•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les professionnelles de la santé n'entendent plus « travailler à se rendre malade »

Les manifestants tiennent des pancartes au-dessus de leurs têtes.

Des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont dénoncé leur conditions de travail difficiles devant le Parlement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En négociations avec Québec pour le renouvellement de leur convention collective, des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont tenu une action symbolique devant le Parlement à Québec, mardi.

Ces infirmières et professionnelles des soins de santé voulaient ainsi dénoncer leurs conditions de travail, lesquelles, déjà difficiles, se sont détériorées pendant la pandémie, disent-elles.

Filmées par un drone, les manifestantes ont soulevé des panneaux, qui, du haut des airs, formaient la phrase : on tient le réseau à bout de bras, travailler à se rendre malade, c’est terminé.

Salaire et conditions de travail sont donc en jeu dans cette négociation, et les propositions gouvernementales n’ont pas encore été jugées suffisantes. Québec propose une hausse salariale de 5 % sur trois ans.

Parallèlement à cette action, la FIQ lançait mardi une campagne publicitaire avec le slogan : les soins de santé sont à l'agonie, nous sommes la solution.

Nancy Bédard, présidente de la FIQ, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, se dit consciente du poids de son slogan, encore plus dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

Ce n'est pas un slogan, c'est la réalité, soutient-elle. Il faut arrêter de dire que tout va pas si pire.

Mme Bédard croit que la solution passe par une amélioration des conditions d'exercice et de salaire de ses membres correspondant à la reconnaissance de leur importance dans le système de santé, par des ratios infirmière-patients sécuritaires et par des équipes de travail complètes et stables.

Quand tu n'as que la moitié des infirmières, infirmières auxiliaires que tu es censé avoir... Quand tu leur demandes de faire 16 heures en ligne, trois jours en ligne... C'est ça la réalité. Je n'ai plus de mots pour dire à quel point le système de santé est fragilisé, a lancé Mme Bédard.

Loin de s'améliorer, le phénomène d'épuisement des infirmières s'est aggravé avec les arrêtés ministériels qui ont permis de limiter les vacances cet été et d'imposer des transferts de personnel, argue-t-elle.

C'est pire que pire avec les arrêtés ministériels. Les professionnelles en soins sont découragées, démissionnent, partent en invalidité. Elles n'ont plus de jus, rapporte la dirigeante syndicale.

Le gouvernement Legault a tout de même admis que le manque de personnel dans les CHSLD avait été un des éléments clés de la crise qui y a sévi le printemps dernier. Et il a adopté des mesures exceptionnelles pour former des milliers de préposés aux bénéficiaires avec une rapidité inégalée.

De plus, le gouvernement a demandé à ses institutions de limiter les mouvements de personnel au plus fort de la crise. Il a aussi octroyé des primes aux travailleurs qui affrontaient le coronavirus, dont les infirmières.

Interrogée à ce sujet, Mme Bédard admet que l'ajout de préposés aux bénéficiaires, ça vient soutenir l'équipe de soins en CHSLD. Mais cela ne suffira pas, assure-t-elle. Elle cite le cas de l'unité des soins intensifs de l'Hôpital de Gatineau, qui a dû suspendre ses activités la fin de semaine dernière faute d'infirmières.

Mme Bédard souligne que si les infirmières s'en tenaient à leur horaire de travail, au contrat qu'elles ont signé avec leur employeur, à leur poste, si elles ne faisaient que donner ce qu'elles ont convenu de donner dans leur contrat avec leur employeur, la moitié du Québec fermerait dans les établissements de santé.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !