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Obligé de porter un masque malgré un cancer du poumon

Une porte avec des affiches rappelant le port obligatoire du masque et des horaires d'ouverture réduite en raison de la COVID.

Un homme de Rouyn-Noranda a dû porter un masque pour un rendez-vous même s'il souffre d'un cancer du poumon

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Après que son père ait vécu une mauvaise expérience, une femme de Rouyn-Noranda déplore le peu de souplesse de certaines entreprises concernant le port du masque obligatoire.

Katy Vachon ne croyait jamais que ce serait aussi complexe pour son père d’aller à un rendez-vous important pour ses oreilles au Centre auditif Abitibi.

Son père, un homme de 75 ans de Rouyn-Noranda atteint d’un cancer des poumons, a été contraint de porter un masque pour un de ces rendez-vous, et ce malgré le fait qu’il avait un papier médical du médecin précisant sa condition.

Il est en chimiothérapie pour un cancer, il fait de l'emphysème sévère, ses poumons fonctionnent à 30 % en plus d’être diabétique et bien d’autres choses, il est incapable de porter le masque, après quelques minutes il peut tomber en détresse respiratoire rapidement, explique Katy Vachon.

Une affiche indiquant «Masque obligatoire».

Depuis le 18 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics intérieurs au Québec.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Elle assure avoir contacté l’entreprise en précisant la condition médicale de son père et le fait qu’il possédait un papier médical lui permettant de ne pas porter le masque.

Moi, je n’ai même pris la peine de rappeler et il n’y avait absolument aucune ouverture à ce niveau-là. Il n’y avait pas de place à des explications, précise Katy Vachon

Elle affirme que son père a tout de même pris la décision de se rendre à son rendez-vous avec un masque.

Mon père a pris sur lui parce qu’il avait vraiment besoin de ce service-là [...] Après deux ou trois minutes dans le bureau avec le professionnel, il commençait à avoir de la difficulté à respirer, il a donc baissé son masque jusqu’à la bouche et il a finalement eu le service, mais je ne trouve pas ça normal qu’il ait eu à vivre ça, affirme Katy Vachon.

Les établissements de santé justifient la mesure

La co-propriétaire de Centre Auditif Abitibi, Karine Herpin, nous a fait savoir que son entreprise a respecté les directives prévues dans le décret provincial et celles de son ordre professionnel.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), on nous a fait savoir qu’effectivement, les personnes souffrant d’une condition chronique, incluant les maladies cardiovasculaires et les maladies pulmonaires, ne font pas partie des personnes exemptées de porter le masque ou le couvre-visage.

Le CISSS-AT précise tout de même qu’un papier médical peut être émis lorsqu’un médecin juge que les risques associés au port du masque surpassent les bénéfices individuels et collectifs de cette mesure, ce qui était le cas pour le père de Katy Vachon.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on affirme ne pas pouvoir intervenir auprès d’un exploitant afin de l’obliger à accepter une personne qui ne porte pas de couvre-visage. Selon le ministère, le décret ne prévoit rien à cet effet. Le prestataire de services peut imposer les conditions qu’il veut, pourvu qu’elles n’aillent pas à l’encontre de ses obligations professionnelles ou des lois et règlements applicables.

Le MSSS invite tout de même les exploitants à faire preuve d’ouverture pour les personnes ne pouvant pas ou étant dans l’incapacité de porter un masque pour des raisons médicales.

L’Ordre des audioprothésistes assure qu’aucune mesure spécifique concernant le port du masque n’a été envoyée aux membres, comme l’indique la directrice générale Marie-Chantal Lafrenière.

L’Ordre n’a pas à s’ingérer à ce niveau. Le gouvernement a émis des directives et après c’est à chacun des professionnels de décider s’ils sont à l’aise de recevoir une telle clientèle. S'ils ont de la famille vulnérable par exemple, ils pourraient refuser pour des raisons personnelles, mais dans tous les cas j’ose espérer que le professionnel pourrait référer à un autre audioprothésiste qui pourrait recevoir le patient, explique Marie-Chantal Lafrenière.

Katy Vachon souhaite que les différents commerces offrant des services liés à la santé puissent faire preuve de plus de flexibilité en ce qui concerne le port du masque.

Je suis un peu inquiète de voir ou on s’en va. Est-ce que c’est de l’extrémisme de l’autre côté? Il y a l'extrémisme des gens qui ne veulent pas porter le masque nulle part et il y a l'extrémisme de l'autre côté avec des gens qui veulent faire respecter le port du masque. Je pense qu’il devrait y avoir un juste milieu puis un équilibre, conclut Katy Vachon.

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