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COVID-19 : faut-il cesser de chanter l'hymne national à l'école?

Des adolescents sont assis à leur pupitre dans une salle de classe. Ils portent tous un masque.

Est-il sécuritaire de chanter l'hymne national en classe, même avec un masque?

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

Un peu partout au Canada, de nombreuses écoles ont pour habitude de chanter l'Ô Canada en classe chaque matin. Toutefois, cette année, plusieurs conseils scolaires en Ontario ont aboli la pratique à cause de la COVID-19.

Le Conseil scolaire Viamonde, par exemple, explique avoir pris cette décision afin de lutter contre la propagation du virus de la COVID-19 dans l’air ambiant.

Le chant peut contribuer à la projection de gouttelettes, qui peuvent être porteuses du coronavirus, selon les experts.

Les écoles de Viamonde continuent à diffuser l'hymne national chaque matin dans les haut-parleurs des classes, mais les élèves s'abstiennent de le chanter, ajoute la porte-parole Julie Vanghelder.

Même changement de politique dans les écoles du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO). Nos élèves l'écoutent uniquement et ne pratiquent plus le chant de l'hymne national en salle de classe. Cette consigne est conforme à nos protocoles de santé et sécurité, explique la porte-parole Magali Hureau.

Le plus gros conseil scolaire au pays, le Toronto District School Board, a lui aussi changé sa politique sur l'Ô Canada. Pour le moment, les élèves ne chanteront plus l'hymne national, dit le porte-parole du TDSB, Ryan Bird.

Le Conseil catholique Providence précise que les élèves écoutent l'hymne national, mais ne le chantent pas, conformément aux directives provenant des bureaux de santé publique. L'agente des communications Lyne Cossette ajoute ceci : Certaines écoles profitent de cette occasion pour offrir aux élèves un enseignement de la langue des signes.

Pour sa part, le Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario (CSPGNO) a opté pour un autre type de compromis. On fait jouer l'hymne national et on demande aux élèves de chanter dans leur tête ou très très bas, raconte le directeur de l'éducation, Marc Gauthier.

D'autres conseils scolaires maintiennent la pratique de chanter l'Ô Canada.Les 14 écoles du Conseil scolaire catholique Franco-Nord chantent l’hymne national et récitent la prière à chaque matin, indique la porte-parole Jacqueline Lévesque.

L'Ontario a recensé 313 nouveaux cas de COVID-19 lundi. Quinze écoles de la province ont eu un cas de coronavirus depuis la rentrée.

Les experts sont divisés

En Ontario, le port du masque est obligatoire à l'école à partir de la 4e année, et ce, même en classe.

La spécialiste en santé publique et professeure à l'Université de Toronto Anna Banerji affirme que, dans ce contexte, il est acceptable de continuer à chanter l'hymne national en classe.

Si les élèves ne portent pas de masque, qu'ils ne peuvent respecter l'écart sanitaire et que les infections continuent d'augmenter, là ça pourrait être préférable de ne plus chanter l'Ô Canada, ajoute-t-elle.

Pour sa part, l'expert en maladies infectieuses à l'Hôpital général de Toronto, le Dr Isaac Bogoch, croit qu'il faut cesser immédiatement de chanter l'hymne national à l'école. Ça ajouterait un petit peu plus de protection contre la COVID-19, dit-il.

Même son de cloche de la part du virologue Hugues Loemba, de l'Hôpital Montfort, à Ottawa. Pour lui, il y a plus de risques que de bénéfices à continuer à chanter l'Ô Canada.

Même si le port du masque pourrait atténuer et probablement prévenir la possibilité d’avoir un événement de propagation à grande échelle de la COVID-19, ce serait difficile d’affirmer que la transmission serait à zéro, dit-il. Chanter dans un masque chirurgical peut a priori filtrer complètement les grosses gouttelettes, mais par contre, une partie des aérosols qui sont émis en chantant va s’échapper sur les côtés du masque. Ces aérosols peuvent être émis en forme de jet légèrement vers le haut et sur les côtés, ce qui peut représenter un risque théorique de contamination s’il n’y a pas de distance suffisante entre les élèves.

Le ministère ontarien de la Santé n'a pas encore réagi à notre demande de commentaires sur la question.

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