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Consensus « exceptionnel » entre le milieu des affaires et les écologistes du Québec

À la veille du dépôt du Plan pour une économie verte (PEV), cet automne, le gouvernement Legault suivra-t-il leurs recommandations?

Vue aérienne d'un stationnement de voitures neuves.

Le transport est responsable de 43 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec.

Photo : iStock / Medvedkov

À la demande du ministère de l'Environnement, des militants pour le climat se sont réunis avec des représentants de banques, de compagnies d'assurances, d'industries ou de chambres de commerce. Leur objectif : s'entendre sur des mesures concrètes pour atteindre les cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) au Québec. Radio-Canada a obtenu leur rapport confidentiel. (Nouvelle fenêtre)

On y a mis du cœur et de l'énergie, souligne la secrétaire générale et vice-présidente du Mouvement Desjardins, Pauline d'Amboise. Elle espère que le gouvernement reprendra ces propositions à son compte.

On partage tous le même objectif, tout le monde sait qu’on doit effectuer une transition.

Pauline d’Amboise, secrétaire générale et vice-présidente, gouvernance et développement durable, Mouvement Desjardins

Même des entreprises concurrentes sont tombées d'accord. C'est exceptionnel, raconte une observatrice des travaux qui a signé une entente de confidentialité. Je n'ai jamais vu autant de sérieux dans une démarche.

À la fin de l'année dernière, 75 représentants de la société civile ont été invités par Québec à réfléchir ensemble et à définir des mesures concrètes et réalisables pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat, soit de réduire les émissions de GES de 37,5 % d'ici 2030 par rapport à 1990.

Les groupes de travail sont convaincus que le Québec possède tout le potentiel pour atteindre, voire dépasser ses cibles et objectifs climatiques.

Extrait du rapport

Des membres diversifiés pour représenter le Québec

La collaboration a été très franche et ouverte, explique la directrice générale de l'organisme Vivre en ville, qui a coordonné un des groupes de travail. Elle rappelle que tout le monde a travaillé bénévolement durant plusieurs mois.

Des experts de plusieurs ministères ont aussi été dégagés et disponibles pour accompagner les groupes de travail.

C’est un exercice de concertation sans précédent sur ce sujet-là. Il y a une intelligence collective qui s'est exprimée. Avec cette collaboration, on aboutit à un résultat plus robuste.

Jeanne Robin, directrice principale, Vivre en ville

Ils ont fait partie des groupes de travail :

Hydro-Québec, Énergir, Union des producteurs agricoles, Conseil du patronat du Québec, Association de l’industrie électrique du Québec, Fédération des chambres de commerce du Québec, Bureau d’assurance du Canada, groupes écologistes (Équiterre, Fondation David Suzuki, ENvironnement JEUnesse...), municipalités, universitaires, un cardiologue du CHUM, Association québécoise de la production d’énergie renouvelable, Caisse de dépôt et placement du Québec, Fonds de solidarité FTQ, Banque Nationale, Mouvement Desjardins, Investissement Québec, Fondaction...

Les groupes de travail auront largement contribué à la préparation du PEV [Plan pour une économie verte] et de son plan de mise en œuvre.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement du Québec

10 exemples de recommandations qui devraient inspirer le PEV

Une voiture électrique est rechargée.

Les recommandations adhèrent à la volonté d'électrifier massivement l’économie du Québec en misant sur l'hydroélectricité, richesse renouvelable du Québec.

Photo : Radio-Canada

  • 100 % des nouvelles ventes de voitures devront concerner des modèles électriques ou hybrides rechargeables d'ici 2030
  • Nouveau système d'incitatifs/pénalités à l'achat de véhicules en fonction du profil d'émissions de GES
  • Investissements en transport en commun du même montant que ceux dans le réseau routier dès 2022 (actuellement, c'est trois fois moins)
  • Carboneutralité exigée dès 2022 pour les bâtiments neufs résidentiels et institutionnels, dès 2030 pour les bâtiments neufs commerciaux
  • Aucune perte nette de superficie de la zone agricole entre 2020 et 2030
  • Végétalisation de 100 % de l’ensemble des cours d’école en 2030
  • Réduction de la quantité de matières éliminées par personne, pour atteindre 500 kg en 2022 et 350 kg en 2030
  • Implication du privé dans le financement des investissements verts, pour ne pas se reposer uniquement sur les fonds publics et les subventions
  • 20 % de bioénergies peu émissives, produites localement, dans l'essence d'ici 2030
  • 60 % en moyenne des aliments frais consommés seront locaux ou biologiques d’ici 2030

De nombreuses autres recommandations sont présentes dans le rapport. (Nouvelle fenêtre) Les groupes concluent que tout cela ne sera possible que si le gouvernement montre lui-même l’exemple en se donnant un objectif encore plus ambitieux de réduction des GES à l'égard de ses propres ministères.

Un système de reddition de compte indépendant de ces actions devrait aussi être mis en place. À l’échelle des citoyens, afin de mobiliser la population, l’accent devrait être mis sur l’éducation à l’environnement dans les écoles, dès le plus jeune âge.

La dizaine de membres des groupes de travail que nous avons interrogés ont tous signifié vouloir poursuivre cet exercice de consultation de manière régulière.

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