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Clivage prononcé au Nouveau-Brunswick à la suite des élections

Blaine Higgs en compagnie de son épouse.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, arrive dans son quartier général quelques minutes après avoir remporté la majorité des sièges.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Normand

Radio-Canada

Les francophones et anglophones au Nouveau-Brunswick et les régions du nord et du sud de la province semblent plus divisés que jamais après les élections générales de lundi.

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Ce n’est pas surprenant, selon le politologue Roger Ouellette.

On disait qu’il y avait une vision nord-sud, on l’a vue très clairement. Les libéraux ont raflé tous les sièges dans le nord francophone, sauf évidemment celui de Kent-Nord, qui est détenu par les verts avec Kevin Arseneau. Puis, dans le sud anglophone du Nouveau-Brunswick, le sud-ouest, ç'a été un raz-de-marée [progressiste-conservateur], donc pas vraiment de surprise, affirme Roger Ouellette en entrevue à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

Carte des circonscriptions électorales du Nouveau-Brunswick.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Nouveau-Brunswick est divisé entre le nord et le sud et entre les francophones et les anglophones.

Photo : Radio-Canada

Les progressistes-conservateurs ont fait des gains dans les grandes villes de Fredericton, de Moncton et de Saint-Jean. L’économie aurait joué un rôle dans la décision des électeurs de ces circonscriptions, selon le politologue.

On a quand même un chef progressiste-conservateur qui est de la région de Saint-Jean. Puis, au niveau économique, ça va beaucoup mieux dans le sud de la province. Que ce soit Fredericton, Saint-Jean et Moncton, on sent moins les difficultés économiques que dans le nord de la province. Donc, peut-être que les gens sont un peu plus confiant de l’avenir du Nouveau-Brunswick, de l’avenir de l’économie, que dans le nord où ça paraît plus difficile, estime Roger Ouellette.

Encore un seul élu francophone chez les progressistes-conservateurs

Les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs ne comptent qu’un élu francophone, Daniel Allain, dans Moncton-Est. Le seul francophone élu parmi les progressistes-conservateurs aux élections générales de 2018, Robert Gauvin, a quitté le parti en février pour siéger comme indépendant, avant de rejoindre les rangs des libéraux. Il a été élu dans Baie-de-Shediac-Dieppe.

Le président du Parti progressiste-conservateur, Claude Williams, s’est dit déçu de voir les piètres résultats de sa formation dans les régions francophones, notamment dans le nord.

Les francophones n’ont, encore une fois, pas voulu faire partie d’un gouvernement progressiste-conservateur. Je suis déçu. Espérons que la tendance va changer au cours des prochaines années et qu’on verra plus de francophones, a déclaré Claude Williams.

Kevin Vickers.

Le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, a annoncé sa décision de quitter cette fonction à la suite de sa défaire électorale, lundi.

Photo : Radio-Canada / Sophie Désautels

Les libéraux ont fait élire très peu de candidats anglophones. Le directeur de la campagne libérale, Donald Arseneault, a lui aussi dénoncé le clivage.

La province est divisée plus que jamais : anglais, français, le nord, le sud. Je vous demande de travailler sur l’unité. Il faut que l’unité provinciale avec nos francophones, nos Autochtones, soit la priorité de ce gouvernement, et il a beaucoup de travail à faire, a lancé Donald Arseneault.

L'ancien premier ministre Brian Gallant a lui aussi déploré ce clivage, qui s'est encore plus aggravé depuis les deux dernières élections.

C’était une soirée difficile pour plusieurs personnes du Parti libéral. Et c’était aussi difficile de voir la démarcation linguistique sur la carte électorale.

Brian Gallant, ancien premier ministre et chef du Parti libéral

Une occasion de rapprochement avec les francophones pour Blaine Higgs

Le Parti vert a conservé ses trois sièges dans des régions anglophones et francophones. L’Alliance des gens a perdu l’un des trois sièges qu’elle occupait avant les élections. Elle a aussi perdu sa position de force. Les progressistes-conservateurs, désormais majoritaires, n’auront plus besoin de l'appui de l'Alliance pour gouverner.

M. Higgs peut gouverner sans l’Alliance et ce sera peut-être une occasion pour lui de rebâtir des ponts avec les francophones, affirme Roger Ouellette.

Roger Ouellette.

Roger Ouellette, politologue, est professeur à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Mais pour le moment, on a vu que M. Higgs dans toute cette campagne n’a pas fait de promesses. Il a fait le service minimum pour les francophones. Il avait quand même d’excellents candidats dans le nord de la province, mais tous ces candidats et candidates ont mordu la poussière. L’une des principales raisons : M. Higgs ne passe pas chez les francophones, ajoute le politologue.

Durant son discours de la victoire, Blaine Higgs a brièvement abordé le clivage linguistique et régional. Il a promis de continuer d’être inclusif et collaboratif. Son gouvernement, a-t-il ajouté, va aider toutes les régions à réussir.

Avec des renseignements de La matinale, d’ICI Acadie, de Catherine Allard et de Jacques Poitras, de CBC

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