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Ordre spécial pour éliminer les extrémistes des rangs de l’Armée canadienne

Des soldats canadiens en uniformes de combat.

Le commandant de l’Armée canadienne reconnaît qu’il y a un problème croissant d’extrémisme de droite dans l’armée et souligne que des mesures seront prises pour y remédier.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Le commandant de l’Armée de terre, le lieutenant-général Wayne Eyre, dit qu'il prévoit de livrer un ordre spécial aux unités de l’armée à travers le pays qui sera une « directive explicite » sur la façon de traiter les soldats soupçonnés de conduite haineuse et d’extrémisme.

Précision : La photo qui chapeaute cet article a été modifiée par souci d'exactitude.

Wayne Eyre indique également qu’il convoquera une réunion à laquelle prendront part tous les commandants et sergents-majors de l'Armée de terre, soit 450 militaires, afin de discuter du problème de l’infiltration d’extrême droite dans l’armée.

Ces résolutions sont annoncées après qu’une enquête de CBC sur une unité de Rangers canadiens a révélé comment un réserviste de la Colombie-Britannique, Erik Myggland, qui soutenait ouvertement deux groupes d’extrême droite, avait été autorisé à continuer de servir même après avoir été identifié par le contre-espionnage militaire et interviewé comme une potentielle menace.

Un ancien réserviste des Forces armées canadiennes, Patrik Mathews, est également devant les tribunaux américain. Il est entre autres soupçonné d’être impliqué dans un complot visant à provoquer une guerre raciale aux États-Unis et accusé de transport d’une arme à feu avec des munitions dans l’intention de commettre un crime.

Patrik Mathews devant une maison.

Patrik Mathews était ingénieur de combat. Il a disparu de Beauséjour, au Manitoba, l’an dernier après une enquête du Winnipeg Free Press alléguant qu’il était un recruteur pour le groupe néonazi international The Base.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

M. Eyre reconnaît qu’il y a un problème croissant d’extrémisme de droite dans l’Armée de terre et souligne que des mesures seront prises pour y remédier.

Il n’y a absolument pas de place dans l’Armée canadienne pour ceux qui ont des croyances haineuses et qui expriment ces croyances par un comportement haineux. Si vous avez ce genre de croyances, sortez. Nous ne voulons pas de vous. Vous discréditez et déshonorez votre organisation, dit-il.

De son côté, une organisation antiraciste, The Friends of Simon Wiesenthal Center, se réjouit des initiatives du lieutenant-général Wayne Eyre.

Cependant, la directrice du groupe, Jaime Kirzner-Roberts, aimerait savoir si la marine, l’armée de l’air et d’autres branches de l’armée sont prêtes à suivre les mêmes initiatives.

C’est la première fois que nous constatons un réel élan positif en ce qui concerne la résolution de la question de l’activité extrémiste et suprémaciste blanche dans l’armée, dit-elle.

Nous sommes réconfortés […] et nous espérons que cet élan se poursuivra dans la marine et dans l’armée de l’air et dans d’autres endroits au sein de nos Forces armées, ajoute-t-elle.

À la fin du mois de juillet dernier, la réintégration par la Marine royale canadienne d’un réserviste au passé extrémiste, Boris Mihajlovic, a créé un malaise dans son équipage.

En décembre, Radio-Canada avait confirmé que M. Mihajlovic se cachait derrière le pseudonyme Moonlord et qu’il était un des administrateurs d’Iron March, un forum néonazi qui a donné naissance au groupe terroriste Atomwaffen Division.

Boris Mihajlovic en uniforme, flanqué de deux officiers, tient une enseigne militaire.

Boris Mihajlovic, au centre, au moment d'être promu au rang de matelot première classe dans la réserve navale, en avril 2018.

Photo : Capture d'écran Facebook / NCSM Tecumseh

Le ministre de la Défense du Canada, Harjit Sajjan, indique que l’élaboration d’un plan pour lutter systématiquement contre les comportements haineux et le racisme dans les Forces armées est en cours.

Une discussion est également en cours sur la question de savoir si les commandants militaires ont suffisamment de pouvoirs pour régler le problème.

Avec des informations de Murray Brewster

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