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Quand le télétravail transforme le marché immobilier

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Un homme assis sur une chaise Muskoka avec son ordinateur portatif, devant une rivière.

Christopher Morello aime prendre son café le matin dans la cour arrière de sa nouvelle maison, qui s'étire jusqu'à la rivière.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Les Canadiens à la recherche d'une maison sont prêts à s'éloigner de plus en plus de leur lieu de travail, selon de nouvelles données immobilières.

C’est le cas de Christopher Morello.

Le Torontois de 26 ans vient d’acheter une maison, un rêve qu’il jugeait autrefois inaccessible.

Grâce au télétravail, il a choisi de s'installer à Dorchester, une petite ville d’environ 9000 habitants située à deux heures de route de Toronto, où se trouve son bureau.

Pour lui, la possibilité de travailler à domicile et les faibles taux d’intérêt ont changé la donne.

Mes versements hypothécaires et mes comptes sont moins élevés que l’était mon loyer.

Christopher Morello, nouveau propriétaire de maison

À Toronto, mon condo était petit, mais ici, les espaces sont grands, il y a l'abondance de la nature et la communauté est chaleureuse, affirme-t-il.

Sa nouvelle maison compte trois chambres et une grande cour arrière qui s’étend jusqu’à la rivière. Un changement de décor dont il profite d’autant plus en temps de pandémie.

Un jeune homme devant des plantes et des arbres.

Christopher Morello a acheté une maison à Dorchester, en Ontario, une petite ville située à environ deux heures de route de Toronto, où se trouve son bureau.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Exode vers la banlieue

La courtière immobilière Emmanuelle Meyer a constaté que davantage d’acheteurs torontois veulent s’établir en banlieue et en périphérie de la Ville Reine, au point où le nombre de transactions immobilières et les prix de vente y ont explosé.

Les gens ont envie d’acheter quelque chose d'un peu plus vaste, de changer leur style de vie pour avoir un bureau chez eux, explique-t-elle.

J'ai vu beaucoup de mes clients qui souhaitent aussi aller voir plus loin, dans la région de Hamilton, par exemple, mais là aussi on a beaucoup de cas d'offres multiples.

Emmanuelle Meyer, courtière immobilière

Elle donne aussi l’exemple d’un client travaillant à Mississauga, à l'ouest de Toronto, qui souhaitait acheter une maison à Grimsby, dans la région du Niagara, à une soixantaine de kilomètres de distance.

Une femme assise devant son ordinateur portatif, dans un bureau à la maison.

Emmanuelle Meyer est courtière immobilière dans la région de Halton, à l'ouest de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Des trajets de plus en plus longs

Cette tendance s’observe aussi ailleurs au pays, dans pratiquement toutes les grandes villes, selon les données de Local Logic. La firme montréalaise analyse les préférences de navettage des clients de Royal LePage, de Centris.ca, de Realtor.ca et de RE/MAX, entre autres.

Entre février et août, la distance moyenne entre bureau et maison a beaucoup augmenté parmi ces clients, souligne Gabriel Damant-Sirois, cofondateur et chef de produit chez Local Logic.

On a vu une tendance qui était déjà là, qui a vraiment été exacerbée par la crise sanitaire.

Gabriel Damant-Sirois, cofondateur et chef de produit, Local Logic

Dans la région d’Ottawa, par exemple, le trajet moyen est passé d’environ 12 km en février à 17 km le mois dernier, une hausse de 37 %.

Le prolongement du trajet entre le domicile et le lieu de travail, sur cette même période, est encore plus marqué à Halifax (40 %), à Calgary (43 %) et à Hamilton (47 %).

Montréal a également vu cet exode vers la couronne des banlieues plus éloignées. La distance entre le travail et la maison des Montréalais a augmenté en moyenne de 32 %, entre février et août cette année.

Des gens de Montréal pensent maintenant aller habiter à Mont-Tremblant. La proximité du centre-ville n'est plus nécessairement obligatoire parce que le télétravail est une option, lance M. Damant-Sirois.

Une carte du Grand Toronto avec les flèches qui démontrent les déplacements des acheteurs immobiliers.

Local Logic compile des données sur le navettage des acheteurs de propriétés, par l'entremise de sites immobiliers partenaires tels que royallepage.ca, centris.ca, realtor.ca et remax.ca.

Photo : Local Logic

L’analyste de la Chambre immobilière de la région de Toronto Jason Mercer se veut prudent. Nous sommes à deux mois dans la reprise des ventes immobilières et les résultats sont mitigés, affirme-t-il.

Il souligne que plusieurs facteurs ont entraîné les ventes records des derniers mois, y compris une demande refoulée dans certains marchés. Le changement du mode de vie, avec le télétravail qui devient la norme pour bon nombre de travailleurs, est certainement un enjeu à considérer, selon lui.

C’est certainement une hypothèse populaire, que davantage de gens iront vers la banlieue du Grand Toronto, mais il faudra encore quelques mois de statistiques pour voir si ce phénomène se concrétise, dit-il.

Jason Mercer, de la Chambre immobilière de la région de Toronto.

Jason Mercer, analyste en chef de la Chambre immobilière de la région de Toronto (TRREB)

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

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