•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les feux dans l'Ouest américain, champ de bataille présidentiel

Un pompier travaille à l'extinction du feu de Bobcat à Arcadia, en Californie.

Dans la dernière semaine seulement, les incendies ont fait au moins 16 victimes en Californie.

Photo : Reuters / Patrick T. Fallon

Qualifié de « pyromane en chef » par le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, qui a martelé l'urgence climatique, le président Donald Trump s'est rendu lundi en Californie, où il a lié les incendies meurtriers qui ravagent la côte ouest américaine à une mauvaise gestion forestière.

Les dizaines de brasiers qui continuent de brûler dans les États de Washington, de l'Oregon et de la Californie se sont immiscés à l'avant-plan de la campagne présidentielle, ce qui a mis en exergue une autre différence majeure entre les deux candidats, cette fois sur un enjeu environnemental.

Au cours d'une réunion d'information avec des responsables californiens à Sacramento, dont le gouverneur démocrate Gavin Newsom, le président républicain a balayé du revers de la main les arguments mis de l'avant par le secrétaire des ressources naturelles, Wade Crowfoot, qui invoquait les effets importants des changements climatiques.

Ça va commencer à se refroidir. Vous verrez.

Donald Trump

J'aimerais que la science soit d'accord avec vous, a répondu son interlocuteur. Je ne pense pas que la science le sache, en fait, a rétorqué le président républicain, qui ne portait pas de masque, contrairement à la grande majorité des participants.

Lors de son échange avec le gouverneur Newsom, il s'était montré moins tranchant.

Le président Trump, qui ne porte pas de masque, regarde le gouverneur Gavin Newsom lors de sa réunion avec des responsables de la Californie qui, eux, en portent.

Le présidentTrump a participé à la réunion d'information à McClellan Park, le centre névralgique des opérations de lutte contre les incendies en Californie.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Non sans avoir d'abord remercié le président pour l'aide fédérale et souligné l'importance de la relation de travail entre l'État et le gouvernement central, le gouverneur démocrate avait lui aussi abordé la question.

Nous avons des dômes de chaleur comme nous n'en avons jamais vu dans notre histoire, a argué Gavin Newsom. Nous sommes d'avis, humblement, que la science a parlé et que les preuves observées montrant que le changement climatique est réel et qu'il exacerbe cela sont évidentes.

Je pense donc qu'il y a au moins un point commun en ce qui concerne la végétation et la gestion des forêts. Mais s'il vous plaît, respectez – et je sais que vous le faites – la différence d'opinions ici en ce qui concerne cette question fondamentale sur la question du changement climatique, a déclaré M. Newsom.

Absolument, a répondu M. Trump, qui a déjà qualifié les changements climatiques de canular chinois.

Selon le consensus scientifique, les changements climatiques agissent comme accélérateurs des incendies de forêt en augmentant les températures extrêmes et la sécheresse. Des scientifiques du gouvernement fédéral ont conclu, il y a deux ans, que les émissions de gaz à effet de serre provenant de a combustion de combustibles fossiles pourraient tripler la fréquence des incendies graves dans les États de l'Ouest américain, rapportait le New York Times.

Les incendies, qui ont brûlé plus de deux millions d'hectares, ont tué au moins 35 personnes depuis le début de l'été, dont 27 dans la semaine, en plus de contraindre des milliers de personnes à fuir leur domicile.

En Oregon, plus de 400 000 hectares sont déjà partis en fumée : c'est le double de ce qui y brûle habituellement chaque année, a souligné dimanche la gouverneure Kate Brown, sur les ondes de CBS.

La saison des feux ne s'achève en théorie qu'en novembre.

Trump insiste sur la gestion des forêts

Interrogé par les journalistes dès sa sortie de l'avion sur le rôle joué par le réchauffement climatique sur ces incendies, le président Trump a insisté sur la gestion des forêts, comme il l'a fait entre autres lors d'un rassemblement partisan au Nevada, samedi.

Les nations forestières comme l'Autriche et la Finlande n'ont pas de problèmes comme celui-ci, a-t-il soutenu.

Quand les arbres tombent après une courte période de temps, environ 18 mois, ils deviennent très secs, ils deviennent comme une allumette, vous savez, il n'y a plus d'eau qui passe et ils deviennent très, très... ils explosent, tout simplement, ils peuvent exploser, a-t-il dit en guise d'explication, ajoutant que les feuilles mortes sur le sol agissaient comme combustible.

Ils doivent faire quelque chose à ce sujet, a soutenu Donald Trump qui, à maintes reprises au cours des derniers jours, a fait porter le blâme des périodes d'incendies catastrophiques en Californie, en Oregon et dans l'État de Washington aux gouverneurs de ces États, tous démocrates.

Le mois dernier, au cours d'un rassemblement partisan en Pennsylvanie, il avait menacé de retenir l'aide fédérale à la Californie si elle ne ramassait pas les feuilles [mortes] et les arbres arrachés.

Au cours de la réunion avec le président, le gouverneur Newson a noté au passage que seul 3 % du territoire californien était sous la responsabilité de l'État, alors que les terres forestières fédérales représentaient 57 % du territoire de l'État.

L'administration Trump et celle de Gavin Newsom ont souvent croisé le fer, notamment sur la lutte contre les changements climatiques. En septembre 2019, le président Trump a par exemple annoncé qu'il enlevait à son État le droit de fixer ses propres normes pour les émissions de gaz à effet de serre par les véhicules et, quelques semaines plus tard, a lancé une poursuite pour faire invalider l’entente sur une bourse du carbone liant la Californie au gouvernement du Québec.

Biden dénonce l'inaction de son rival

Évoquant les feux dans l'ouest du pays, mais aussi les inondations dans le Midwest et les ouragans le long de la côte du golfe du Mexique, Joe Biden a pour sa part attaqué le bilan de son adversaire, lui reprochant son inaction dans la lutte contre les changements climatiques.

Au cours de son mandat, Donald Trump a annulé plusieurs politiques visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Le déni climatique de Donald Trump n'a peut-être pas causé ces incendies, ces inondations et ouragans records, mais s'il obtient un second mandat, ces événements infernaux continueront à devenir plus fréquents, plus dévastateurs et plus meurtriers, a accusé Joe Biden.

Si on donne à un pyromane du climat quatre ans de plus à la Maison-Blanche, comment pourrait-on s'étonner que l'Amérique s'embrase encore davantage? Si vous donnez à un négationniste du climat quatre années de plus à la Maison Blanche, pourquoi serait-on surpris qu'une plus grande partie de l'Amérique soit sous l'eau?

Joe Biden

Il a par ailleurs mis en relief les conséquences des changements climatiques sur les Américains des banlieues, reprenant à son profit une attaque de Donald Trump à son encontre, qui l'accuse de vouloir détruire le mode de vie des banlieues, voire les banlieues elles-mêmes.

Si nous avons quatre années supplémentaires de déni climatique de Trump, combien de banlieues seront brûlées dans des incendies?, a-t-il demandé. Combien de quartiers de banlieue auront été inondés? Combien de banlieues auront été emportées par des tempêtes dévastatrices?

Nous devons agir comme une seule nation pour relever ce défi existentiel, a-t-il affirmé, plaidant entre autres pour la création d'emplois dans les énergies renouvelables. Ou nous pouvons choisir la voie de Donald Trump : ignorer les faits, nier la réalité, ce qui revient à se rendre complètement.

Avec les informations de Associated Press, et New York Times

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !