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La SANB « très inquiète » pour la représentation des Acadiens et des francophones

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, le 14 septembre 2020.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, après l'annonce de sa victoire de l'élection du 14 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au lendemain de l’élection d’un gouvernement progressiste-conservateur majoritaire, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) lance un ultimatum au parti de Blaine Higgs pour éviter que « l’aliénation » de la nation acadienne ne se poursuive.

M. Higgs est maintenant en tête d’un gouvernement majoritaire sans aucune voix du Nord dans son caucus et seulement un élu francophone dans ses rangs. Ceci place la province et M. Higgs dans une situation très précaire. Depuis les trois derniers cycles électoraux, la province se voit de plus en plus divisée selon des lignes politiques, géographiques et linguistiques, peut-on lire dans le communiqué publié mardi matin par l’organisation acadienne.

La SANB exige que le nouveau gouvernement s’attaque à certaines questions dans les 30 premiers jours suivant l’assermentation de son conseil des ministres s’il veut éviter le recours à la désobéissance civile par ses membres.

On va les talonner, et si on doit se tourner vers la désobéissance civile pour se faire entendre, on le fera.

Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB

Parmi les revendications de la SANB, on retrouve la nomination d’un lieutenant francophone au sein du caucus des bleus, la création d’un comité permanent des langues officielles à l’Assemblée législative, ainsi qu’un engagement de commencer des pourparlers avec le gouvernement fédéral afin d’acquérir plus d’autonomie provinciale en matière d’immigration.

La SANB souhaite également que le gouvernement s’engage à remédier au manque d’investissement systémique en matière d’infrastructure dans les régions acadiennes et francophones de la province ainsi qu’au faible taux de bilinguisme chez les récents diplômés des écoles secondaires de la province.

Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB en entrevue par vidéoconférence.

Le président de la SANB n'exclut pas d'avoir recours à la désobéissance civile si son ultimatum n'est pas entendu par les progressistes-conservateurs. Il ne précise toutefois pas quel genre d'actions pourraient être entreprises.

Photo : Radio-Canada

En entrevue à Radio-Canada mardi matin, Alexandre Cédric Doucet, le président de la SANB, a aussi rappelé que la Loi sur les langues officielles, qu’il qualifie de contrat social entre les deux communautés linguistiques au Nouveau-Brunswick, doit légalement être révisée avant le 31 décembre 2021. Il a affirmé que son équipe allait s’assurer que cette obligation se concrétise.

Des alliés dans le nouveau gouvernement?

L’élection d’un seul francophone – Daniel Allain dans Moncton-Est – au sein du nouveau gouvernement de Blaine Higgs inquiète M. Doucet. Il est notre seul espoir d’avoir un peu de poids à l’intérieur du gouvernement, déclare-t-il avant d’ajouter qu’il désire rencontrer le nouvel élu dans les prochains jours.

M. Doucet dit toutefois avoir d’autres alliés de la cause francophone à l’interne. Il cite notamment Glen Savoie et Dominic Cardy.

Le président de la SANB appréhende tout de même les quatre prochaines années au pouvoir du gouvernement progressiste-conservateur.

Selon lui, le premier ministre réélu n’a pas réussi à convaincre les francophones durant la courte campagne. Il souligne aussi au passage l’absence de leur simple mention dans le discours de victoire du politicien. On l’a vu hier à la soirée électorale, que ça soit à Radio-Canada ou à CBC, Blaine Higgs n’a pas dit le mot "francophone". Il n’est pas capable d’avouer que les francophones ont besoin d’un traitement égal, et ça, c’est très inquiétant, s’alarme-t-il.

Les libéraux pourraient faire élire des abat-jour dans le Nord, dit Higgs

Interrogé sur la raison pour laquelle il n’avait pas réussi à faire élire de députés dans le nord de la province, le premier ministre nouvellement réélu a déploré, lors d’une entrevue accordée au Telegraph Journal, que certaines circonscriptions de cette région éliraient n’importe quel candidat libéral, même un abat-jour. M. Higgs a ajouté que cette situation devait changer.

Louis Léger, le chef du Cabinet du premier ministre et le directeur de campagne des progressistes-conservateurs, a précisé à Radio-Canada que les propos de M. Higgs ne visaient pas à critiquer les électeurs, mais étaient plutôt une critique envers [le Parti progressiste-conservateur].

M. Léger est d’accord avec M. Higgs. C’est vrai dans certains comtés, la tradition est tellement forte que les gens vont voter pour un candidat plus fort qu’un autre, dit-il. Il cite en exemple le fort appui libéral dans la circonscription de Baie-de-Shediac-Dieppe. Je suis persuadé que si M. Vickers s’était présenté dans Baie-de-Shediac-Dieppe, il aurait probablement gagné.

Or, cette division n’est pas nécessairement positive pour M. Léger. C’est pas toujours bon, dans le sens que l’idéal, c’est que les partis politiques travaillent fort pour qu’il y ait plus de diversité puis que les gens sont moins pris pour acquis.

Il faut être inclusif et il faut être collaborateur, et c’est ça qu’on va continuer à faire. Puis le premier ministre l’a dit hier soir : toutes les régions vont faire partie de l’équation. Et le Nouveau-Brunswick sera fort quand toutes les régions vont être fortes, et c’est ça qui est important pour lui, conclut le directeur de campagne.

Des réactions dans les rangs fédéraux

La division du vote entre anglophones et francophones suscite aussi de l'inquiétude à Ottawa. Le représentant du Nouveau-Brunswick au sein du conseil des ministres de Justin Trudeau, Dominic LeBlanc, s’est aussi dit préoccupé par le résultat de l’élection.

Quand je pense aux premiers ministres conservateurs, que ce soit Bernard Lord, que ce soit Richard Hatfield ou même David Alward, on n'a pas vu ce genre de division là. Alors, comme Acadien et quelqu'un qui représente une circonscription fédérale majoritairement francophone, ça m'inquiète, a-t-il confié à son arrivée à une réunion du Conseil des ministres mardi matin, à Ottawa.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en a quant a lui profité pour féliciter M. Higgs de sa victoire.

Avec les informations de La Presse canadienne et Karine Godin

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