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« Je prends la responsabilité de cette défaite », explique Kevin Vickers

Kevin Vickers en entrevue.

Kevin Vickers cède sa place en tant que chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le chef démissionnaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, a pris la décision de céder sa place parce qu’il se sent responsable de la défaite électorale de son parti.

Bannière permettant de se rendre sur le site Élections Nouveau Brunswick 2020

Il a annoncé sa démission lundi soir à l’issue des élections générales. D’une part, les libéraux ont perdu du terrain. Ils ont fait élire 17 candidats, lundi, alors qu’ils comptaient 20 députés à la dissolution de la Chambre. Kevin Vickers lui-même n’a pas réussi à se faire élire dans la circonscription de Miramichi où il était candidat.

D’autre part, les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs, qui étaient minoritaires avant les élections, seront désormais majoritaires à l’Assemblée législative.

Nous avons vécu une défaite et les gens du Nouveau-Brunswick ont bien parlé en ce qui concerne la décision de la direction de notre province avec M. Higgs et son gouvernement. Donc moi, comme leader, je prends la responsabilité de cette défaite, a expliqué Kevin Vickers, lundi soir, peu après sa défaite.

Je vais quitter, repartir [lundi] soir, et je suis convaincu que nous avons beaucoup de gens qui sont bien capables de prendre la relève, de prendre la flamme, et de bien promouvoir les valeurs de notre Parti libéral.

Kevin Vickers, chef démissionnaire du Part libéral du N.-B.

Kevin Vickers aura dirigé son parti pendant presque un an et demi. Pourquoi ne s’accorde-t-il pas une plus longue chance d’exercer cette fonction?

J’ai fait mon mieux, et pour moi, le défi auquel j’aurai aimé faire face, c’est d’unir notre province. Notre province, la population est tellement divisée. Moi, j’avais l’intention d’essayer de faire de mon mieux, d’unir notre province, même les francophones et les anglophones et surtout tous les Autochtones, ajoute Kevin Vickers.

Une sérieuse réflexion s’impose chez les libéraux à la suite des élections, selon le politologue Roger Ouellette.

Comme on a vu pour différentes raisons, [ils] n’arrivent pas à faire élire des candidats, des candidates, dans le sud-ouest anglophone et même dans les villes, explique Roger Ouellette en entrevue à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

Selon lui, la montée des verts y est pour quelque chose dans l'issue des résultats.

Regardez Fredericton, les verts sont bon deuxièmes. Ils ont gardé leurs sièges. Même chose pour Moncton. On a vu une montée des conservateurs dans deux circonscriptions, mais les verts ont très, très bien figuré. Alors, il faut qu’il y ait une réflexion, affirme M. Ouellette.

Kevin Vickers, qui était surtout connu comme un sergent d'armes qui a aidé à mettre fin à une attaque terroriste au Parlement d'Ottawa en 2014, avait peu participé à la vie scène politique du Nouveau-Brunswick au cours des dernières années. Avant de montrer son intérêt pour la chefferie du Parti libéral, il était ambassadeur du Canada en Irlande. Il a été couronné chef sans opposition en avril 2019.

Pour moi, c’est un mystère qu’ils ont choisi un chef qui n’était pas testé, qui a été largement absent du Nouveau-Brunswick au cours des 40 dernières années, qui n’avait été élu à aucun mandat, admet le politologue.

M. Ouellette conseille aux libéraux de prendre plus de temps cette fois pour choisir leur nouveau chef.

Moi, je ne mettrais aucun nom dans le chapeau [...] Je pense que les libéraux devraient prendre leur temps. Ils ont quatre bonnes années dans l’opposition. Donc, les prochaines années, c’est pour eux une réflexion sérieuse dans quelle direction ils veulent mener ce parti, estime-t-il.

Caraquet, phare libéral

La députée libérale réélue pour un second mandat dans la circonscription de Caraquet, Isabelle Thériault, a indiqué que la campagne a été très différente, un peu drôle, difficile et froide.

Ce n'était pas idéal, on était en pleine pandémie [...] c’était un grand défi!, a-t-elle dit, d’un ton toutefois amusé, mardi.

La députée Isabelle Thériault lève un drapeau acadien en souriant, le 14 août 2020.

La députée libérale de Caraquet, Isabelle Thériault, le 14 août 2020

Photo : Radio-Canada

Avec 17 députés libéraux élus lundi soir, le scénario provincial est loin d’être idéal pour les rouges du Nouveau-Brunswick.

On voit la division, comme tout le monde peut le constater, de notre province. Je pense qu’on va avoir beaucoup de travail à faire pour unifier cette province-là et pouvoir travailler ensemble, la communauté francophone, anglophone et les Premières Nations, estime Isabelle Thériault.

Elle indique qu’il y a beaucoup de pain sur la planche, mais que, pour travailler ensemble, il faut une équité. Il faut avoir un gouvernement qui va être sensible aux minorités et aux régions rurales, précise-t-elle.

On a tous, les 49 députés, un gros travail à faire pour tenter d’unifier notre province et aller de l’avant.

Isabelle Thériault, députée libérale de Caraquet

Le gouvernement de Blaine Higgs sème actuellement le doute et l’inquiétude dans la région au nord de la province.

On sent qu’on a été mis de côté pendant deux ans, dit la députée libérale. Les prochains mois et les prochaines années donneront toutefois le ton, selon elle..

Blaine HIggs appuie son avant-bras sur l'avant-bras d'un homme habillé en cycliste.

Blaine Higgs, le 29 août 2020 à Tracadie, dans le nord de la province, lors de sa campagne électorale.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Pour l’avenir libéral, la députée réélue de Caraquet croit aussi qu’il est temps pour son parti d’avoir une introspection, de se rebâtir et de se rajeunir. Il faut absolument qu’on maintienne notre pertinence comme parti.

Elle se dit motivée et enthousiaste à l’idée de proposer dans quatre ans un plan intéressant, profitable et équitable.

Isabelle Thériault est demeurée évasive lorsque Radio-Canada lui a demandé si la chefferie pourrait l’intéresser.

Tout de suite, ce qu’il faut faire, c’est prendre le temps de prendre une respiration, a-t-elle affirmé. Nul doute que le chef d’une province bilingue doit être bilingue.

Avec des renseignements de Sophie Désautels et de l’émission La matinale

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