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Rendez-vous pour dépistage en Outaouais : un système « broche à foin », selon le ministre Lacombe

Trois travailleuses de la santé portant des masques regardent un écran d'ordinateur.

Des travailleuses de la santé à un centre de dépistage de la COVID-19 (archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, qualifie de « broche à foin » le système de prise de rendez-vous téléphonique pour obtenir un dépistage de la COVID-19 en Outaouais.

Dans les derniers jours, les résidents de la région se sont plaints de problèmes techniques liés au système de prise de rendez-vous par téléphone offert par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

C’est inacceptable que les gens téléphonent et que ça raccroche. Ça fait broche à foin et, encore une fois, personne n'est content de ça, je ne suis pas content et le CISSS de l'Outaouais n’est pas content, soutient le ministre Lacombe.

On veut soigner le monde et on veut faire passer les tests. Il faut regarder, c’est un problème avec Bell, il faut s’arranger avec l’entreprise, et on me dit que ça va être fait cette semaine, conclut-il.

Sur la page Internet du CISSS de l’Outaouais, on peut lire : Il y a présentement des problèmes techniques pour la ligne téléphonique COVID-19 dus à un problème du fournisseur. Nous nous excusons des inconvénients et la situation sera rétablie dans les meilleurs délais.

Les résidents de la région peuvent se rendre à la clinique du 135, boulevard Saint-Raymond pour un dépistage sans rendez-vous sept jours par semaine. Cependant, on y constate aussi une surcharge.

La clinique de dépistage connaît une hausse considérable du nombre de patients, ce qui augmente les délais d'attente, peut-on lire sur la page web du CISSS. Il est possible qu'à votre arrivée, nous vous remettions un coupon vous indiquant une heure de rendez-vous.

Lundi, la présidente-directrice générale du CISSS de l’Outaouais, Josée Filion, a promis que le problème téléphonique serait réglé jeudi.

Depuis quelques jours, on a un défi d’accès au niveau de la ligne. On a un grand volume d’appels, plus de 3000 appels par jour, on manque de lignes téléphoniques. Les lignes sont occupées. L’appel se perd. D’ici jeudi, cela devrait être régularisé, soutient Mme Filion.

Surcharge aussi à en Ontario

Une surcharge est aussi constatée de l’autre côté de la rivière des Outaouais avec un grand nombre de résidents qui tentent d’obtenir un dépistage.

À Casselman, la demande a explosé depuis la rentrée scolaire, selon Nicole Laplante, directrice de protection de la santé du Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO). Le Bureau de santé y a installé en avril un centre avec service à l’auto uniquement.

Selon Mme Laplante, lundi, des résidents ont dû attendre plusieurs heures sans pouvoir passer un test de dépistage avant la fermeture du centre.

En moyenne, de 250 à 300 personnes sont dépistées à cet endroit quotidiennement. Des résidents proviennent d'un peu partout dans l'est ontarien, mais aussi d'Ottawa.

Voiture de police et file de voitures le long d'une route.

Une longue file de voitures sur la rue principale à Casselman, en attendant l'entrée du centre de dépistage de la COVID-19, qui offre un service à l'auto.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Mardi avant-midi, les voitures formaient une file d’attente de plus d’un kilomètre près du bureau local du BSEO où se trouve le centre de dépistage. Des agents de la police provinciale de l’Ontario étaient aussi sur place pour assurer la sécurité des automobilistes et contrôler la circulation.

Cet achalandage occasionne de délais quant à la capacité d’analyser les échantillons.

Normalement, ça prend 48 heures, mais on a des personnes [pour qui] ça a pris 4-5 jours avant d’obtenir leurs résultats. Il y a une surcharge au niveau des laboratoires, puisqu’environ 30 000 personnes se font dépister chaque jour dans la région.

Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario

Selon le Dr Roumeliotis, médecin hygiéniste du BSEO, le délai est acceptable, bien que non idéal.

Paul Roumeliotis devant un fond blanc sur lequel on retrouve plusieurs fois le logo du Bureau de santé de l'est de l'Ontario.

Le Dr Paul Roumeliotis

Photo : Radio-Canada

Un message important au public : les tests ne vont pas prévenir les cas positifs de COVID-19 si on ne prend pas les précautions nécessaires. Si on a besoin de faire plus de tests, c’est parce qu’on a plus de personnes en contact. C’est un effet que nous n’avons pas pris les précautions nécessaires, soutient le Dr Roumeliotis.

Le médecin hygiéniste du BSEO appelle au respect des mesures sanitaires pour éviter d'encombrer les services de soins de santé.

On ne veut pas déborder nos systèmes, nos hôpitaux, les soins intensifs, poursuit le Dr Roumeliotis. Cela revient toujours à la prévention pour qu’on puisse diminuer le niveau de COVID-19 dans la communauté. À ce moment-là, on ne va pas surcharger nos capacités de faire des tests et aussi prévenir la surcharge au niveau hospitalier.

Plusieurs personnes font la file à l'aréna Brewer, à Ottawa.

Les autorités disent engager plus de personnel afin que le centre d’évaluation Brewer puisse accueillir les patients 12 heures par jour, 7 jours par semaine (archives).

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La situation est similaire à Ottawa. Dans un communiqué conjoint, l’Hôpital d’Ottawa, le CHEO et la santé publique disent observer un achalandage record au centre de dépistage Brewer.

Nous savions qu'avec le retour des enfants à l'école, nous verrions ces volumes. Pour nous préparer, nous avons triplé la dotation en personnel le mois dernier pour tester les enfants et les jeunes au centre. D'autres sont en cours de formation et encore plus sont embauchés, peut-on lire dans le communiqué.

Lors d'un point de presse mardi, la médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches, a toutefois rappelé que l'agence doit prioriser en matière de qui doit subir un test de dépistage. SPO ne recommande le test de dépistage que pour ceux et celles qui présentent des symptômes de la COVID-19 ou qui sont en contact étroit avec des personnes qui ont reçu un test positif, a affirmé la Dre Etches. Aucune personne sans symptômes ne devrait se faire tester sans l'avis de SPO.

Par ailleurs, les heures d’ouverture de deux centres de dépistage de la COVID-19 d’Ottawa seront allongées au cours des prochains jours pour répondre à la demande accrue. Vera Etches a aussi confirmé que les autorités de santé publique sont à la recherche d'un lieu pour ouvrir une clinique de dépistage dans l'est de la ville.

Avec des informations de Stéphane Leclerc et de Christian Milette

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