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Les cinémas québécois veulent accélérer le retour du public en salle

Une femme mange du maïs soufflé au cinéma.

La fréquentation des cinémas québécois atteint à peine la moitié de celle de l'an dernier.

Photo : getty images/istockphoto / lolostock

Fanny Bourel

Le Comité de relance du cinéma au Québec a lancé lundi une campagne publicitaire destinée à pousser les Québécois et Québécoises à retrouver en plus grand nombre le chemin des salles de cinéma. Deux mois et demi après la réouverture des cinémas de la province, la reprise est graduelle, mais lente et fragile. 

Chaque semaine, de plus en plus de monde vient au cinéma. Le but de cette campagne est d’accentuer cette reprise, explique Alexandre Hurtubise, coordonnateur du comité de relance qui est à l’origine de cette campagne télé et web. 

Cet homme – dont le père, Denis Hurtubise, préside l'Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ) – dirige La Maison du cinéma, à Sherbrooke, qui appartient à sa famille, tout comme le Cinéma Lido, à Rimouski. 

Plusieurs films porteurs

Formé au début de la pandémie à l’initiative de l’APCQ et de la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ), le Comité de relance du cinéma au Québec constate une progression tranquille de la fréquentation des salles de cinéma. 

Plusieurs films ont réussi à attirer le public cet été : Suspect numéro 1, Mon cirque à moi, Tenet, Les Rose, Divorce club ou encore Flashwood

Sorti vendredi dernier, le film After : la collision, qui constitue le deuxième volet de la série de films After – adaptée de la saga littéraire du même nom écrite par la romancière Anna Todd –, a vu la moitié de ses recettes canadiennes se réaliser au Québec. D’habitude, le marché québécois représente de 15 à 20 % de l’ensemble du Canada, précise Alexandre Hurtubise.

Pas d’éclosions de COVID-19 dans les cinémas

Toutefois, les cinémas sont encore loin d’avoir retrouvé leur rythme de croisière. L'achalandage ne représente qu’entre 40 et 50 % de la moyenne de l’an dernier, résume-t-il. 

Si la programmation continue de souffrir de l’absence de grosses productions américaines (à l’exception de Tenet), la peur de la COVID-19 tend à freiner le retour en salle de certaines personnes. 

Tous les jours, nous recevons des appels de gens qui nous demandent les mesures que nous avons mises en place pour éviter la COVID-19, explique Éric Bouchard, propriétaire du Cinéma St-Eustache et président de la CSCQ. Une fois qu’ils viennent, les gens se sentent en sécurité et cela leur donne le goût de revenir, mais il en reste encore à convaincre.

Le Comité de relance du cinéma au Québec tient à rassurer les cinéphiles. Les cinémas ont pris des mesures très strictes, et jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’éclosions, indique Alexandre Hurtubise. 

Autre frein possible : le port du masque.

Le cinéma demeure une activité qui n’est pas déformée par la COVID-19, car on peut enlever le masque une fois assis dans son siège. La partie principale de l’expérience cinématographique reste donc intacte.

Alexandre Hurtubise, coordonnateur du Comité de relance du cinéma au Québec

Des inquiétudes pour la suite

La lenteur de la reprise est difficile à vivre pour les cinémas québécois, qui ont déjà été durement éprouvés par les trois mois et demi de fermeture imposés par le confinement. Ça ne peut pas durer des mois comme ça, souligne Alexandre Hurtubise.

Plus ça va prendre du temps à repartir et plus ça va être compliqué, renchérit Éric Bouchard, qui juge que le risque de voir des salles mourir demeure important.

Les cinémas québécois espèrent un retour rapide à la normale, mais renouer avec l’avant-COVID est-il possible alors que le nombre d’abonnements à Netflix a grimpé pendant le confinement? 

Nos deux passionnés de films restent confiants quant à l’avenir : le cinéma est là pour rester. 

C’est le fun d’être à la maison devant Netflix, mais il n’y a rien qui bat le grand écran. Le cinéma est une expérience sociale, qui nous fait partager des émotions avec des gens.

Éric Bouchard, président de la CSCQ

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