•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un vaste réseau d’arnaque amoureuse démantelé jusqu’en Outaouais

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité

La Sûreté du Québec a procédé au démantèlement d'un vaste réseau d'arnaque amoureuse sur Internet à Québec, Montréal et en Outaouais. (archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

La Sûreté du Québec (SQ) a procédé mardi au démantèlement d'un vaste réseau d'arnaque amoureuse. Ce dernier avait des ramifications jusqu'en Outaouais.

Les escrocs ont fait au moins une cinquantaine de victimes dans les régions de Québec, Montréal et de l'Outaouais, à qui ils ont dérobé une somme totale de 2,3 millions de dollars.

Ce sont principalement des personnes vulnérables, ou âgées, qui se sont laissées séduire sur des sites de rencontres ou sur les réseaux sociaux.

Ce sont des fraudeurs qui s'établissent de faux profils sur les réseaux de rencontres, les réseaux sociaux. D'abord ils établissent une relation de confiance qui devenait par la suite carrément une relation amoureuse virtuelle, et lorsque ce lien de confiance était établi, dans certains cas on parle de plusieurs semaines d'échange, à ce moment-là, une urgence médicale arrivait, donc le fraudeur demandait de l'argent, a expliqué la porte-parole de la SQ, Audrey-Anne Bilodeau.

Une femme aurait perdu à elle seule 350 000 dollars dans ce stratagème.

Une douzaine d'arrestations

La SQ a procédé à une douzaine d'arrestations mardi en Outaouais, mais aussi dans les régions de Montréal et de Québec.

Elles ont comparu mardi après-midi et s'exposent à des accusations de fraude et de recel.

Le cerveau présumé du groupe, Sogli Espoir Kouassi et deux de ses principaux complices sont originaires de la Côte d'Ivoire. Six autres suspects doivent aussi être arrêtés par la police là-bas.

Victimes vulnérables

Les victimes sont principalement des personnes aînées, qui seraient de plus en plus ciblées par ce type d'arnaque.

Je ne suis pas surprise que ça arrive, parce que déjà avec les aînés, on a de gros problèmes de fraude. On a des aînés qui sont vulnérables, qui sont seuls et qui sont encore plus susceptibles de faire des connaissances comme ça. Et une fois qu’ils sont engagés, j’imagine que c’est difficile de s’en sortir, a commenté la présidente de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada, Elizabeth Allard.

Professeure à l’Université d’Ottawa et spécialisée dans le vieillissement, Martine Lagacé constate, elle aussi, que les personnes âgées sont un terrain fertile pour les fraudeurs.

Martine Lagacé, en vidéo-conférence.

Martine Lagacé, membre de l'Institut LIFE de l'Université d'Ottawa qui étudie le vieillissement, constate que les aînés sont plus vulnérables aux arnaques sur Internet.

Photo : Radio-Canada

La recherche montre malheureusement que les personnes âgées sont les premières cibles. [...] Parfois, la représentation de la vulnérabilité est intériorisée chez les personnes aînées qui, de manière involontaire, vont croire qu’elles sont vulnérables et vont même se comporter de manière à confirmer cette représentation de la vulnérabilité, a expliqué Mme Lagacé.

Cette dernière constate également que les aînées ne dénoncent pas systématiquement les abus qu’ils subissent.

Les statistiques officielles et formelles autour des questions d'abus par rapport aux personnes aînées ne traduisent pas une réalité prévalente, donc il faut continuer ce travail de prévention, a ajouté Martine Lagacé.

La SQ pense que de nombreuses autres victimes sont encore dans l'ombre.

Elle a démarré son enquête après avoir reçu une première plainte au printemps 2019. Mais elle soupçonne que l'arnaque a commencé il y a bien plus longtemps.

Elle invite toute personne qui croit en avoir été victime à communiquer avec ses services.

Avec les informations de Josée Guérin et Nafi Alibert

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !