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Le principal glacier de l'Arctique se fracture sous l'effet de la chaleur

Une image satellite du glacier montre qu'une masse de glace s'est détachée.

Une image satellite du glacier 79 N captée par Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne, à la fin août.

Photo : Copernicus EU

Agence France-Presse

Conséquence directe du réchauffement climatique et des températures plus élevées au Groenland, une masse de glace de 113 kilomètres carrés, soit l'équivalent du double de la superficie de Manhattan, vient de se détacher du plus grand glacier existant dans l'Arctique, ont annoncé lundi des scientifiques danois.

Nous observons une augmentation de la vitesse [de désintégration] sur cette calotte de glace, la plus grande restante, a déclaré à l'AFP Jason Box, professeur de glaciologie à l'institut géologique du Danemark et du Groenland (GEUS).

Sur les images satellites diffusées par le GEUS, on peut constater que de vastes surfaces de glace se sont désormais séparées du glacier 79 N, ce gigantesque glacier du nord-est du territoire arctique, qui débouche dans le fjord 79 (Nioghalvfjerdsfjorden).

Il est normal qu'un glacier relâche de temps à autre des icebergs, mais pas d'immenses plateformes gelées de cette taille.

Depuis 1999, la calotte de glace du glacier 79 N a perdu 160 kilomètres carrés, soit une superficie presque deux fois plus importante que celle de l'île de Manhattan, a souligné l'institut dans un communiqué. Ces deux dernières années, ce phénomène s'est accéléré.

Une image satellite du glacier en août 2013.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une image satellite du glacier en août 2013, avant que la masse de glace se détache.

Photo : EU COPERNICUS AND GEUS via Reuters

Si les étés chauds comme ceux que nous avons observés ces deux dernières années se multiplient, ils vont contribuer davantage encore à l'accélération de l'élévation du niveau de la mer à l'échelle mondiale, a expliqué le chercheur.

La fonte de la calotte glaciaire du Groenland a entraîné une hausse du niveau des océans de 1,1 centimètre de 1992 à 2018, avaient calculé les auteurs d'une étude parue en décembre dernier dans la revue Nature.

D'après une récente étude de l'Université de Lincoln, au Royaume-Uni, la diminution des surfaces gelées au Groenland devrait contribuer à hauteur de 10 à 12 centimètres à la hausse du niveau des mers d'ici 2100.

Dans la région, les températures ont augmenté d'environ 3 °C depuis 1980 et se sont établies à des niveaux records en 2019 et en 2020.

Un glacier voisin, le Zachariae, a quant à lui vu la disparition de sa plateforme glaciaire en 2015 après un processus similaire de désintégration. À partir du début des années 2000, il avait perdu quelque 5 milliards de tonnes de glace par an.

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