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Non, le NY Times n'a pas dit que 90 % des tests positifs du coronavirus étaient faux

Il s'agit d'un détournement de l'article du quotidien new-yorkais.

Une femme parle à la caméra.

Capture d'écran de la vidéo qui circule.

Photo :  Capture d’écran - YouTube

Une vidéo virale affirme que le New York Times a déterminé que 90 % des tests PCR positifs pour le coronavirus sont en fait de faux positifs et que les statistiques liées à la pandémie sont donc gonflées. Toutefois, l'article en question ne fait aucune affirmation de la sorte.

Le New York Times rapporte que jusqu'à 90 % des tests COVID PCR positifs auraient dû être négatifs, proclame une vidéo publiée sur YouTube le 4 septembre et partagée plus de 9300 fois sur Facebook. Le test PCR, ou test d'amplification en chaîne par polymérase à transcription inverse, est celui qui est le plus communément utilisé pour dépister la COVID-19.

Selon un nouveau rapport qui fait l'effet d'une bombe, jusqu'à 90 % des tests positifs dans plusieurs États de notre pays auraient dû être négatifs, peut-on lire dans les sous-titres de cette traduction d'une vidéo anglaise publiée par le réseau américain One America News Network (OANN).

Il est aussi possible de voir défiler sur les réseaux sociaux des publications ou des mèmes affirmant que les tests PCR sont à 90 % inefficaces, et que les statistiques de personnes infectées à la COVID-19 sont donc gonflées.

Or, ce n'est pas ce que dit l'article du New York Times en question. Son auteure, Apoorva Mandavilli, a d'ailleurs vivement dénoncé sur Twitter cette interprétation de son billet.

À ceux qui déforment l'article sur le test PCR pour dire que c'est la raison pour laquelle les statistiques américaines sont élevées : c'est un gros NON. Les gens qui reçoivent un test positif sont infectés, mais il est simplement possible qu'ils ne puissent pas transmettre l'infection, a-t-elle écrit.

Ce que dit vraiment l'article du New York Times

Le 29 août, le New York Times publiait un article intitulé Votre test du coronavirus est positif. Peut-être ne devrait-il pas l'être.

Dans celui-ci, le Dr Michael Mina, épidémiologiste à l'école de santé publique T.H. Chan de Harvard, expliquait que les tests PCR, la sorte de test le plus populaire pour dépister la COVID-19 aux États-Unis, donne des résultats positifs pour des gens qui portent une très faible charge virale, soit le nombre de virus porteurs de la COVID-19 dans leur organisme. Ces gens sont souvent asymptomatiques ou en rémission.

Le Dr Mina déplorait que ces tests extrêmement précis indiquent seulement la présence du virus, mais ne donnent pas d'informations sur la charge virale. De plus, ces tests sont coûteux et nécessitent parfois quelques jours pour recevoir un résultat.

Il expliquait que cela peut causer des embouteillages dans le système de santé, alors que des gens qui ne peuvent plus transmettre l'infection sont traités de la même façon que des personnes qui ont une importante charge virale et qui sont donc très contagieuses. Il en résulte selon lui un gaspillage de ressources, alors que celles-ci sont déployées pour isoler et pour effectuer des traçages de contacts de personnes qui ne sont plus contagieuses.

Nous utilisons une seule donnée pour tout, et c'est positif ou négatif, c'est tout, affirmait le Dr Mina. Nous utilisons cette donnée pour le diagnostic clinique, pour la santé publique, pour les décisions politiques.

Dans l'article, on souligne que dans un échantillon de tests positifs compilé dans les États du Massachusetts, de New York et du Nevada, près de 90 % comportaient une faible charge virale, d'où la statistique mise de l'avant dans la vidéo d'OANN.

Le Dr Mina et d'autres chercheurs consultés dans l'article croyaient tout simplement que le test PCR tel que conçu actuellement était possiblement trop sensible et trop coûteux pour l'état actuel de la pandémie aux États-Unis.

Des tests PCR très sensibles semblaient être la meilleure option pour traquer le coronavirus au début de la pandémie. Par contre, pour les foyers d'infection actuels, [le Dr Mina affirme] qu'il faut des tests de coronavirus qui sont rapides, peu coûteux et amplement disponibles pour qu'on puisse tester toutes les personnes qui en ont besoin – même si les tests sont moins sensibles, est-il écrit dans l'article.

Nulle part n’est-il mentionné que les tests PCR donnent de faux résultats positifs, encore moins dans 90 % des cas. L'article expliquait simplement que ces tests peuvent détecter des quantités minuscules du virus, qu'ils donnent un résultat positif chez des personnes qui ne sont possiblement plus contagieuses et qu'il faudrait plutôt être capables de mieux identifier les personnes qui le sont toujours pour mettre en place des stratégies plus efficaces pour endiguer la pandémie.

Benoit Barbeau, chercheur en virologie au Département de sciences biologiques de l’UQAM et membre du Réseau intersectoriel de recherche en santé de l'Université du Québec (RISUQ), précise que, même si ces tests détectent une faible présence du virus, il n'en demeure pas moins que la personne a été exposée au coronavirus.

Ce ne sont pas vraiment de faux positifs. Ce sont quand même après tout des gens qui ont été infectés, a-t-il tranché lors d'une entrevue téléphonique.

Ces chiffres-là sont loin d’être faux et sont en fait informatifs pour nous donner une idée du nombre de personnes dans la population qui ont été infectées, ajoute-t-il.

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