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Analyse

L'amphithéâtre, déjà cinq ans, et puis après?

Deux fans des Nordiques à l'extérieur du Centre Vidéotron, le 12 septembre 2015.

Deux fans des Nordiques à l'extérieur du Centre Vidéotron, le 12 septembre 2015.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pas d'équipe de hockey, pas beaucoup de revenus et pas de revitalisation, l'amphithéâtre de Québec n'a pas rempli ses promesses.

En janvier 2012, le maire de Québec se rend à Pittsburgh visiter l'amphithéâtre des Penguins, construit deux ans plus tôt. L'aréna est l'un des plus modernes du circuit Bettman. Sa conception va largement inspirer le projet de Québec.

Mais il n'y a pas que cela. La revitalisation du quadrilatère aussi retient l'attention. À deux pas de l'amphithéâtre, un hôtel a ouvert ses portes pratiquement au même moment. L'endroit vibre au rythme des matchs de hockey et des spectacles prévus au calendrier. Le reste du temps, c'est plutôt tranquille.

Construits entre un vaste stationnement et un quartier ouvrier plus que centenaire, l'aréna et l'hôtel devaient être le moteur d'une relance. Mais les investissements tardent à venir.

Visite du maire de Québec de l'amphithéâtre de Pittsburgh, en janvier 2012

Visite du maire de Québec de l'amphithéâtre de Pittsburgh, en janvier 2012

Photo : Radio-Canada

Dix ans plus tard, rien n'a changé à Pittsburgh. Aucun autre bâtiment n'a levé de terre. Il y a bien un projet de construction d'un futur siège social d'une banque et l'aménagement d'une petite salle de spectacle, mais pas avant encore deux ans.

Confiant

Qu'à cela ne tienne, le maire de Québec reste convaincu à l'époque que son projet va redonner un second souffle au quartier de Limoilou. Il est tellement confiant qu'il croit que la relance va permettre de financer une partie de l'emprunt que la Ville a fait pour construire l'amphithéâtre.

La Ville estime le potentiel d'investissement immobilier à 65 millions de dollars et des revenus provenant de nouvelles taxes de 2 millions de dollars par année, dès la première année. Cela fait partie du montage financier. C'est ce qui a été présenté à la population.

Cinq ans plus tard, aucun édifice ou hôtel n'a été bâti. Ce sont donc 10 millions de dollars qui ont échappé à la Ville, selon ses prévisions. Il a fallu trouver l'argent ailleurs.

Moteur de relance

La Ville avait pourtant été prévenue que l'amphithéâtre ne pouvait pas à lui seul être un moteur de relance. Un an plus tôt, dans un rapport commandé à la firme Ernst and Young, il est écrit qu'il n'y a pas de causalité entre l'arrivée d'un nouvel amphithéâtre et le développement immobiliers en périphérie.

Il serait trompeur de prétendre qu'un nouvel amphithéâtre a, à lui seul, la capacité d'engendrer des retombées permettant de revitaliser un quartier entier

extrait du rapport Projet d'amphithéâtre multifonctionnel, Ernst and Young, août 2010

La Ville ne semble pas en avoir tenu compte.

Elle peut tout de même se consoler. Le même rapport expliquait qu'il est nécessaire d'inscrire le projet dans une réflexion plus vaste de mise en valeur du secteur. Cela prenait d'autres investissements municipaux.

Ce qu'elle a fait. La Ville a converti la Place du commerce en Grand marché et aménagé une place publique. Ne reste plus qu'à dévoiler sa vision de revitalisation du pôle Wilfrid-Hamel-Laurentienne.

On sait déjà que des millions de dollars devraient être investis dans les prochaines années pour moderniser le quartier. Les frères Trudel ont des projets pour Fleur de Lys tout comme GM Développement qui possède les terrains de l'ancien garage Giguère.

L'amphithéâtre a probablement été l'élément déclencheur de cette réflexion, mais ça aura pris plus de temps que prévu pour tout mettre en oeuvre.

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