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Il y a 15 ans se terminait la chasse aux nazis pour Simon Wiesenthal

Simon Wiesenthal portant un béret à la fin de sa vie.

Simon Wiesenthal, le chasseur de criminels nazis le plus connu de la planète, est décédé le 20 septembre 2005.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 20 septembre 2005 décédait Simon Wiesenthal. Il était devenu au fil du temps l’archétype du chasseur des criminels nazis après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Une quête de 50 ans

C’est la justice qui me motive, pas la vengeance, se plaisait-il à répéter.

Simon Wiesenthal, cité par Catherine François
Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Simon Wiesenthal dans son bureau à Vienne

Le Téléjournal/Le Point, 20 septembre 2005

Photo : Radio-Canada

Le jour de son décès, la journaliste Catherine François brosse un portrait de Simon Wiesenthal pour Le Téléjournal/Le Point qu’anime Bernard Derome.

Né en 1908 en Ukraine dans une famille juive, Simon Wiesenthal a toujours été marqué par l’antisémitisme qui sévissait en Europe.

Ses parents avaient quitté l’empire russe pour l'empire austro-hongrois quelques années avant sa naissance pour fuir les massacres perpétrés contre les Juifs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Simon Wiesenthal échappe à la mort dans cinq camps de concentration différents. Mais l’Holocauste lui a fait perdre 89 membres de sa famille.

Après 1945, Simon Wiesenthal se consacre à un devoir de justice et de mémoire envers le peuple juif.

Il s’engage à traquer et à attraper les criminels nazis qui ont contribué au génocide de ce dernier.

Simon Wiesenthal devient au fil des années un des chasseurs de nazis les plus connus du monde.

Il affirme avoir réussi à faire capturer 800 criminels de guerre nazis. Ce chiffre est cependant contesté par plusieurs spécialistes.

Le fugitif le plus célèbre que Simon Wiesenthal a contribué à faire attraper est probablement Adolf Eichmann.

Adolf Eichmann a été un des grands responsables dans l’identification et la déportation des Juifs vers les camps de concentration jusqu'en 1945.

Capturé en 1960 en Argentine, Adolf Eichmann sera jugé à Jérusalem en 1961 et exécuté en 1962.

Simon Wiesenthal a aussi contribué à mettre en lumière les liens troubles de l'ancien secrétaire des Nations unies et président de l'Autriche, Kurt Waldheim, avec le nazisme.

Les mots très durs de Simon Wiesenthal

Simon Wiesenthal poursuivra aussi sans relâche un autre grand criminel nazi, le docteur Josef Mengele.

Ce médecin militaire, surnommé « l’ange de la mort », est responsable du gazage de centaines de milliers de Juifs dans le camp de concentration d’Auschwitz.

Il est aussi connu pour les horribles expériences médicales qu’il a fait subir à plusieurs Juifs et prisonniers de guerre.

Simon Wiesenthal a informé dès 1953 le gouvernement de la République fédérale allemande que le docteur Mengele s’était réfugié en Argentine.

Mais les victimes du criminel nazi n’ont jamais connu la justice.

Leur bourreau est mort lors d’une noyade accidentelle au Brésil en 1979.

La famille du docteur Mengele a reconnu son décès en 1985. Son cadavre a été exhumé à Sao Paolo en juin 1985.

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Impacts, 22 juin 1985

Hasard du calendrier? Le 22 juin 1985, Robert Guy Scully, animateur de l’émission Impacts, présente une entrevue qu’il vient de réaliser le 17 juin précédent avec Simon Wiesenthal.

L’essentiel de l’entrevue porte sur les raisons qui expliquent pourquoi Josef Mengele n’a jamais été attrapé.

Les mots qu’utilise alors Simon Wiesenthal sont très durs.

Les criminels de guerre nazis ont été les grands gagnants de la guerre froide qui éclate après la Seconde Guerre mondiale.

Entre 1945 et 1953, les Alliés, notamment le gouvernement américain, ont fermé la chasse aux meurtriers nazis.

Les Alliés, rappelle Simon Wiesenthal, ont alors besoin de l’Allemagne pour la défense de l’Europe contre les Soviétiques.

Dans ce contexte, peut-on arrêter des généraux allemands dont certains sont d'anciens nazis confirmés?

Par ailleurs, plusieurs pays d’Amérique du Sud, notamment ceux dirigés par des dictatures de droite, protègent les fugitifs nazis vivant en toute tranquillité sur leur sol.

À l’intérieur de ces pays, des réseaux influents et riches achètent le silence des autorités.

Dans la dernière partie de l’interview, Simon Wiesenthal a aussi des mots très durs pour le Canada.

Ce pays, démocratique et qui a combattu l’Allemagne d'Hitler, abriterait selon lui « l’équivalent d’une demi-brigade de soldats SS sur son sol.

Simon Wiesenthal affirme avoir transmis plusieurs informations sur des criminels de guerre nazis vivant au Canada au gouvernement canadien.

Mais rien, selon lui, à part une exception, ne s’est passé.

Cette passivité le choque tellement qu'il refuse de mettre les pieds au Canada.

Simon Wiesenthal est décédé à Vienne le 20 septembre 2005 à l’âge de 96 ans.

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