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Congestion pour l’obtention d’un permis de conduire

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Une affiche sur le toit d'une voiture indique «Élève au volant».

Le reportage de Marc-Antoine Lavoie

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Les écoles de conduite de la région de Québec peinent à rattraper le retard occasionné par la pandémie de la COVID-19. Après une pause forcée de trois mois, les demandes d’inscription s’accumulent et les délais s’allongent de façon exponentielle.

Pour l’instant, les délais sont d’au moins quatre mois, répond la secrétaire de l’École de Conduite Rond-Point à Lévis, Nancy Carrier. Aussitôt l’appel terminé, le téléphone sonne à nouveau et le refrain se répète.

On doit par période fermer les lignes parce qu’il faut nous aussi appeler nos clients. J'ai quand même trois à quatre personnes par jour sur les téléphones. Les lignes sont complètement engagées à longueur de journée, relate le propriétaire de l’école, Pierre Tremblay.

Une femme répond au téléphone.

Les lignes téléphoniques de l'École de Conduite Rond-Point sont occupées toute la journée, explique la secrétaire de l’École de Conduite Rond-Point à Lévis, Nancy Carrier.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les trois points de service de l’école de Conduite Rond-Point sont surchargés, du jamais vu depuis l’ouverture en 1997.

Veuillez raccrocher et réessayer plus tard

Les autres écoles de conduite sont dans la même situation. Dans certains cas, c’est impossible de les contacter par téléphone.

C’est le cas pour les écoles Tecnic de la région. Toutes nos lignes sont présentement occupées. Veuillez raccrocher et réessayer plus tard, affirme un message préenregistré au bout du fil.

Pierre Tremblay est conscient qu’avec ces délais, plusieurs jeunes se retrouvent le bec à l’eau. On en a qui rentre dans un DEP qui ont besoin d'un permis pour manipuler des machineries et des choses de même, déplore-t-il.

Nous, on fait tout ce qu'on peut. On avait déjà un peu de retard avant la COVID, dû au manque de personnel, et là, on se ramasse avec un trois mois d'arrêt complet.

Pierre Tremblay, propriétaire de l'École de Conduite Rond-Point
Pierre Tremblay est propriétaire de l'École de Conduite Rond-Point à Lévis.

Pierre Tremblay est propriétaire de l'École de Conduite Rond-Point à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Solution à Rivière-du-Loup

Nouvellement recruté dans l’équipe de basketball des Titans du Cégep Limoilou, le Lévisien Félix Beaumont attend avec impatience l’obtention de son permis de conduire.

Sans la possibilité de conduire, le jeune homme de 16 ans doit faire 1 h 30 d’autobus matin et soir. Il avait entamé des cours avec l’école Tecnic de Lévis, mais les nouveaux délais causés par la pandémie n’étaient pas satisfaisants.

Avec ses entraînements, ses cours et ses devoirs, il trouvait inconcevable de passer 3 h par jour dans un autobus.

J'en recevais un ou deux [cours de conduite] par mois et il m'en restait de 8 à 10 à faire, alors je me disais que j'allais avoir mon permis très tard dans l'année. Il me le faut le plus rapidement possible pour aller au cégep, mentionne Félix Beaumont.

Félix Beaumont devant le Cégep Limoilou.

Faute de place dans la région de Québec, Félix Beaumont doit suivre ses cours de conduite à Rivière-du-Loup.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

L’athlète a donc décidé de faire la route jusqu’à Rivière-du-Loup pour suivre ses derniers cours. Logiquement, je devrais avoir mon permis au début du mois de novembre, se réjouit-il.

Plus de personnel

Pierre Tremblay croit que le nerf de la guerre est l’embauche d’employés pour devenir moniteur. Pour cela, il faudrait que le gouvernement assouplisse ou subventionne les formations à donner aux futurs moniteurs.

Ces formations sont aux frais du commerce. C’est difficile de trouver du personnel qui veut travailler de soir et de fin de semaine avec des salaires qui ne sont pas énormes. C’est sans compter la Prestation canadienne d’urgence qui a nui à tous les commerces, se désole-t-il.

Depuis janvier 2010, le prix des cours de conduite était fixé à 825 $. Après des années de revendications, il a été haussé à 937 $ en janvier dernier.

Selon M. Tremblay, cette augmentation est insuffisante pour offrir de meilleures conditions pour ainsi engager davantage de moniteurs.

Les deux hommes dans la voiture, masques sur le visage et ceinture de sécurité bouclée, passent en revue les cadrans du tableau de bord.

Les moniteurs pour les cours de conduites sont une denrée rare.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Pas un scénario envisageable

Le ministère des Transports affirme toutefois que l’augmentation tarifaire n’est assurément pas un scénario envisageable actuellement.

L’attachée du ministre François Bonnardel Florence Plourde relève toutefois que plusieurs mesures ont été mises en place comme la formation à distance, l’allègement de certaines mesures comme la suspension de l’obligation des cours en alternance entre la théorie et la pratique, la formation des formateurs en ligne et autres.

Le ministre est à regarder l’ensemble des façons de faire concernant le déploiement des cours de conduite.

Florence Plourde, attachée du ministre François Bonnardel

Félix Beaumont espère que cette analyse sera productive. Il constate ne pas être le seul dans cette situation. Il y a des jeunes qui habitent encore plus loin en campagne et qu'ils ne sont pas capables de voyager à l'école.

En ce qui concerne la Société de l’assurance automobile du Québec, on assure être en train de rattraper le retard pour les examens de conduite.

On est à 85 % de notre capacité en raison des mesures sanitaires. On est en train d'essayer de régler l'embâcle. On s'y approche de plus en plus, confirme le porte-parole Gino Desrosiers.

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