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Valérie Plante « préoccupée » par les crimes violents qui secouent la métropole

Le SPVM a déployé davantage d'enquêteurs et de patrouilleurs sur le terrain, assure la mairesse.

Des ambulances et des voitures de police.

La fusillade du Vieux-Port, dans la nuit de samedi à dimanche, a éclaté après l'arrivée de trois policiers tout près d'une terrasse du quai de l'Horloge.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Grégoire

Fusillade dans le Vieux-Port, coups de feu tirés sur un immeuble de logements de Pointe-aux-Trembles... Les événements du week-end dernier sont « inquiétants », admet la première magistrate de Montréal.

Dans un communiqué transmis aux médias lundi midi, Valérie Plante se dit « préoccupée » par les crimes violents qui secouent la métropole ces jours-ci.

Nous prenons la situation très au sérieux et mettons en place toute une série d’actions afin d’endiguer la problématique des crimes violents, écrit-elle. Nous ne pouvons accepter que des gestes susceptibles de blesser gravement ou même tuer des citoyennes et des citoyens se produisent sur le territoire de Montréal.

Tout sera mis en œuvre pour assurer la sécurité et le bien-être de l’ensemble de la population et rapidement résoudre ces cas.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Une fusillade a éclaté au quai de l'Horloge vers 2 h du matin, dimanche. Un homme de 33 ans a fait feu en direction de trois policiers, qui ont répliqué. En tout, une trentaine de coups de feu ont été échangés. La fusillade n'a fait aucune victime, mais cinq personnes ont été blessées : un policier, l'assaillant et trois témoins. Le BEI a ouvert une enquête.

Puis, la nuit suivante, d'autres coups de feu ont été tirés vers 23 h 45 sur un immeuble de la rue Montmartre, dans le secteur de Pointe-aux-Trembles. Personne n'a été touché, mais les voisins ont eu très peur. Plusieurs ont composé le 911.

Afin de rassurer la population et prévenir d'autres incidents violents, la SPVM a déployé davantage d'enquêteurs et de patrouilleurs sur le terrain, a fait savoir la mairesse Plante, lundi.

Dans le Vieux-Montréal, ces policiers seront davantage présents aux heures jugées plus critiques, spécifie-t-elle, notamment à la fermeture des bars.

Ottawa doit aussi s'en mêler

Mais la solution passe aussi par un meilleur contrôle des armes, estime Valérie Plante.

J'en ai souvent parlé, mais je pense qu'il devrait y avoir plus de mesures légales pour interdire la possession d'armes à feu à ceux qui ne devraient pas en avoir, justement, a-t-elle affirmé en anglais, lundi après-midi, lors d'un point de presse devant l'édifice Lucien-Saulnier.

Cela dit, c'est quelque chose qui n'est pas entre mes mains, a poursuivi Mme Plante. On doit continuer à mettre de la pression sur le gouvernement du Canada, car je ne pense pas que ce dossier devrait être réglementé différemment d'une ville à l'autre, a-t-elle fait valoir.

Questionnée sur la réduction du financement de la police envisagée par son administration – à la fois pour répondre aux demandes de certains militants antiracistes, mais également pour des raisons budgétaires –, la principale intéressée s'est contentée de dire qu'il fallait séparer les choses.

Quand il y a des tirs comme on l'a vu dans le Vieux-Montréal, ce qu'on veut, c'est la police qui est là, qui court après la personne qui a tiré, a-t-elle illustré. Mais quand il y a des interventions à faire avec des personnes qui ont des problèmes de santé mentale ou des itinérants, peut-être que [d'autres outils seraient plus appropriés], et c'est de ça dont il est question, moi, je trouve, par rapport au mouvement de définancer la police.

La faute à la COVID-19?

Entre-temps, résidents et commerçants du Vieux-Montréal manifestent leurs inquiétudes. C'est le cas, entre autres, de Jean Perron, président de SOS Labyrinthe, qui souligne que plusieurs événements faisant intervenir des coups de feu ou des armes blanches se sont produits cet été dans le secteur.

Avec la pandémie, constate-t-il, les touristes ont déserté le Vieux-Montréal pour faire place à une faune indésirable.

M. Perron reproche entre autres à la Ville d'avoir fermé une partie de la rue de la Commune à la circulation automobile cet été, ce qui en a fait, à son avis, un dortoir à ciel ouvert. L'absence de touristes accentue aussi le sentiment d'insécurité, selon lui, car de nombreuses rues sont presque désertes jour et nuit.

Tout l'été, on a vécu [avec] une clientèle qu'on n'avait jamais vue dans le Vieux-Port et dans le Vieux-Montréal en général.

Jean Perron, président de SOS Labyrinthe

Le SPVM observe la même chose. Depuis le déconfinement, a confié au 15-18 David Bertrand, inspecteur aux enquêtes criminelles, on a [constaté] une légère hausse d'événements [faisant intervenir des armes à feu ou des armes blanches] dans un court laps de temps.

Le 22 août dernier, par exemple, une double tentative de meurtre a été commise vers 2 h 30 du matin à l'intersection des rues Saint-Paul et Saint-François-Xavier. Deux hommes dans la trentaine ont été blessés par balles au haut du corps, mais ils ont par la suite refusé de collaborer avec les enquêteurs.

Un secteur sûr... en plein jour

Après de tels incidents, les résidents du Vieux-Montréal risquent d’être quelque peu réticents à sortir de chez eux après le coucher du soleil, estime la présidente de leur association, Christine Caron.

Ce genre d’événements là, ce n’est pas intéressant, ni pour les résidents, ni pour les commerçants, ni pour le tourisme, a-t-elle confié lundi à l’émission Tout un matin. Je pense qu’il y aura peut-être des impacts à long terme, si on continue dans cette direction-là, qui sont à considérer.

La Société de développement commercial du Vieux-Montréal, pour sa part, a réitéré lundi sa confiance envers les policiers du poste de quartier 21, dont le territoire couvre le cœur de l'arrondissement de Ville-Marie.

Elle rappelle par ailleurs que les événements des derniers jours se sont déroulés à une heure tardive dans la nuit et qu’à aucun moment la vie quotidienne et les opérations régulières du Vieux-Montréal n’ont été impactées.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

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