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TIFF 2020 : des vedettes passent derrière la caméra

Capture d'écran du film Bruised.

Les débuts de réalisatrice de Halle Berry (ici de face) suivent l'histoire d'une combattante du MMA qui lutte pour retrouver la garde de son fils et redémarrer sa carrière sportive.

Photo : Courtoisie : TIFF

Claudia Hébert

Au sein de la programmation du 45e Festival international du film de Toronto, trois acteurs bien connus du public présentent leur premier film à titre de réalisateurs. Coup d’œil à ces premières offrandes cinématographique signées Halle Berry, Viggo Mortensen et Regina King.

Dans Bruised, Halle Berry incarne une ancienne combattante en arts martiaux mixtes qui décide de remonter dans le ring. Retrouvant intacte sa passion pour le sport, elle mène un combat pour retrouver une chance de remporter un titre, mais aussi pour retisser des liens avec son fils, abandonné en même temps que ses rêves. 

Lors d’une rencontre de la série In conversation with offerte au cours du festival, la nouvelle réalisatrice explique que sa décision de passer derrière la caméra découle de sa passion profonde pour ce projet en particulier. Le scénario original ne laissait pourtant pas présager que le rôle lui conviendrait, car le personnage était à l'origine une femme blanche de 25 ans.

Mais l’actrice a su convaincre les producteurs de lui confier le rôle, de lui laisser imaginer l’histoire pour elle, une femme noire, alors à l’approche de la cinquantaine. Après des mois de recherches de la parfaite réalisatrice pour donner vie à sa vision de Bruised, Halle Berry s’est rendue à l’évidence : elle devait s'acquitter de la tâche elle-même. 

Bien que le film soit présenté au festival comme un work in progress (une oeuvre toujours en chantier), Bruised est parvenu à séduire l’industrie et a été vendu pour près de 20 millions de dollars à Netflix. Le film sera donc éventuellement offert sur la plateforme de diffusion en ligne, pour ceux qui l'auraient manqué au TIFF

Un vieillard fait le geste de repousser un homme qui tente de discuter.

« Falling », du réalisateur Viggo Mortensen

Photo : Courtoisie du TIFF

Viggo Mortensen aussi a fait le choix de tenir la vedette dans son premier film comme réalisateur, qu’il a également écrit en plus d’en avoir composé la musique. Dans Falling, il incarne un homme tentant de prendre soin de son père vieillissant, lequel a toujours été agressif, vulgaire et difficile à vivre, et ce, bien avant la manifestation des premiers signes de la sénilité qui l’afflige maintenant de plus en plus.

En va-et-vient avec le passé, le film se promène entre les souvenirs de ce père plein de rancœur et de préjugés, ayant toujours rendu pénible la vie de ses enfants comme celle de ses conjointes; et le présent dans lequel il exprime sans filtre des propos violents et homophobes, toujours plus difficiles à tolérer pour ses proches. 

Lance Henrickson et Laura Linney complètent la distribution du film, dans lequel on peut même apercevoir un bon ami de Mortensen, David Cronenberg. Celui-ci fait une courte apparition dans un rôle secondaire, soutenant ainsi les débuts à la réalisation de celui qui a été sa muse dans les films A History of Violence, Eastern Promises et A Dangerous Method

Toutefois, ce premier film signé Mortensen se heurte à plusieurs écueils du réalisateur débutant qui veut trop en faire. Son Falling manque de subtilité et de finesse, et a la main trop lourde au montage et dans les dialogues. 

Un groupe d'homme à un bar prend la pause pour une photographie.

« One Night in Miami », de la réalisatrice Regina King

Photo : Courtoisie du TIFF

Regina King pour sa part ne s’est pas réservé de rôle dans son premier long métrage One Night in Miami, lequel est adapté d’une pièce de théâtre de Kemp Powers. L’actrice, qui s’est démarquée avec un Oscar de la meilleure actrice de soutien dans If Beale Street Could Talk, suivi d’une formidable performance dans la série Watchmen, poursuit ici son travail contre le racisme, mettant en lumière d’une nouvelle façon les inégalités raciales et les combats afro-américains. 

Un soir de 1964, à Miami, se rassemblent quatre personnalités afro-américaines : Cassius Clay, Jim Brown, Sam Cooke et Malcolm X. Si le prétexte est de célébrer la récente victoire de Clay qui lui a valu le titre de champion du monde poids lourd, ce sera l’occasion pour les quatre hommes de débattre d’activisme, de ce que cela veut dire d’être noir en Amérique, et de comment aider le mieux possible le mouvement pour les droits civiques. 

Cassius Clay vient de se convertir à l’islam et s’apprête à devenir Mohammed Ali, avec le soutien et l’approbation de Malcom X, lequel craint pour sa vie et la sécurité de sa famille. Malcolm X trouve toutefois que le musicien Sam Cooke n’en fait pas assez pour la cause afro-américaine et qu’il devrait utiliser sa tribune et ses chansons à meilleur escient. Jim Brown pour sa part pense à quitter le monde du football pour plutôt faire carrière au cinéma. 

On sent bien l’origine théâtrale de One Night in Miami, riche en dialogues et vraie partition d’acteurs, le tout dirigé par une réalisatrice qui sait tirer le meilleur de ses interprètes, Kingsley Ben-Adir, Eli Goree, Aldis Hodge et Leslie Odom fils. Un premier film parfaitement exécuté et qui laisse présager que Regina King n’a pas dit son dernier mot comme cinéaste. 

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