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Une femme porte un masque et une visière de protection.

Des syndicats d'infirmières sont en négociations avec Québec pour le renouvellement de leur convention collective.

Photo : Associated Press / David Crigger

Au Québec, la pandémie de COVID-19 a convaincu de nombreuses infirmières de quitter le métier. Elles ont été plus nombreuses à démissionner ou à prendre leur retraite ces derniers mois par rapport à l’an dernier. Les embauches ont cependant comblé les départs à plusieurs endroits.

Selon une compilation de Radio-Canada réalisée auprès de 13 établissements de santé du Québec, plus de 1700 infirmières ont quitté leur emploi entre la mi-mars et les mois de juillet et d'août. La période correspondante de 2019 en dénombrait près de 1300, en raison d’un départ à la retraite, d’une démission, etc.

C’est le cas de l’infirmière Monika Grzes qui, jusqu’au mois de mars dernier, s’occupait de la santé d’enfants en milieu scolaire dans l’ouest de l’île de Montréal.

Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée parmi les renforts en CHSLD, notamment au CHSLD Herron, montré du doigt par le premier ministre Legault et qui fait l’objet d’une enquête.

Ça faisait des années que je n'avais pas vu de personnes âgées, se souvient Mme Grzes. En dedans de ces deux mois, j'ai vu 25 personnes, peut-être 35 personnes mourir.

Comme infirmière, elle aurait voulu sauver des vies. Elle a plutôt accompagné plusieurs résidents qui recevaient des soins de fin de vie.

C'était rendu qu'on donnait de la morphine pour les soulager, parce qu'il n’y avait pas le choix. C'est la première fois que je donnais autant de doses, indique-t-elle.

De plus, le retour à la maison n’était pas facile auprès de son conjoint et de ses trois enfants.

Quand je rentrais à la maison, les enfants me demandaient : "Qu'est-ce que tu fais, pourquoi tu pleures maman?" et je disais : "Ben ma journée a été difficile, raconte-t-elle. Sans compter la peur de contaminer ses proches.

Au mois de mai dernier, Monika Grzes a finalement pris la décision de quitter le métier qu’elle occupait depuis près de 20 ans.

À un moment tu dis : "Je veux plus être infirmière". Tout ce stress-là, tu n’en as pas besoin.

Elle n'exclut toutefois pas un retour ou un changement de carrière en gestion.

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Un défi de taille

Au CIUSSS de la Mauricie, 247 infirmières, y compris les auxiliaires, ont quitté leur emploi entre la mi-mars et les mois de juillet et d'août, une hausse de 72 % par rapport à la même période en 2019.

Il faut comprendre que le défi auquel nous faisons face en est un de taille et qui ne se règle pas en peu de temps, explique par écrit la porte-parole Valérie Provencher. Nous continuons de chercher des pistes de solutions en collaboration avec nos partenaires syndicaux et notre personnel. Nous avons déjà identifié plusieurs actions positives qui mèneront assurément à une amélioration de la situation.

Au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal on constate également une augmentation des départs, mais l’embauche d’infirmières a été plus élevée. On travaille à rehausser les postes à temps partiel vers des postes à temps plein, souligne la porte-parole Émilie Jacob. Nous sommes persuadés que cette action aura des répercussions très positives sur la stabilité de la main-d'œuvre, permettant ainsi de renforcer nos équipes soignantes et de diminuer les déplacements entre nos différentes installations.

Au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, le porte-parole Carl Thériault précise qu’il est important de noter que le nombre plus élevé de départs en 2020 peut s’expliquer par le départ d’infirmières qui sont venues prêter main-forte temporairement dans nos sites lors de la pandémie. Il souligne également l’embauche de 470 employés dans cette catégorie [infirmières et infirmières auxiliaires] pour un gain net de 280 employés.

La conciliation travail-famille et l’amélioration des ratios infirmières-patients feront l’objet de discussions à l’occasion des négociations des conventions collectives qui s’amorcent.

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