bas. Le professeur de philosophie à l’Université de Sudbury, Réal Fillion, estime néanmoins qu’il ne s’agit pas d’une raison [valable] pour suspendre des admissions.

Les spécialisations font partie de l’éducation supérieure que fournit une université. C’est une voie qui est gardée ouverte pour les étudiants. [...] Le problème ici est une vision très étroite sur la manière dont les programmes devraient être rendus disponibles à la Laurentienne.

Réal Fillion, professeur de philosophie à l’Université de Sudbury
Affiche à l'entrée de l'Université Laurentienne de Sudbury où on voit le nom et le logo de l'établissement.

L'Université Laurentienne a suspendu les admissions à 17 programmes dont 9 en français pour l'année universitaire 2020-2021.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La professeure d’architecture Shannon Bassett s’est dite préoccupée par les retombées non anticipées de la suspension des admissions, en particulier pour les étudiants de l’École d’architecture McEwen.

Nous sommes candidats cette année à l’agrément auprès du Conseil canadien de certification architecturale [...] et les critères indiquent que nous devons fournir des opportunités aux étudiants de participer à des études générales et des cours au choix pour [avoir] une compréhension plus large du savoir humain. Nous comptons beaucoup sur les cours aux choix de la Laurentienne pour remplir ces critères, a souligné la professeure Bassett. 

Programmes pour lesquels les inscriptions sont suspendues

  • Études de l’environnement (français)
  • Environnement durable - spécialisation (français)
  • Mathématiques - spécialisation, concentration (français)
  • Musique - baccalauréat, spécialisation (anglais)
  • Langues modernes - majeure en italien
  • Théâtre - spécialisation (français)
  • Géographie - spécialisation (français et anglais)
  • Archéologie - spécialisation, majeure, concentration (anglais)
  • Baccalauréat en administration des affaires - ressources humaines (français), gestion internationale (anglais), entrepreneuriat (anglais)
  • Maîtrise en kinésie humaine (français)
  • Baccalauréat en éducation physique et santé - leadership : activités physiques de plein air (français)
  • Anthropologie - spécialisation, majeure, concentration (anglais)

La professeure de linguistique Amélien Hien a aussi exprimé ses inquiétudes.

La question que je me pose [...] [c'est] est-ce qu’on pense que les professeurs et les membres des départements qui sont touchés ne sont pas en mesure de réfléchir pour trouver des stratégies afin d’atteindre les objectifs qui sont visés puisqu’on ne nous donne même pas des objectifs clairs? On ne sait pas ce qui se cache derrière ces suspensions, a-t-elle demandé. 

Est-ce qu’on a pensé aussi aux conséquences de ces suspensions? Parce que partout dans la communauté et même au-delà de nos frontières provinciales, les gens pensent que nos programmes sont en train de fermer, ce qui peut être plus désastreux encore pour nos programmes dans un futur proche et lointain?

Amélien Hien, professeure de linguistique à l’Université Laurentienne

L’ancien vice-recteur aux études de l’Université Laurentienne, Serge Demers, a par la suite rappelé que dans plusieurs cas, ce ne sont que dans les spécialisations où les admissions ont été suspendues et que ce n’est pas comme si aucun cours ne sera plus enseigné dans ces disciplines à la Laurentienne

À son avis, il était très dangereux que les membres du Sénat s’expriment sur la motion de l’APPUL, estimant qu’il y avait toujours plusieurs éléments inconnus par le groupe et de la spéculation sur les raisons pour lesquelles les admissions ont été suspendues dans un tel programme et pas dans l’autre.

M. Demers a indiqué que le Comité de la planification académique du Sénat comptait examiner la situation de plus près le vendredi 18 septembre et fournir un rapport au Sénat. 

Le doyen de la Faculté des sciences, de génie et d’architecture, Osman Abou-Rabia, a d’ailleurs soumis une motion demandant au Sénat d’attendre le rapport dudit comité avant de voter sur la question. La proposition a été défaite. 

Des économies seulement si les suspensions sont maintenues

Lors de l’annonce de la suspension des admissions en août, l’Université Laurentienne, qui projette un déficit de 15 M$ pour l'année financière en cours, avait indiqué que la mesure était prise afin d’assurer une gestion financière responsable de l’Université.

Mardi, à une question du président de l’Association des étudiant.e.s francophones (AEF), Simon Paquette, le recteur de l’Université Laurentienne, Robert Haché, a toutefois répondu que la suspension des admissions n’aurait pas d’impact financier pour cette année

Tous les cours restent offerts, alors c’est seulement si la suspension continue dans les années futures où il y aura une réduction du nombre de cours qui sont offerts surtout dans les années antérieures avec nos spécialisations qu’il va y avoir certaines épargnes financières pour l’université, a-t-il expliqué. 

Un homme qui prononce un discours

Le recteur de l'Université Laurentienne, Robert, Haché, estime que la Laurentienne doit créer de nouveaux programmes qui attireraient davantage d'étudiants.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

La motivation est entièrement sur le service qu’on rend à nos étudiants en offrant des programmes de qualité qui intéressent les étudiants.

Robert Haché, recteur de l’Université Laurentienne

L’Association canadienne des professeur.e.s d’université (ACPPU) a récemment recommandé au recteur Haché de rétablir les admissions aux 17 programmes – dont 9 en français – estimant entre autres que la suspension pénaliserait la communauté franco-ontarienne.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !