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Une maison de l'activiste Rosa Parks exposée au cœur d’un palais royal italien

Une petite maison blanche et noire en bois, à deux étages, et éa la peinture défraîchie se tient au centre d'une place, entourée du palais royal de Naples.

Une maison où a vécu Rosa Parks à Détroit est exposée sur la place centrale du palais royal de Naples.

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

Associated Press

La maison où l’activiste américaine pour les droits civiques Rosa Parks s’est réfugiée à la suite son geste de défiance historique dans un bus de Montgomery, en Alabama, est exposée depuis mardi dans un lieu insolite : sur la place centrale du palais royal de Naples, en Italie.

Il s’agit du dernier rebondissement dans le parcours impressionnant de cette petite maison à la peinture défraîchie qui a d’abord été construite à Détroit, dans le nord des États-Unis. C’est là où Rosa Parks avait trouvé refuge, auprès de sa famille, après avoir reçu des menaces de mort pour avoir refusé de céder sa place à un passager blanc dans un bus ségrégué.

La nièce de Rosa Parks a sauvé la maison de la démolition, après la crise financière de 2008 qui a durement touché la région de Détroit, et en a fait don à Ryan Mendoza, un artiste américain qui voulait en faire reconnaître la valeur historique.

Après plusieurs années d’efforts à tenter de convaincre la Ville d’entretenir la maison, en 2016, Mendoza a finalement décidé de la démanteler pour la reconstruire ailleurs, ce qui a d’abord été fait sur un terrain adjacent à son atelier, à Berlin­.

Plus tôt cette année, l’artiste a approché une fondation établie à Naples, pour laquelle il avait travaillé dans le passé, afin de lui suggérer une exposition mettant en vedette la maison. C’est avec l’appui du ministère italien de la Culture que le projet a ensuite pu être réalisé.

Vue sur la maison de Rosa Parks, au centre du palais royal de Naples, en Italie, une construction qui date du 18e siècle.

Vue sur la maison de Rosa Parks, au centre du palais royal de Naples, en Italie

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

L’artiste Ryan Mendoza croit que cette maison représente un symbole fort dans le contexte actuel de regain de tensions raciales aux États-Unis, autour du mouvement Black Lives Matter (La vie des noirs compte).

Une bande sonore qui accompagne l’exposition fait référence aux récents événements dans son titre : 8:46. Huit minutes 46 secondes, c’est le temps que cela a pris pour que George Floyd meure étouffé sous le poids du genou appuyé sur son cou d’un policier blanc, selon l’accusation, qui a ensuite révisé ce temps à 7 minutes 46 secondes.

Se souvenir d’une maison oubliée

En entrevue avant l’ouverture de l’exposition, l’artiste Ryan Mendoza a dit espérer que son exposition amène le public à se remémorer l’héritage de Rosa Parks, et les États-Unis, à se souvenir d’une maison qu’on ne savait pas avoir oubliée.

L'artiste Ryan Mendoza pose devant la maison de Rosa Parks, dans la cour centrale du palais royal de Naples.

L'artiste Ryan Mendoza, devant la maison de Rosa Parks

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

Après son geste de défiance en 1955 dans un bus de Montgomery qui s'est révélé une étincelle pour un boycottage des bus par la population noire de là-bas – et pour le mouvement des droits civiques, plus largement –, Rosa Parks s’était rendue chez des proches à Détroit, dans l’espoir d’y trouver du répit et d’y bâtir une nouvelle vie.

Pour l’artiste Ryan Mendoza, la maison symbolise l’expérience de nombreuses personnes afro-américaines qui ont voulu fuir la ségrégation et le racisme en quittant le Sud, pour ensuite être aux prises avec d’autres types de discrimination au Nord, où la ségrégation était simplement effective plutôt que légale.

Cette maison, en un mot, est une façon de faire comprendre pourquoi les gens aux États-Unis sont si enragés, a-t-il expliqué.

Par cette impressionnante mise en scène, au cœur d’un palais royal européen, l’artiste espère que les États-Unis pourront par la suite trouver une place pour cette maison.

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