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D’athlète olympique à prof de maths : le virage à 180 degrés de Farah Jacques

Comment la COVID-19 a forcé une sprinteuse de Gatineau à réorienter sa carrière

Farah Jacques enseigne les mathématiques dans une école secondaire de Gatineau.

Le report des Jeux de Tokyo a chamboulé les plans de l'athlète Farah Jacques. La spécialiste des haies s'est temporairement convertie en professeure de mathématiques.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Karine Lacoste

Lorsque la pandémie de la COVID-19 a frappé le monde entier, en mars dernier, la sprinteuse Farah Jacques, établie à Gatineau, s’entraînait intensément pour les Jeux olympiques de Tokyo. Le report des Jeux a forcé cette spécialiste des haies à effectuer un virage à 180 degrés : d’athlète de haut niveau, elle est devenue enseignante de mathématiques au secondaire. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les six derniers mois ont été une période difficile pour Farah Jacques. Le confinement a pris de l’ampleur au moment où la jeune athlète tentait d’obtenir une deuxième participation aux Jeux olympiques.

Farah Jacques est née le 8 février 1990. Elle commence à courir à 14 ans. Elle enseigne les maths au secondaire à 30 ans.

Farah Jacques est enseignante de mathématiques en secondaire 2 à l’École secondaire Grande-Rivière, dans le secteur d’Aylmer à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

En entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau, la sprinteuse évoque la situation surréaliste dans laquelle elle se trouvait, alors qu’elle enchaînait les entraînements tout en ne sachant pas si les Jeux allaient se tenir. 

Il y avait tout le monde qui arrêtait de travailler et restait à la maison. Les centres sportifs fermaient, on se demandait où on allait continuer à s’entraîner et à maintenir la forme, se rappelle Farah Jacques. 

Puis, le 22 mars, les comités olympique et paralympique canadiens ont pris la décision de ne pas envoyer d'athlètes à Tokyo au cours de l'été 2020. Deux jours plus tard, l’événement phare était reporté à 2021. 

J’ai senti une baisse de motivation!

Farah Jacques

Ce fut un réel coup dur pour sa motivation. Pas de Jeux olympiques; aucune compétition. J’étais un peu découragée, je n’étais pas motivée, reconnaît la sprinteuse. Nous – les athlètes –, on a toujours besoin de quelque chose pour nous pousser [comme] des performances. On cherche tout le temps à nous surpasser, poursuit-elle. 

L’avenir est alors devenu synonyme d’incertitude pour celle qui aspire tout de même à participer aux Olympiques l’an prochain. D’ici là, l'enseignement lui procure une certaine stabilité dans cette période d’instabilité

L'équipe de Farah Jacques s'est classée au septième rang dans la course à relais 4 X 100 mètres aux Jeux de Rio.

En 2016, Farah Jacques faisait partie de l’équipe d’athlétisme qui représentait le Canada aux Jeux olympiques de Rio. Elle a participé à la finale du 4 x 100 mètres et a terminé en 7e place

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

« Habituellement, les athlètes olympiques, ils les voient juste à la télé »

Farah Jacques remarque avec plaisir que sa carrière d’athlète olympique fascine ses élèves. Ils n'ont pas souvent la chance de connaître quelqu’un qui a réussi dans le sport. Ça les encourage et ça leur montre que tout est possible, croit celle qui n’hésite pas à se servir de cette expérience pour inspirer les jeunes qu’elle côtoie.

Elle crée un lien avec ses élèves en se présentant comme une personne normale qui, tout comme eux, nourrit un rêve de succès. La seule différence, affirme l’enseignante de secondaire 2, c’est de persévérer, puis d’y croire, puis de ne jamais lâcher.

J’aimerais marquer leur parcours.

Farah Jacques

Farah Jacques garde le souvenir d’un enseignant au secondaire qui l’avait prise sous son aile et qui a marqué son parcours. Elle désire, à son tour, marquer ses élèves et leur passer le flambeau de la persévérance.

L’athlète devenue enseignante espère croiser leurs chemins dans quelques années pour voir le progrès qu’ils ont accompli. Les jeunes, c’est notre futur, soutient-elle. J’aime le fait d’être entourée des jeunes, puis de les inspirer, les encourager et voir, par la suite, qu’est-ce qu’ils ont réalisé.

Les meilleures performances de Farah Jacques, à ce jour, sont de 23,21 secondes au 200 mètres, 11,49 secondes au 100 mètres et 13,11 secondes au 100 mètres haies (piste extérieure).

Farah Jacques s'est entraînée avec détermination, ce printemps, dans le but d'obtenir une deuxième participation aux Jeux olympiques.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Dans le sport comme en mathématiques, il faut du courage!, dit-elle en riant. [Devant] un problème de maths, il faut que tu aies le courage de dire : "OK je suis capable de le faire". Il faut que tu sois confiant.

La formule est aussi valable dans la vie quotidienne, laisse entendre Farah Jacques. Il faut attaquer un problème en ayant confiance en ses capacités.

L'animateur Mathieu Nadon a rencontré Farah Jacques

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D'athlète olympique à prof de maths

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