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Attention aux faux tableaux d’artistes québécois vendus sur Internet

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Aquarelle et encre sur papier peinte en 1948 par Jean Paul Riopelle

Jean Paul Riopelle, «Sans titre», 1948. Le peintre québécois faire partie des artistes dont les œuvres sont copiées, puis vendues à fort prix sur Internet.

Photo : Radio-Canada / Anne-Josée Cameron

Radio-Canada

Des tableaux de Jean-Paul Riopelle, de Marc-Aurèle Fortin, de Jean-Paul Lemieux, de Dominic Besner ou encore de Marcel Barbeau achetés pour une bouchée de pain sur Internet : c’est le piège dans lequel tombent des personnes croyant flairer la bonne affaire. Pourtant, ces toiles se révèlent fausses, et ces acheteurs ou acheteuses ont peu de recours à l’encontre de faussaires qui ont déjà disparu.

L’artiste peintre québécois Dominic Besner a vu des copies de faux tableaux être mises à l’encan sur Internet et être vendues pour le quart du prix d’une de ses toiles.

C'est choquant, un peu, pour les collectionneurs qui ont acheté un Besner et qui se sont fait flouer, a déploré Dominic Besner, au micro de Louis-Philippe Ouimet, journaliste culturel à Radio-Canada.

C'est après avoir analysé deux faux tableaux que le directeur studio de l'artiste a dû annoncer à deux personnes qui pensaient avoir mis la main sur des originaux que les œuvres étaient des copies. Le copiste a utilisé un pinceau, alors que Dominic Besner travaille à la spatule et au doigt.

Ces personnes attendent toujours de pouvoir être remboursées.

Barbeau, Riopelle et Fortin aussi touchés

Le peintre et sculpteur Marcel Barbeau fait aussi partie des artistes visuels québécois dont le travail est copié pour être exploité. Ce phénomène désole Ninon Gauthier, sa veuve et la présidente de la Fondation Marcel Barbeau.

C'est choquant aussi parce qu'il y a des gens qui essaient de faire un peu d'argent avec son nom en imitant ses œuvres... en le trahissant, a-t-elle déclaré.

Parmi les artistes québécois les plus copiés figurent Marc-Aurèle Fortin, Jean-Paul Lemieux et Jean-Paul Riopelle, dont les œuvres coûtent des millions de dollars. Plus l’artiste est connu internationalement, plus son corpus est grand, plus les faussaires vont le copier, a indiqué Alain Lacoursière, consultant en œuvres d'art.

Des faux tableaux venus de Chine

Selon cet ancien policier, le phénomène des faux tableaux ne date pas de l’arrivée d’Internet. Le faux existe depuis toujours, depuis que le vrai existe, a-t-il ajouté, estimant qu’il n’y a pas plus de faux tableaux dans le monde maintenant qu’il y a 30 ou 40 ans.

Depuis une douzaine d’années qu’il s’est lancé dans l’authentification d’œuvres, la moyenne des copies tourne autour de 3 à 4 %.

Aujourd’hui, les copies viennent principalement de Chine, où elles sont surtout réalisées à bas prix et à grande échelle.

Un faussaire ne choisira pas nécessairement les œuvres les plus connues ou les plus cotées d’un artiste : il va faire une copie qui sera vendue à quelques milliers de dollars pour passer inaperçu.

Alain Lacoursière, consultant en œuvres d'art

J’ai vu des artistes qui ne sont même pas en galerie et qui ne sont que sur Internet pour se faire copier en Chine, a-t-il ajouté, soulignant que, là-bas, les copistes ne sont parfois âgés que de 8 ans.

Vérifier l’authenticité avant d’acheter

Comment les personnes amatrices d’art peuvent-elles se protéger de ce type d’arnaques? Alain Lacoursière leur conseille de bien s’informer : Les gens ne prennent pas le temps d’aller voir s’il y a une différence [entre le prix proposé sur Internet et celui] des œuvres en galerie ou d’appeler quelqu'un.

Selon cet ancien policier, certaines caractéristiques – comme une signature écrite au stylo-feutre sur une toile des années 1940 – devraient alerter un acheteur ou une acheteuse. Le stylo-feutre a été inventé dans les années 1960.

Autre indice : l’orthographe.

Je vois des choses achetées sur eBay où il manque le "S" à Borduas... C'est assez clair que quelqu'un qui est collectionneur ne s'attend pas à avoir un vrai Borduas.

Alain Lacoursière, consultant en œuvres d'art

Dominic Besner, dont chaque œuvre est numérotée à l'endos, a expliqué qu’il était possible d’appeler son atelier pour s’assurer que ce code est authentique.

De son côté, Michael Mensi, propriétaire de la Galerie MX, une galerie d’art contemporain située à Montréal, aimerait voir le milieu de l’art mieux cataloguer les toiles pour éviter la triche. Si les galeristes, les artistes, l’ensemble de l’industrie se mettaient d'accord [pour] faire enregistrer [les] tableaux par une agence gouvernementale ou autre, ça couperait les faux, la vente au noir, mais on le fait pas.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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