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Interruption de service à Gatineau : le CISSS appelle d'autres hôpitaux du Québec à l'aide

Quatre patients ont été transférés à Montréal, Buckingham et Maniwaki.

Un panneau annonçant l'Hôpital de Gatineau.

Des patients de l’Hôpital de Gatineau ont été transférés à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a présenté trois solutions lundi pour mettre fin à l'interruption de service aux soins intensifs de l'Hôpital de Gatineau, qui a forcé le transfert de quatre patients vers d'autres établissements de santé.

La présidente-directrice générale du CISSS de l'Outaouais, Josée Filion, a expliqué dans un point de presse en fin d'après-midi que près de neuf infirmières pourraient être rapatriées aux soins intensifs, après avoir été formées si nécessaire.

De plus, le CISSS de l'Outaouais a fait appel aux PDG des autres CISSS de la province pour que des infirmières d'autres établissements de santé viennent prêter main-forte.

Enfin, à moyen terme, il envisage de former un bassin d’infirmières des soins intensifs.

Mme Filion a précisé que 9 employés sur 15 du service des soins intensifs de l’Hôpital de Gatineau sont actuellement absents. Ces absences sont le fait de congés maladie, de maternité et de paternité, a-t-elle affirmé.

Faute de personnel, quatre patients ont dû être transférés des soins intensifs de l'Hôpital de Gatineau à des hôpitaux à Montréal (2), Buckingham (1) et Maniwaki (1) au cours de la fin de semaine.

Mme Filion n'a pas donné de date quant à la fin de l'interruption de service. Nous rouvrirons les services dans le meilleur délai, a-t-elle seulement affirmé.

C’est préoccupant. Je sais que les gens se posent des questions et je les comprends. Moi-même, je me pose des questions, a reconnu le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, lors du même point de presse devant son bureau de Saint-André-Avellin.

Moi, quand je regarde ça, je ne suis pas de bonne humeur. Les gens du CISSSO qui regardent ça ne sont pas de bonne humeur. Les infirmiers et infirmières ne sont pas de bonne humeur. Les citoyens ne sont pas de bonne humeur.

Mathieu Lacombe, ministre responsable de la région de l'Outaouais

Le ministre caquiste juge pour sa part que le problème actuel n'est pas lié à l'attrait qu'exerce l'Ontario sur le personnel soignant.

Pour le problème très précis, ce n’est pas un problème d’attractivité, parce qu’on me dit que tous les postes sont pourvus, il n’y a pas de postes vacants. C’est un problème d’absence, a-t-il assuré.

Pour ce qui est des primes envisagées pour garder le personnel et contrer l'exode vers l'Ontario, un plan est en discussion, selon Mathieu Lacombe. C’est un engagement qu’on va respecter d’ici la fin du mandat, a-t-il affirmé.

Une interruption « évitable »

Cette interruption de service était inévitable, selon le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), Patrick Guay, étant donné la surcharge de travail et la pénurie de personnel intenable pour les infirmières. Dimanche, le SPSO a réclamé l'intervention du premier ministre François Legault et du ministre de la Santé, Christian Dubé.

Un homme portant une chemise à carreaux.

Patrick Guay est président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Si on continue à mettre de la pression sur nos professionnelles en soins, ça ne réglera pas la situation, celles qui tiennent le fort en ce moment, on va les mettre à terre.

Patrick Guay, président, Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais

On est dans une région, une des plus grandes villes du Québec et on se ramasse ainsi, a poursuivi M. Guay. Ce n’est pas vrai qu'on peut faire rouler un centre d'activités avec un si petit nombre d'infirmières. J’ai des centres d'activités ou j'ai presque 50 % d'absence, des gens en invalidité ou en congés de maternité par exemple. C’est impossible d’assurer la continuité des soins.

Le CISSS de l'Outaouais confirmait dimanche que l’interruption de service restera en vigueur jusqu'à lundi soir au moins.

Un programme d'embauche comme pour les PAB?

Président d’Action santé Outaouais, Denis Marcheterre voit dans ces transferts de patients une solution temporaire qui mérite d'être examinée dans les plus brefs délais.

On brandit un drapeau jaune sinon rouge auprès du ministre de la Santé. Là, c’est assez, a-t-il lancé.

Denis Marcheterre, président d'Action santé Outaouais.

Denis Marcheterre, président d'Action santé Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

S’il faut aller chercher des ressources dans le privé, faisons-le. Il faut investir [...] il faut ajuster le tir en conséquence, on est en période de crise, il faut laisser tomber la bureaucratie, les règles et les procédures, et y aller de façon plus créative.

Denis Marcheterre, président d’Action santé Outaouais

Selon lui, le ministère devrait faire comme avec les préposés aux bénéficiaires (PAB). Le gouvernement Legault s’était donné pour objectif de recruter et de former 10 000 préposés aux bénéficiaires en vue d’une deuxième vague de COVID-19 à l’automne en promettant un salaire de 26 $ de l’heure.

S'il faut former des gens, allons-y! On l’a fait avec les préposés, on peut le faire avec les infirmières, j’imagine. Ça prend plus de temps, oui, mais pensons en dehors des sentiers battus, a proposé M. Marcheterre.

On savait que dans le Pontiac on avait des problèmes au niveau de la rétention des infirmières. On ne croyait pas que c’était pour s’étendre dans la région de Gatineau, a réagi pour sa part la porte-parole du groupe citoyen La Voix du Pontiac, Josey Bouchard, qui se dit surprise et déçue.

Mme Bouchard croit que la direction du CISSS de l'Outaouais a un examen de conscience à faire au niveau des ressources humaines.

Les gens ne quittent pas un emploi de gaieté de coeur et ne quittent pas rapidement. Toutes les infirmières et les infirmiers que je connais sont des gens qui sont dévoués, qui adorent leurs patients, qui adorent leur milieu de travail habituellement. Et pour qu’ils fassent le pas de quitter, je crois que c'est parce qu’il y a quelque chose malsain et de toxique qui se passe, a-t-elle expliqué.

L'administration du CISSS de l'Outaouais a à faire un examen de conscience et à regarder tous les gestes qui ont été posés, ce qui se fait actuellement et qui a mené au départ de ces gens-là.

Josey Bouchard, porte-parole de « La Voix du Pontiac »

Elle se dit aussi très inquiète et juge qu'une solution doit être trouvée au plus vite.

C’est certain que c’est hyper préoccupant, étant donné que les gens des soins intensifs sont des intervenants qui sont essentiels en temps de pandémie [...] J’espère qu’ils vont poser des gestes très rapidement, a-t-elle souhaité.

Des urgences qui débordent et des appels sans réponse

En plus de l'absence de personnel aux soins intensifs, les hôpitaux de Hull et de Gatineau font face à un taux d'occupation très élevé dans les urgences.

En effet, pour les urgences tant de Hull que de Gatineau, le taux d’occupation est très élevé depuis les derniers jours et les dernières semaines, a confirmé Mme Filion.

De plus, la ligne téléphonique de prise de rendez-vous pour obtenir un test de dépistage de la COVID-19 est occupée.

Depuis quelques jours, on a un défi d’accès au niveau de la ligne. On a un grand volume d’appels, plus de 3000 appels par jour, on manque de lignes téléphoniques. Les lignes sont occupées. L’appel se perd. D’ici jeudi, cela devrait être régularisé, a promis Mme Filion.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe et de Josée Guérin

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